Ils sont 299 conjoints âgés de plus de 70 ans ont officialisé leur rupture l’an passé!

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Nos seniors n’ont plus peur de divorcer: ils le font 4 fois plus qu’il y a 10 ans

Bien que mariés, les plus de 60 ans n’ont plus peur de vivre une nouvelle idylle. Malgré des années d’union, ils n’hésitent pas à divorcer et se remarier.


Si c’est vers l’âge de quarante ans qu’on divorce le plus en Belgique, on recense ces dernières années de plus en plus de divorces chez les plus de 60 ans.

« Auparavant, c’était tabou. On vivait dans d’anciennes mentalités où, une fois marié, on restait avec son conjoint jusqu’à la mort.

Certains ne s’entendaient plus et jouaient d’ailleurs aux couples heureux toute leur vie juste pour se donner une bonne image », nous confie Élodie, une psychologue.

« Aujourd’hui, ils voient leurs enfants, petits-enfants et autres membres de la famille divorcer. Ils osent donc parler de leur mal-être et franchir le pas. Ils n’ont plus peur du ‘quand dira-t-on’ ».


Un record


Les seniors divorcent quatre fois plus qu’il y a 10 ans. 4.366 Belges de plus de 60 ans ont divorcé en 2018. 2.327 avaient entre 60 et 64 ans, 1.192 entre 65 ans et 69 ans et 548 entre 70 et 74 ans.

299 d’entre eux avaient plus de 75 ans. C’est ce qui ressort des dernières statistiques publiées par l’office de statistiques Statbel.


Parmi les écarts d’âges les plus importants dans les unions, on notera deux divorces entre un conjoint de plus de 75 ans et un conjoint âgés entre 30 et 34 ans, ainsi qu’un divorce entre un jeune de 25-29 ans et un senior de 70-74 ans.


Les autres raisons de ces divorces tardifs s’expliquent par l’arrivée de la pension et l’espérance de vie qui augmente. « On vit aujourd’hui de plus en plus vieux et en bonne santé.

Cet allongement de l’espérance de vie pousse certains à oser changer de vie, ils veulent passer leurs vieux jours autrement », poursuit Élodie. « La pension est aussi un cap difficile à franchir. On vit 24 heures sur 24 ensemble, on perd ses repères, ses habitudes.

Certains couples sont fragilisés, ne se supportent plus, s’ennuient et voient un meilleur avenir ailleurs ».


Ces divorces tardifs se passent généralement bien mieux. Certaines questions épineuses, comme l’éducation des enfants ou la conservation du logement, sont plus simples à gérer.

« Les seniors sont aussi plus conciliants que les jeunes. Leurs enfants les aident dans leurs démarches. S’ils n’arrivent à se mettre d’accord sur la séparation d’un bien, ils n’hésitent pas à le donner en héritage à leur descendance », nous confie une avocate louviéroise.
Ils se marient aussi !


Alors que certains seniors divorcent, d’autres se marient ou se remarient. Si passer la bague au doigt de l’élu de son cœur n’est plus le rêve ultime des moins de 30 ans, le mariage séduit encore les plus de 60 ans.

3.970 Belges de plus de 60 ans se sont mariés en 2018.

Un chiffre qui ne cesse d’augmenter d’année en année et qui atteint un nouveau record. 2.094 Belges avaient entre 60 et 64 ans lors de leur mariage, 1.015 entre 65 et 69 ans, 480 entre 70 et 74 ans et 381 plus de 75 ans.


Parmi les écarts d’âge les plus importants, il y a eu en 2018 un mariage d’un jeune de 20 ans avec une personne de 69 ans, ainsi que deux unions entre un conjoint de plus de 75 ans et un partenaire de 30 ans.


Mais pourquoi se marier à l’âge de la pension, voire après ?

On pourrait penser que cette officialisation a des raisons qui sont surtout fiscales. « Si un certain nombre voit la sécurité que le mariage apporte, d’autres n’ont jamais voulu se marier et franchissent finalement le cap face à leurs sentiments. Pour eux, c’est la meilleure manière d’affirmer une dernière fois haut et fort leur amour à leur bien-aimé », conclut l’experte.


Par Alison Verlaet

 

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