Les mutuelles multiplient les avertissements, elle l'annonce comme une épidémie nationale.

Lien permanent

Les mutuelles multiplient les avertissements : il ne faut jamais communiquer d’informations bancaires. Malheureusement, parfois certains tombent tout de même dans le panneau. Il faut dire que les escrocs ont le don pour trouver les mots pour convaincre leur victime.
Et cela marche !
 
La police parle des escroqueries à la mutuelle comme d’une « épidémie nationale » ! La province de Luxembourg n’est malheureusement pas épargnée. Une habitante de Léglise a accepté de témoigner. Les escrocs ont vidé son compte courant et celui de sa fille de 17 ans…

Isabelle a un souci de santé. Elle dépend donc de sa mutuelle. En octobre dernier, l’habitante de Léglise reçoit un appel. Un coup de téléphone salé puisqu’il va lui coûter près de 2.200 euros. « Je me suis fait avoir comme une andouille », explique Isabelle. L’habitante de Léglise a pourtant des circonstances atténuantes et elle avait le profil idéal pour tomber dans le piège des escrocs. Voici pourquoi.

Suite à ses ennuis de santé, Isabelle attend de l’argent de la mutuelle.
 
« J’ai eu un accident de vie privée (sic). Je reçois un coup de téléphone. J’ai l’habitude des démarcheurs téléphoniques. Souvent, ils écorchent mon nom et je raccroche de suite. Ici, je tombe sur une personne qui s’exprime dans un français impeccable. Cette personne me dit savoir que j’attends des remboursements et que je suis à la mutualité socialiste. » L’interlocuteur obtient alors sa confiance. Isabelle risque de longtemps regretter d’avoir accordé sa confiance.
 

« J’attendais vraiment des remboursements de la mutualité socialiste. Je vais donc suivre les instructions de mon interlocuteur et je vais raccrocher. »

Quelques jours plus tard, la fille d’Isabelle, mineure au moment des faits, va rentrer à la maison en demandant à sa maman des explications sur des mouvements sur son compte. « Vu son âge, j’avais accès à son compte. Elle me demande pourquoi j’ai retiré ses 168 euros.
Je lui réponds que je n’ai pas touché à son argent. Je me suis même vexée. J’ai ensuite été voir sur mon compte et je me suis rendu compte que ses 168 euros avaient disparu et que mon compte courant, et ses 2.050 euros, avait également été vidé. »
 
Isabelle se tracasse et elle se demande pourquoi ces montants ont été transférés sur un compte londonien… « Mon mari fait parfois des achats en ligne. Je lui ai demandé, mais ce n’était pas lui.
 
J’ai donc décidé de porter plainte. En expliquant l’histoire du coup de téléphone, les policiers m’ont dit que c’était une arnaque. Par deux fois, j’ai fait la bêtise d’utiliser mon Digipass. Je sais pourtant bien qu’on ne doit pas le faire, mais j’étais en totale confiance… »
 

Aussi incroyable que cela puisse paraître, Isabelle va recevoir un mois après cette histoire le même coup de téléphone. « Une personne qui se prétend de la mutuelle me téléphone pour un remboursement. Cette personne n’a pas la même voix que le monsieur que j’avais eu la dernière fois. Je lui dis qu’ils m’ont déjà arnaquée une fois et je ne tomberais pas une seconde fois dans le panneau.
 
Il prétend vouloir me rembourser l’argent de la première arnaque. Je lui explique avoir déposé plainte et il raccroche. Le numéro venait de Bruxelles. » Isabelle s’en veut terriblement. « Je me suis fait avoir. Je pense que je ne verrai plus jamais cet argent. »

Du côté de la police, on nous confirme qu’Isabelle n’est pas la seule victime. Le pays entier est touché par cette arnaque à grande échelle.
V
«Les arnaques? Il y en a tous les mois!»

La mutualité chrétienne et la mutualité socialiste multiplient les avertissements tant sur lnternet que sur leurs différents canaux de communication. Malheureusement, les arnaques continuent.
 
« C’est simple, j’ai le sentiment que cela arrive tous les mois. Une plainte a d’ailleurs été déposée par notre mutuelle au parquet de Namur », explique Bruno Deblander, directeur de la communication pour la mutualité socialiste.

Du côté du principal « concurrent », le son de cloche est pratiquement le même. « Un client de Namur est venu nous expliquer s’être fait soutirer 6.000 euros », explique Joëlle Delvaux, du pôle presse de la mutualité chrétienne. « La technique est pratiquement toujours la même.
 
Quelqu’un vous téléphone et prétend faire un remboursement.
 
On répète pourtant de ne jamais communiquer d’informations bancaires.
 
Nos conseillers ont toutes les infos nécessaires et ne demanderont jamais ces informations là par téléphone. Je sais qu’il y a des vagues d’escroquerie en fonction des périodes.
 
On a remis un avertissement sur notre site web après avoir été au courant de nouveaux cas. On ne sait pas tout, car des victimes ont honte d’avoir été piégées. »
 
Par N.D

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.

Optionnel