Voici la télé du futur: des matchs de foot hyper-personnalisés

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Comment va-t-on regarder un match de foot à la TV dans un futur proche ?
De manière complètement différente. Avec une approche personnalisée pour chaque spectateur qui pourra sélectionner les caméras qu’il souhaite, mais aussi les données en direct de ses joueurs préférés comme son rythme cardiaque ou encore la vitesse du ballon. Une technologie révolutionnaire signée par les Liégeois d’EVS, les maîtres du ralenti en sport.

Les amateurs de foot verront bientôt leur vie changer lorsqu’ils regarderont un match à la télé. D’ici quelques années, ce sera terminé le « simple » direct proposé actuellement. À l’occasion de la mission économique en Chine, les Liégeois d’EVS, les maîtres mondiaux du ralenti dans le sport, et leurs partenaires Barco et Showtex ont présenté un projet révolutionnaire : une immersion complète dans le match de foot regardé à la télé, avec une multitude de données et d’images personnalisables à afficher à l’écran.
 

« Le projet, c’est d’imaginer quelle serait l’expérience future d’un téléspectateur regardant un match de foot à partir du live (le direct, NdlR). Tout d’abord, le téléspectateur ne sera plus un acteur passif, mais actif dans sa manière de fonctionner. L’idée, c’est d’utiliser son smartphone pour pouvoir commander ce qui se passe dans le match », détaille ainsi Nicolas Bourdon, directeur marketing d’EVS. Il faut en effet s’imaginer que seuls 10 % du contenu capté par les différentes caméras installées dans un stade sont utilisés par le réalisateur lorsqu’il diffuse un match. « Il y a donc une perte énorme de contenu qui est pourtant pertinent et intéressant pour le téléspectateur lambda.
Données multiples
L’objectif est donc de lui permettre de pouvoir aller chercher des angles de caméras que le réalisateur n’a pas proposés », renchérit le responsable d’EVS.
Au-delà de l’aspect « caméra », il y a également les données. Et là aussi, on pourra, d’ici quelques années, proposer des statistiques ultra-pointues. Nicolas Bourdon explique : « Le rythme cardiaque du joueur, la vitesse du joueur ou du déplacement de la balle, les possibilités sont multiples. On va donc aller chercher ces données et les réintégrer dans l’image pour les mettre dans le direct.

Donc, concrètement, le téléspectateur va regarder son match et, pendant le match, on va lui proposer des « replays » avec une série de données pour aller plus loin dans la manière de raconter la rencontre en live ».
Autrement dit, un fan de Carcela ou de Mpoku, pour prendre l’exemple du Standard de Liège, pourra sélectionner, durant le direct d’un match des Liégeois, ces joueurs et visualiser des données qui leur sont propres. De même, s’il veut choisir telle ou telle caméra parmi toutes celles disposées dans le stade, il peut.
D’ici 10 à 15 ans
La diffusion sera hyper-personnalisée. Ce qui signifie que le match qu’un téléspectateur va regarder ne sera pas le même que celui que son voisin va regarder alors que c’est la même rencontre.
 
« Car l’intelligence artificielle proposera automatiquement des clips, des replays, des résumés qui seront différents parce qu’on sait que tel téléspectateur préfère tel angle de caméra, les statistiques de tel joueur, etc. », poursuit Nicolas Bourdon.
Bien évidemment, ce ne sera pas pour tout de suite, mais l’évolution est inéluctable. « De notre côté, on table sur une échéance de 10 ans, voire 15 ans pour que cela soit d’application pour le grand public. Il y a déjà des choses qui se mettent en place, notamment au niveau des données individuelles. »
À l’occasion de la mission économique emmenée par la princesse Astrid, une « black box », sorte de prototype, a été installée, avec un immense écran incurvé où apparaît la rencontre Standard-Genk. Mais où s’intègrent également une série de données personnalisées qui apportent un plus incontestable au téléspectateur durant « son » match. Avec, notamment, l’apparition d’hologrammes de joueurs, voire du journaliste qui commente.
Bref, le match de foot de demain à la télé va changer et sera ultra-personnalisé, c’est certain.


Des recherches réalisées à Seraing
La société EVS est assez connue en région liégeoise. Installée au Liege Science Park du Bois Saint-Jean, dans l’entité de Seraing, l’entreprise est spécialiste des ralentis sportifs : tous les ralentis lors de la Coupe du Monde de football, par exemple, sont l’œuvre d’EVS.
Dans le cas présent, les recherches ont été réalisées par l’équipe technologique d’une dizaine de personnes d’EVS. Le tout au siège de Seraing. Actuellement, la société liégeoise emploie plus de 500 personnes dont 330 à Seraing. Le reste est réparti à travers la vingtaine de bureaux que compte EVS à travers le monde.
 
 

PAR A PEKIN, GASPARD GROSJEAN

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