Le Neupréen Thomas Genon est une star mondiale

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Le slopestyle ne vous dit peut-être rien, mais c’est l’une des plus impressionnantes disciplines de VTT. Les pilotes descendent des pistes abruptes, tout en tentant de réaliser des figures toutes plus époustouflantes les unes que les autres. Parmi eux, figure un Liégeois, Neupréen pour être plus précis : Thomas Genon. Et il ne se contente pas de simplement y figurer, il est surtout l’un des plus doués de la planète !
De nombreux enfants optent, au moment de choisir un sport, pour le foot ou le basket. Mais, parfois, certains préfèrent s’élancer dans des chemins bien moins mis en lumière. C’est le cas de Thomas Genon, originaire de Plainevaux (Neupré). « Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu un rapport avec le vélo », nous relate le gaillard aujourd’hui âgé de 26 ans. « C’était quelque chose de très naturel chez moi. D’ailleurs, je me souviens d’une photo où je dois avoir trois ans, sur laquelle j’étais déjà sur un vélo ! »
Cette passion des deux roues, il la tient certainement de son paternel, lui-même pilote de moto enduro. Mais, pour rouler dans les traces de son père, le jeune Thomas décide d’innover. « À ce moment-là, l’enduro commençait un peu à décliner tandis que, de son côté, le vélo de descente sortait le bout de son nez. Ce n’était pas une discipline très connue, mais on en parlait un peu. J’ai donc commencé à aller rouler dans les bois avec mes potes, on tentait de reproduire quelques sauts que l’on avait vus. Ça, ça m’a directement plu, j’ai senti que c’était ce que je voulais faire. »
Ses chers voisins
Celui que l’on surnommera plus tard « Tommy G » va donc trouver une aide inattendue : ses voisins ! En effet, ces derniers n’étaient autres que Patrick Maes, champion à 23 reprises de VTT, qui a par la suite ouvert son école dans la même discipline à Neupré, et, forcément, son fils Martin, qui, du haut de ses 22 ans, a récemment survolé le championnat mondial de vélo enduro.
 
Toutefois, tout n’a pas été rose dans l’ascension de Thomas Genon. S’élever dans une discipline aussi peu médiatisée que le VTT, qui plus est dans le plat pays qu’est le nôtre, cela s’apparentait à une mission suicide. Mais, jamais frileux de challenges, le Belge a décidé de relever le défi. Ce qu’il a fait avec brio. « Il faut dire que, au niveau mondial, la concurrence est rude », explique-t-il. « Mais, sur la scène belge, c’est très compliqué, étant donné que ce n’est presque pas suivi. J’ai entendu un nombre incalculable de fois que c’était une discipline réservée aux Américains. Mais je me suis accroché, parce que c’était ce que je voulais vraiment faire. »
Sa saison la plus facile
Et force est de constater que cet acharnement a payé. Après un départ tonitruant en 2012 et d’excellents résultats en 2014, le Liégeois a atteint des sommets en 2015, année où il a été sacré champion du monde. « En réalité, 2015, ça a été ma saison la plus facile », commente le Neupréen. « Il n’y a eu aucune erreur, aucune blessure, c’était vraiment mon année la plus constante. »
Depuis, par contre, notre compatriote n’a pas été épargné par la malchance. Mais, à 26 ans, il peut déjà dresser un bilan satisfaisant de son parcours. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir encore une incroyable faim de vélo.
« Je suis évidemment content d’être là où je suis actuellement. En quelque sorte, je suis devenu la personne dont je rêvais d’être. Je suis heureux de ce que j’ai réalisé, en particulier ce titre mondial. Mais je reste un compétiteur et je sais que cette compétition n’aura jamais de fin. Je sais que je peux, et que je pourrai toujours, m’améliorer. Et puis, à mon âge, il me reste encore le temps de réaliser pas mal de belles choses », conclut Thomas Genon.
Mardi, Novembre 19, 2019 - 12:44
Il finit à la 14e place du célèbre Red Bull Rampage
Huitième participation consécutive. - Red Bull Content Pool.
S’il y a bien une compétition de slopestyle à ne pas rater, c’est bien le Red Bull Rampage. Cette année, le rendez-vous incontournable des mordus du genre se tenait le 25 octobre dans l’Utah, aux États-Unis. 21 « descendeurs » avaient été sélectionnés pour l’occasion et, parmi eux, Thomas Genon, qui y participait pour la 8e année consécutive. Habitué à jouer les premiers rôles (5e en 2015, 6e en 2016, 5e en 2017 et 6e en 2018), le Belge arrivait aux States gonflé à bloc.
Pour 50 centimètres…
Dès les premières secondes de son run, les spectateurs présents ont compris que Tommy G n’était pas là pour admirer le paysage. Tout semblait lui sourire, et ses fans entrevoyaient déjà le podium. Mais ça, c’était jusqu’à la dernière bosse… « Il m’a manqué 50 centimètres, tout au plus », pestait le Neupréen. « Je prends le saut final, satisfait de mon run jusque-là, et je me rends compte que je tombe trop court. C’est une figure que j’avais déjà réalisée, mais uniquement à l’entraînement. Là, je manque de vitesse dans ma rotation, ce qui ne pardonne pas. C’est vraiment frustrant, car je trouvais vraiment mon parcours bien réussi. » Après un deuxième run, qu’il a pu finir cette fois, Thomas Genon termine 14e au général. « Je suis évidemment déçu, car cela représente beaucoup de boulot. Mais, avec le recul, je suis tout de même satisfait d’avoir pu participer. Je n’avais quasiment pas roulé avant, donc je suis content d’être revenu à temps. »
Une épaule qui s’envoie en l’air
Sans lui trouver d’excuse toute faite, l’explication de cette 14e position se trouve dans les mois qui ont précédé le Red Bull Rampage. En effet, début avril, le jeune homme a subi une grosse opération à l’épaule. « Pour bien comprendre, il faut revenir à 2018 », raconte-t-il. « Cette année-là, qui n’était pas mauvaise du tout pour moi au niveau des résultats, mon épaule se déboîtait assez souvent. C’était très handicapant, en plus d’être douloureux. Donc, forcément, cela créait une certaine appréhension avant chaque saut. En cas de chute, il fallait toujours que je tombe d’une certaine manière. En sachant ça, ça vous travaille pas mal mentalement. Mais, assez étonnamment, cela n’était pas arrivé une seule fois durant l’hiver. »
Sauf que, dès la première compétition de 2019, l’épaule de Thomas a décidé de refaire parler d’elle. Et de la pire des manières. « Je prends un saut et je veux faire une figure assez simple, répétée à maintes reprises, qui consiste à lâcher le guidon et à mettre mes bras en arrière. Et là, simplement à cause du mouvement, mon épaule est sortie. J’étais donc en l’air, avec un bras en moins… » Seul avantage, si on peut appeler ça un avantage, ce douloureux épisode a servi de déclic au pilote. « J’ai directement décidé de me faire opérer », narre-t-il. « J’aurais sans doute dû le faire plus tôt, mais cela me stressait un peu. Même si cette opération, qui consiste à poser une butée à l’épaule, de sorte à ce qu’elle ne puisse plus sortir, est très simple pour les chirurgiens. Désormais, je me sens libéré, car j’ai la garantie que mon épaule ne me lâchera plus en plein vol. »
Mais, comme toute opération chirurgicale, Thomas Genon a dû prendre le temps nécessaire pour revenir dans le coup.
« J’ai dû me reconstruire. Je suis resté quatre mois sans faire de vélo, c’est long et frustrant. Cela m’a empêché de me préparer correctement pour le Rampage, mais, au final, il y a quand même du bon à tirer. »
Donc, 14e au Red Bull Rampage, sans l’avoir préparé et avec une nouvelle épaule, il y a pire comme résultat ! 
 

Par ALEXANDRE CUITTE

 

 

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