Les sept «Publifinards» ont tous réclamé des acquittements

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Les avocats des sept « Publifinards » actuellement jugés devant le tribunal correctionnel de Liège pour des préventions de détournements de biens publics et de prises d’intérêt ont plaidé, jeudi matin, devant le tribunal.
Ils réfutent les préventions visées et certains évoquent un racket judiciaire organisé.

L’avocat général Catrice avait insisté, dans son réquisitoire, sur le fait qu’il souhaitait un rappel à la loi pour les administrateurs de Publifin et pas des peines de prison. L’avocat général avait ainsi réclamé des amendes entre 7.200 et 12.000€ en adéquation avec sa ligne d’accusation.
 
Plus spectaculaire, l’avocat général avait réclamé des confiscations par équivalent pour un montant de 1.700.000 €.
Hier  jeudi, c’était au tour des avocats des sept membres du conseil d’administration de Publifin d’exposer la version de leur client. Et le moins que l’on puisse écrire, c’est qu’ils sont tous d’accord pour réclamer des acquittements purs et simples dans le dossier Publifin. Beaucoup ont même refusé de solliciter la suspension du prononcé à titre subsidiaire tellement c’est l’acquittement qu’ils visent.
 
Le dossier avait éclaté en décembre 2016. Il mettait en exergue que plusieurs mandataires politiques percevaient des jetons de présence pour des réunions auxquelles certains ne participaient même pas. 39 membres des comités de secteur et du conseil d’administration de Publifin faisaient l’objet d’une procédure judiciaire à l’initiative du parquet général.

32 transactions pénales

32 avaient signé une transaction pénale avec le parquet général afin d’échapper à un procès.
Sept avaient décidé de ne pas payer. Georges Pire (MR), André Denis (MR), Pol Guillaume (EC), Robert Botterman (PS), Pierre Stassart (PS) et les deux Ecolo, Catherine Maas et Jean-Marie Gillon avaient donc délibérément choisi de se défendre devant le tribunal correctionnel.
 
Me Franchimont, avocat de Pire et Guillaume, évoquait un racket judiciaire organisé en parlant des transactions pénales. « Ceux que nous avons accompagnés et qui ont transigé n’ont pas l’impression que justice a été rendue. »

Me Bourtembourg, l’avocat d’André Denis, s’arrêtait sur les préventions visées par l’avocat général. « Le peuple veut des responsables pour le scandale Publifin. Ceux qui ont perçu de l’argent dans les comités de secteurs ont sauté sur la transaction pénale. Ceux qui n’étaient pas membres des comités de secteurs, eux, n’ont rien touché. Ils ne voulaient pas payer la transaction alors on les a traînés devant le tribunal pour leur faire porter le poids de la honte du scandale Publifin. Il est absurde de penser que mon client, serait le coauteur d’une infraction de prise d’intérêts et que sans son aide l’infraction n’aurait pas pu être commise. La notion d’avantage personnel est absente. Depuis très longtemps, je vois que les députés fixent, eux-mêmes, le montant de l’indemnité parlementaire et de leurs indemnités de sortie, il faut alors ouvrir une information judiciaire contre chaque député. »
 
Les autres avocats ont suivi Me Bourtembourg dans son raisonnement, y compris sur la prévention de détournement où le pénaliste bruxellois a longuement insisté sur l’absence d’intention frauduleuse dans le chef de son client comme des autres Publifinards.
 
Le jugement est attendu le 19 décembre.
 
Les derniers mots des prévenus

Les sept prévenus ont tous pris la parole une dernière fois à la fin de l’audience. Un dernier petit mot soigneusement préparé.
 
« Si mon client est acquitté, comme nous le souhaitons », précisait le conseil de Robert Botterman, « le dossier Publifin laissera une tache désagréable sur son parcours professionnel. »
Pol Guillaume, lui, prenait la parole pour convaincre les juges qu’ils méritaient l’acquittement. « Cela fait trois années que moi et mes proches, nous faisons l’objet de sarcasmes et de suspicions. Cet acquittement nous permettra de reprendre une vie normale. »
 
Idem pour Georges Pire qui mettait en exergue le lynchage médiatique subi. « Cela fait trois ans que je m’impose le silence sur ce dossier. J’ai 45 années de carrière dans le domaine public derrière moi et c’est la première fois que je me retrouve devant le tribunal correctionnel. Ce n’est pas simple à vivre.
 
Par ARNAUD BISSCHOP
 

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