Attention de plus en plus de personnes sont agressées et menacées à domicile

Lien permanent

Un home-invasion recensé tous les deux jours!

Face aux attaques et vols avec violence, les banques sont surprotégées, les voitures sont constamment plus sécurisées. Résultat : depuis dix ans, un type de criminalité très violente s’est développé : les « home-invasions » augmentent en flèche !
Afin d’expliquer la multiplication des cas de « home-invasion » dans le pays, nous avons pu nous baser sur les statistiques récentes confirmées récemment en commission de l’Intérieur par le ministre Pieter De Crem. Mais plutôt que de nous contenter de ces chiffres, nous avons également voulu connaître l’avis de deux flics expérimentés.
Tous les deux travaillent dans des arrondissements judiciaires différents. Confrontés à la criminalité depuis plusieurs années, ils sont extrêmement bien placés pour nous parler du développement des « home-invasions ». Il s’agit d’un vol avec violence commis avec un certain degré d’organisation. Il fait l’objet de préparatifs minutieux (repérages, subterfuges, matériel spécifique emporté…). On parle aussi de « saucissonnage » : les victimes, généralement surprises à leur domicile, sont entravées, menacées voire prises en otages pour qu’elles remettent soit des biens ou des codes de carte de banque, par exemple.
Et ces malfrats n’hésitent pas à recourir à la violence. Les cas de tortures – physiques et psychologiques – accompagnent tous les cas. Le nombre recensé est ainsi passé, entre 2011 et 2018, de 59 à 201 ! Ce qui revient en moyenne à 17 « home-invasions » par mois, soit un tous les deux jours dans notre pays. Et le premier trimestre de 2019 (53 cas), confirme cette tendance à la hausse.
Proies faciles
« Face au renforcement des mesures de sécurité, les malfaiteurs ont commencé depuis une petite dizaine d’année à changer leur modus operandi. Les banques, les grandes surfaces, les bureaux de poste, les bijouteries, les transporteurs de fonds et la plupart des commerces ont très souvent pris des mesures plus strictes pour assurer leur sécurité. Les bandes organisées privilégient donc des proies beaucoup plus faciles : vous et moi ! », explique un de ces deux policiers.
« Il y a une banalisation de la violence », ajoute l’autre policier. « Et à cela, il faut ajouter que certains secteurs d’activités criminelles sont aujourd’hui bouchés. C’est le cas des stupéfiants. Il n’y a pas de place pour tout le monde. Certains malfrats doivent donc se rabattre sur d’autres domaines. Et, effectivement, certaines cibles ne peuvent plus être visées à cause des mesures de protection qui ont été améliorées. D’autres sont plus faciles à atteindre : les personnes âgées, les commerçants. À domicile, les gens pensent rarement qu’ils vont se faire attaquer. » Jusqu’au jour où…
« Et il y a pas mal de criminalité itinérante depuis quelques années. Il y a eu les gens venus des pays de l’est de l’Europe, des pays arabes, l’Afrique. Les braquages à la kalachnikov, c’est dépassé. Eux n’ont pas les mêmes codes de violence. »
Argent, bijoux, coffre-fort, cartes bancaires : tout ce qui peut rapporter de l’argent les intéresse. « Une autre motivation très importante chez ces malfrats, c’est la voiture », termine un inspecteur de police judiciaire. « Ils ont besoin de voitures puissantes, mais là aussi, les constructeurs mettent le paquet pour les sécuriser de plus en plus. Dans certains cas, il devient maintenant impossible de démarrer le véhicule si la clé de contact n’est pas à côté. Le seul moyen, c’est de la rafler en allant commettre un home invasion… »

Par Johnny Maghe

 

Source

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.

Optionnel