Les 18-30 ans font toujours plus attention à leurs finances

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42,6% des 18-30 ans ont des difficultés financières

Les 18-30 ans font toujours plus attention à leurs finances, c’est qui ressort également de la Grande Enquête Solidaris. 57,4% arrivent à mettre de l’argent de côté. Parmi eux, 11,4% en mettent beaucoup et 46% un peu. Un chiffre en hausse puisqu’ils n’étaient que 44,4% à épargner il y a cinq ans.
«Les jeunes sont plus nombreux à faire des économies qu’en 2014 notamment du fait d’une amélioration sur le marché du travail», précise Delphine Ancel, Responsable des Études chez Solidaris. «En 2019, parmi les profils suivants, les trois quarts mettent de l’argent de côté: les travailleurs notamment en CDI, les couples sans enfant et les personnes titulaires d’un diplôme d’études supérieures de type long. Il faut aussi noter que 30% de ceux qui épargnent disent être aidés par leurs parents».
À l’inverse, 27,8% des jeunes ont des revenus tout juste suffisants pour boucler leur budget. Plus inquiétant encore, 14,8% n’y arrivent pas. Parmi eux, 7,6% ont du mal mais ne sont pas à découvert et 7,2% s’en sortent plus difficilement au point d’avoir peur de basculer dans la précarité. On note toutefois une amélioration vis-à-vis de 2014 où ils étaient 21,1% à avoir du mal à joindre les deux bouts. «L’amélioration touche les hommes comme les femmes mais, ces dernières restent toujours plus nombreuses dans cette situation», analyse Delphine Ancel. «Alors que chômeurs et travailleurs ont de meilleures finances, c’est le public étudiant qui connaît des difficultés croissantes».
Besoin de papa et maman
« Aujourd’hui, sans petits boulots d’étudiants et l’aide de papa et maman, il est impossible de se construire un avenir stable. Les études sont chères, trouver un emprunt pour un logement est très difficile, les salaires sont précaires… On dirait que tout est fait pour nous mettre dans bâtons dans les roues. Sans quelques petites économies amassées durant l’enfance et l’adolescence grâce aux parents, un jeune ne peut espérer commencer sa vie d’adulte normalement », nous confie Sonia, 22 ans.
Un avis confirmé par la Grande Enquête de Solidaris. Un grand nombre des 18-30 ans parviennent à subvenir à leurs besoins grâce à leur entourage. Ainsi, 4 jeunes sur 10 affirment qu’actuellement, sans l’aide financière de leurs parents, ils ne s’en sortiraient pas. C’est 3,5% de plus en qu’en 2014. «En 2019, 46% de ceux qui sont déjà propriétaires sont aidés par leurs parents, 56% de ceux qui vivent à Bruxelles, 45% de ceux sans enfant, 44% de ceux qui sont intérimaires et 70% de ceux qui sont à découvert», précise l’experte de Solidaris. «Un demandeur d’emploi sur deux et trois étudiants sur quatre sont soutenus par leurs aînés. Soulignons que 20% des travailleurs sont également dans cette situation, une proportion stable dans le temps».
Recommandations
Latitude Jeunes plaide dès lors pour continuer à offrir des plans d’aide à l’emploi pour faciliter l’insertion des jeunes dans le monde du travail via un travail de qualité. «Les conditions d’accès aux allocations d’insertion doivent également être assouplies afin de favoriser la prise d’autonomie et diminuer les risques de précarisation», souhaite l’association jeunesse du Réseau Solidaris. «Nous proposons en plus de réduire collectivement le temps de travail sans perte de salaire, pour améliorer la qualité de vie et créer des emplois. Pour ce faire, il faut une politique cohérente en termes d’emploi pour que le recul de l’âge de la retraite des aînés n’entraîne pas une entrée dans la vie professionnelle plus tardive des jeunes».
Par Alison V.
 

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