Les durées des certificats médicaux seront fixées par un guide

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Fixer la durée d’un certificat pour incapacité de travail n’est pas toujours évident. C’est pourquoi des recommandations seront formulées pour neuf pathologies. Un nouvel outil redouté par le monde médical.
Combien de temps faut-il pour se remettre du burn-out ? La question est complexe, même pour les médecins. Alors, on y va à tâtons, on prolonge les certificats, voire on prescrit des antidépresseurs. Mais est-ce vraiment la bonne solution ? « Aujourd’hui, les personnes en burn-out sont trop longtemps laissées sans accompagnement. C’est en tout cas quelque chose que l’on entend régulièrement », témoigne le docteur Philippe Mairiaux.

 


Selon lui, ces situations pourraient être évitées si les médecins disposaient de durées de référence pour les incapacités de travail, en fonction de la pathologie. Pas pour obliger les médecins à remettre au travail des personnes qui ne sont pas prêtes. Mais pour tirer la sonnette d’alarme, se dire que le temps est anormalement long et qu’il faudrait peut-être mettre en place autre chose. « Si la durée de référence est dépassée, c’est que ce qui est mis en place ne suffit pas. Le médecin pourrait alors proposer des mesures, comme un contact avec l’employeur pour trouver des solutions ensemble. Cela, afin de sortir le patient du trou dans lequel il est tombé. »

 

Le docteur Philippe Mairiaux est également président du Collège national de Médecine d’Assurance sociale en matière d’incapacité de travail. Un collège qui a justement été chargé par la ministre de la Santé Maggie De Block de plancher sur ce référentiel. Il est aujourd’hui sur les rails, pour 9 pathologies : le burn-out, les troubles d’adaptation, les épisodes dépressifs légers, la lombalgie, le syndrome du canal carpien, la prothèse du genou, la rupture de la coiffe des rotateurs, le cancer du sein et l’infarctus aigu du myocarde ou crise cardiaque.


Des facteurs à considérer


Il ne s’agit toutefois pas de dire « telle maladie, telle durée ». Chaque patient est différent. « Que l’on ait 25 ans ou 50 ans, ce n’est pas la même chose. De même, un travail sédentaire ou physique jouera aussi sur la durée de référence. Sans oublier que certains patients accumulent les pathologies, ce dont nous devons également tenir compte. »


Le référentiel doit donc se présenter sous forme de fiches, tenant compte des facteurs médicaux, professionnels et personnels. Le système de référentiel pour les arrêts de travail existe déjà en Suède et en France. Chez nos voisins français par exemple, la durée de référence pour les crises cardiaques (infarctus du myocarde) est comprise entre 28 et 60 jours, en fonction de la lourdeur du travail du patient.


Pour le syndrome du canal carpien, dont souffrent environ 25.000 Belges chaque année, on parle de 0 à 45 jours. Les conséquences de ce syndrome étant des engourdissements dans les doigts et une perte de force, les patients exerçant un travail sédentaire n’auraient, selon eux, pas besoin d’être mis en incapacité, contrairement à d’autres.


Ces fiches sont prêtes aussi au niveau belge… Mais pour pouvoir être communiquées, une enquête doit être menée auprès des médecins généralistes. Et c’est là que le bât blesse. Ils réclament des garanties pour que ce référentiel ne devienne pas un outil de contrôle… et de sanction. « Plus les durées d’incapacité de travail sont courtes, mieux c’est pour le budget de la sécurité sociale. Nous ne voulons pas que la priorité soit donnée à l’économie avant la santé », répond Philippe Devos, président de l’Association Belge des Syndicats Médicaux. Il reconnaît cependant l’utilité de disposer de recommandations. « Nous voulons prendre toutes les précautions nécessaires pour bien faire comprendre la philosophie du texte et que celle-ci perdure de ministre en ministre. » Les médecins généralistes exigent donc des garanties. Mais des garanties écrites.


Par Sabrina Berhin

 

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