La Petite Boutique de Nandrin vend des biscuits pour l’Australie

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La Petite Boutique de Nandrin

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Une Héronnaise fabrique et vend des biscuits pour l’Australie

 

Afin d’aider la population, la faune et la flore australiennes ravagées par les flammes, une Héronnaise a décidé de se mobiliser. Depuis deux semaines, elle prépare des biscuits Anzac et les vend en vue de collecter un maximum de fonds à reverser à trois organisations officielles. Rencontre.

La catastrophe naturelle qui frappe l’Australie depuis le mois de septembre n’est pas près d’être terminée. Des températures caniculaires et des vents violents ravivent encore les flammes dans l’est australien. Ce jeudi après-midi, les pompiers ont annoncé que 73 feux étaient toujours actifs en Nouvelle-Galles du Sud. Même une fois éteints, les incendies laisseront une empreinte écologique durable, les dommages à l’écosystème étant funestes. Cette situation touche particulièrement Jasna Majetic, une Belgo-Australienne de 55 ans installée dans la commune de Héron depuis 2004. « Je suis née à Brisbane, je n’y ai vécu que cinq ans mais je suis restée très attachée à mes racines, à ma terre. D’autant plus que mon frère Eric était retourné vivre en Australie et y était pompier. Il est à présent décédé mais je ne peux m’empêcher d’imaginer qu’il aurait pu lui aussi être au front avec ses collègues pompiers pour vaincre les flammes », glisse tristement Jasna Majetic. Qui a décidé d’agir. « Il ne s’agit que d’une goutte d’eau à mon niveau mais c’est déjà ça. Je ne suis pas riche mais je sais cuisiner, mes cinq enfants et bientôt quatre petits-enfants peuvent en attester, sourit-elle. Alors je réalise des biscuits Anzac. »

Ces biscuits Anzac (le sigle d’Australian and New Zealand Army Corps) sont nommés en l'honneur des corps d'armée australien et néo-zélandais de la Première Guerre mondiale. « Ils faisaient partie des rations des militaires car ils sont nourrissants et se conservent bien », ajoute-t-elle. Ils se composent de farine, sucre, flocons d’avoine, sucre de canne, beurre et coco râpé.


Le bouche-à-oreille


Jasna s’est lancée le 10 janvier dernier. « Je suis timide mais je passe outre pour la bonne cause », avoue-t-elle. D’abord via le porte-à-porte puis le bouche-à-oreille, l’initiative de la Héronnaise, épaulée par toute sa famille, commence à prendre de l’ampleur. La station-essence de Hamoir, la Petite Boutique de Nandrin lui en ont notamment acheté. Un groupe Facebook « Soutien a l’Australie » a aussi été créé. « Ce week-end, j’ai livré 107 paquets. J’en réalise une septantaine ce jeudi. En tout, je suis à plus de 200 paquets », se réjouit-elle. A six biscuits par sachet, les fours de Jasna n’ont pas chômé. La Héronnaise jongle entre les minuteries dans sa petite cuisine au rendement maximisé.


Si vous souhaitez aider Jasna Majetic dans son combat, ou simplement goûter ses délicieuses préparations, vous pouvez passer commande via la page Facebook, le mail jasnamajetic64@gmail.com ou le téléphone de sa maman au 0498/67.34.62. 

« Un besoin sur le long terme»


Chaque paquet de 6 biscuits est vendu à 5 euros. Les recettes seront reversées à trois organismes officiels australiens : la Croix-Rouge, Wires (une organisation caritative de sauvetage et de réhabilitation d'animaux sauvages), et les pompiers ( NSW Rural Fire Service).


« Je vais ouvrir un compte à la Poste, indique Jasna Majetic. Je note toutes mes dépenses et les commandes, pour œuvrer en toute transparence. Le but n’est pas de me faire de l’argent, évidemment. J’ai investi mes propres deniers. J’ai choisi ces trois organisations car je sais qu’elles sont efficaces. Pour tout reconstruire, replanter, guérir les animaux, cela va prendre énormément de temps, elles ont besoin d’argent sur le long terme. »

Créations: un groupe Facebook unique pour la Belgique francophone


Vous l’avez sans doute remarqué, des appels à la création de poches pour les bébés marsupiaux orphelins, imitant le ventre de leur mère, se sont multipliés ces dernières semaines. Charlotte Pirnay, Amaytoise de 30 ans, a voulu les rassembler en créant un groupe Facebook unique pour la Belgique francophone. Son nom ? « Des Belges pour l’Australie ». 1.764 internautes l’ont rejoint.


Les contributions ne se limitent pas à la fabrication de ces poches, nids, couvertures, sacs de couchage pour les chauves-souris et mitaines pour koalas, en tricot, crochet ou tissu. « Certains se chargent de récolter les tissus, d’autres offrent un point relais pour stocker les colis, font de la publicité, ou font des dons pour financer les envois vers l’Australie qui coûtent assez cher etc. », énumère Charlotte Pirnay, qui travaille dans l’organisation d’événements. « Rien à voir avec les animaux donc, sourit-elle, mais j’ai été touchée par ce qui se passe en Australie. »


Pour des refuges belges ?


Difficile d’estimer le nombre de créations belges réalisées jusqu’à présent « mais en tout cas plus d’une centaine. » Une partie a déjà été envoyée sur place.


Un engouement appelé à se modérer. « Nous sommes en contact avec au moins deux associations locales. Nous venons d’apprendre que les Australiens demandent d’arrêter l’envoi des créations car l’élan de solidarité international a été tel qu’ils ont suffisamment de stocks pour plusieurs mois. Nous devons dès lors décider que faire. Soit stocker en attendant qu’une demande soit de nouveau faite, soit transformer les sacs et autres pour les donner à des refuges belges », indique-t-elle.


Un pain à l’effigie d’un koala dans une boulangerie amaytoise


La boulangerie Jacques, située rue Joseph Wauters à Amay, apporte également sa pierre à l’édifice. Depuis ce mercredi, elle propose un pain « koala » avec l’image d’un koala dessinée à la farine sur la croûte. Il s’agit d’un pain multicéréales à base de blé pourpre de Nouvelle-Zélande, de soja grillé et de graines de tournesol. « Nous avons reçu un mail du moulin Dossche Mills qui relance une farine avec du blé pourpre en provenance de Nouvelle Zélande et d’Australie uniquement. Il s’engage à reverser 25 euros au WWF par 100 kg de farine achetés, pour sauver les koalas et autres animaux ainsi que restaurer leur habitat. Cela nous a directement intéressés», exprime Frédéric Jacques.


La boulangerie amaytoise va même plus loin en offrant 15 cents à l’ONG par pain vendu (à 2,70 euros l’unité). « Cela démarre très bien », se félicite le boulanger. Qui précise : « Le goût de ce blé est très différent de celui de nos régions. La couleur est assez foncée et la texture dense. »

Par Annick Govaers

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