L’arme fatale contre les fraudeurs aux horodateurs, les scan-cars

Lien permanent
Annoncées depuis un an et demi, les deux scan-cars sont maintenant opérationnelles. Depuis lundi, elles sillonnent le centre-ville de la Cité ardente à la recherche des automobilistes qui ont oublié d’alimenter les horodateurs. Avec une «puissance de feu» de 15.000 contrôles par jour et par véhicule, ces scan-cars risquent de devenir rapidement le cauchemar des mauvais payeurs.
Reportage à bord !
Un petit tour de quelques minutes dans une scan-car suffit pour démontrer la redoutable efficacité de ces véhicules chargés dorénavant de contrôler le stationnement payant et riverain dans les rues de Liège. Pas une seconde ne passe en effet sans que le bip, synonyme de plaque contrôlée, ne retentisse. Sachant que, simultanément, tous les numéros de ces plaques d’immatriculation sont croisés, grâce à l’ordinateur installé dans le coffre du véhicule, avec la banque de données « horodateurs ». Une plaque n’y figure pas ? C’est que l’automobiliste n’a pas payé. Quelques heures plus tard, la redevance de 40 euros lui sera donc envoyée par courrier. L’arme fatale contre les fraudeurs du stationnement donc…
Et, avec leurs 16 caméras disposées sur le toit de chacun des deux véhicules, peu de chance d’échapper à leur vigilance. « Elles vont scanner toutes les plaques des véhicules en stationnement et interroger la banque de données en permanence, insiste Dominique Bailly, le directeur opérationnel de la police de Liège. Chaque scan-car est ainsi capable de contrôler entre 10 et 15.000 véhicules par jour. » Et ce, quel que soit le temps, de jour comme de nuit…
Les caméras dont disposent ces petites Renault Zoé électriques sont en effet de trois types : des ANPR, pour la reconnaissance des plaques, des infrarouges pour être efficaces quelle que soit la luminosité et des caméras 360º qui offrent des images panoramiques. « On a ainsi à notre disposition quatre photos différentes de la voiture contrôlée, à chaque fois », continue M. Bailly.
Des milliers d’automobilistes échappaient au payement
Jusqu’à présent, bien que l’estimation soit difficile, on peut dire sans se tromper que plusieurs milliers d’automobilistes échappaient chaque année à la redevance. Difficile en effet pour les agents à pied de contrôler tous les quartiers chaque jour en permanence.
Avec les scan-cars, il en ira cependant tout autrement. Ces deux véhicules se concentreront, dans un premier temps du moins sur les zones horodateurs et riverains, soit l’hyper-centre et quelques quartiers périphériques. Un périmètre qu’elles pourront couvrir en… deux heures. Plusieurs contrôles du même quartier sur une même journée sont donc plus que probables.
Des avertissements... d’abord
Dans un premier temps, une phase de transition est toutefois prévue, histoire de laisser une chance aux récalcitrants et de vérifier sur le terrain tous les paramètres des scan-cars.
Seuls des avertissements seront donc envoyés aux automobilistes en infraction durant cette période, qui devrait durer de deux à trois semaines.
Après cette ultime phase de test, les deux scan-cars liégeoises entreront vraiment en action, avec la redoutable efficacité qu’on leur prête déjà. Mieux vaudra dès lors avoir bien encodé son numéro de plaque dans les horodateurs – qui ont été adaptés à cet effet – sous peine de voir défiler les redevances de 40 euros dans sa boîte aux lettres…
Geoffrey Wolff
Un triple contrôle en cas de contestation
Avec les agents à pied, il est toujours possible de discuter, pour expliquer son cas particulier : je m’arrête seulement pour téléphoner, pour décharger, je ne me sens pas bien, je venais d’arriver et j’allais payer…
Avec les scan-cars par contre, tout dialogue est impossible. La porte ouverte aux redevances injustifiées ? « On a prévu une tolérance de cinq minutes, précise d’emblée Dominique Bailly, le directeur opérationnel de la police de Liège. Soit le temps qu’il faut pour aller jusqu’à un horodateur. Parce qu’il n’y a même plus besoin de revenir mettre son ticket dans la voiture maintenant. » Comment, dans les faits, cette tolérance sera-t-elle appliquée ? Via une procédure de contrôle précise.
« La verbalisation se fait à J+1. En clair, tous les jours à minuit, le logiciel va à nouveau confronter les véhicules ‘positifs’ (ceux qui, lors du passage de la scan-car, étaient en infraction, NDLR) avec la banque de données, pour voir si des automobilistes n’ont pas régularisé leur situation dans les cinq minutes qui suivaient le contrôle. Pour tous les autres, les courriers de redevances sont générés automatiquement. »
Certaines exceptions existent quand même : « Le logiciel, quand il contrôle les plaque, donne également un degré de certitude. Quand il n’atteint pas les 90 %, ce qui est rare, un opérateur humain intervient. Par exemple pour vérifier, grâce aux photos, qu’il s’agit d’un Q et non d’un O avec une vis. » Des photos qui seront également utilisées en cas de contestation. « Quand quelqu’un dit qu’il s’était arrêté pour téléphoner, ou pour décharger, il suffira de visionner la photo panoramique pour le vérifier ».
Les chiffres
30.000
Chaque scan-car pourra contrôler entre 10 et 15.000 véhicules chaque jour. Pour un total quotidien de près de 30.000 contrôles…
2
Les scan-cars interviendront dans un périmètre limité, celui dans lequel on retrouve les places horodateurs et les places riverains. Mais là où il fallait plusieurs agents pour une partie à peine des quartiers concernés, les scan-cars contrôleront l’ensemble du périmètre en deux heures à peine.
1 million
C’est le budget total débloqué pour l’achat des scan-cars et le remplacement des horodateurs. Il l’avait été dans la foulée de l’attentat perpétré en mai 2018 par Benjamin Herman devant le lycée de Waha, qui avait notamment coûté la vie à deux auxiliaires de police chargées de contrôler les véhicules qui y étaient stationnés.
Plus de «papillons» sur les pare-brise dès maintenant
Jusqu’à présent, les agents de police déposaient une invitation à payer la redevance sur le pare-brise du véhicule contrôlé en infraction. Maintenant, hormis pendant la période de test durant laquelle des agents cohabiteront avec les scan-cars, c’en sera terminé.
Tout étant généré a posteriori, les invitations à payer seront envoyées par bpost dans les boîtes aux lettres.
À noter que si, dans un premier temps, seul le stationnement sera contrôlé, d’autres problématiques pourraient être envisagées par la suite. « Il suffit d’adapter le logiciel pour qu’il interroge d’autres banques de données, comme celles des assurances ou des voitures volées. Tout est possible… »

Par G.W.

 

 

 

 

Avec ses 16 caméras sur le toit, rien n’échappe à la scan-car.

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.

Optionnel