Captage de Modave, 800 maisons sur Modave et Clavier sont concernées

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L’arrêté ministériel qui établit les zones de prévention rapprochée et éloignée du captage d’eau de Modave est entré en vigueur en juillet dernier. Près de 800 habitations sont concernées. Leurs propriétaires s’inquiètent des conséquences financières. Qui va payer les travaux de mise en conformité de leur citerne ?

Le dossier est sensible. On l’a vu en 2017 lorsque l’avant-projet établissant les zones de prévention rapprochée et éloignée des 22 ouvrages de prise d'eau souterraine du captage de Modave, a été soumis à enquête publique.
800 maisons sur Modave et Clavier sont concernées, mais c’est à Modave que l’opposition a été la plus forte  : 437 réclamations individuelles ont été introduites contre 114 à Clavier. Le Collège de Modave a rendu un avis défavorable.

Un état des lieux

En juillet dernier, l’arrêté ministériel établissant la zone de protection est entré en vigueur. La phase de recensement des risques a depuis lors commencé. Il y a quelques semaines, Vivaqua a envoyé un courrier à tous les riverains repris dans le périmètre. Il s’agit d’un formulaire sur lequel ils doivent indiquer leurs installations à risques : citernes d’hydrocarbures, puits perdants ou encore raccordement à l’égout pour l’évacuation des eaux usées.

Cette pré-enquête doit permettre d’établir un inventaire des équipements à risques qui seront soumis dans les 2 ans à un test d’étanchéité. Selon Vivaqua, les premiers tests pourraient être réalisés au premier semestre 2020. Ils seront intégralement financés par la Société publique de Gestion des Eaux (SPGE).

Mais en cas de défaillance, qui va payer les travaux de mise en conformité ? « Sur le formulaire que nous avons reçu, il est indiqué que la SPGE prendra en charge les frais mais elle ne dit pas à quelle hauteur elle interviendra », s’est inquiété le conseiller Serge Robert (Union Citoyenne) lors du dernier conseil communal. « Il est en tout cas hors de question de payer ! » a-t-il ajouté, se faisant ainsi le relais des Modaviens.

Epuration collective et individuelle

Nicolas Triolet, responsable du service protection des ressources en eau au SPGE, se veut rassurant. Si le test d’étanchéité est négatif, le propriétaire devra -ce qui est logique- changer sa citerne et s’équiper d’une nouvelle mais dotée d’une double paroi, ce qui est la norme imposée dans la zone de prévention, même pour les réservoirs de moins de 3.000 litres.

« La SPGE prendra en charge la différence de prix, soit 15  % du montant. Les frais de terrassement et de raccord à la chaudière seront également couverts, ce qui au total couvrira 80 % de la facture », assure Nicolas Triolet qui estime que cela représente 5 % des installations.

Concernant l’assainissement des eaux usées, tous les habitants ne sont pas logés à la même enseigne. Une étude de zone d’assainissement a été réalisée. Suivant les recommandations de l’’Intercommunale AIDE (association Intercommunale pour le Démergement et l’épuration) sur les 669 maisons qui ne sont pas reliées à l’égouttage, 462 maisons seront reprises en zone d’épuration collective : « sur Modave, cela représente 3.500 mètres d’égouttage qui seront entièrement pris en charge par la SPGE », précise Nicolas Triolet.

207 habitations devront par contre s’équiper de station d’épuration individuelle, soit 57 à Pailhe (Clavier), 41 à Pont-de-Bonne (Modave) et 24 à Clavier-Station, les 85 autres représentent des habitations isolées et dispersées dans la campagne. Ces propriétaires bénéficieront d’une prime majorée, de l’ordre de 4.500 € au minimum et d’un entretien assuré par le service public. Mais il restera une part de la facture qu’ils devront supporter. De quel ordre ? Question à laquelle Nicolas Triolet n’a pas su répondre.

Cette étude de zone n’a pas encore été publiée au moniteur. « Dès que ce sera le cas, sans doute l’année prochaine, un courrier sera envoyé aux habitants concernés par l’épuration autonome. Ils auront alors 18 mois pour se mettre en ordre. »
 
Une production de 18,2 millions de m³/ an

Le captage de Modave a été mis en service en 1922 pour alimenter la population de la capitale en eau potable.
Avec une production d’eau de 18,2 millions en 2018 (pour une autorisation maximale de 25,5 millions de m³/an), c’est le plus important captage de Belgique. Il se situe au bord du Hoyoux, au pied du château de Modave et alimente aujourd’hui 20% de Bruxelles en eau potable après avoir effectué depuis la zone de captage un voyage de... 87km.
Le solde de l’eau captée à Modave est distribué dans des communes wallonnes. « Comme notre réseau d’adduction (les conduites qui transportent l’eau vers Bruxelles) est maillé, les eaux des différents captages de Vivaqua sont mélangées en divers endroits. De nombreuses communes wallonnes boivent donc, en partie, de l’eau de Modave mais il est difficile d’en faire une liste exhaustive », indique Marie-Eve Deltenre, responsable communication.
 
Le bourgmestre dénonce le manque de communication

Le bourgmestre Eric Thomas (OSE) est très remonté contre l’Administration. Il dénonce le manque de communication. « L’arrêté ministériel qui définit la zone de protection a été signé en juillet mais il ne nous est parvenu qu’il y a 3 semaines », pointe-il. Pareil pour le courrier que Vivaqua a envoyé aux Modaviens. « C’est scandaleux que la Commune n’ait pas été prévenue, c’est par hasard que nous avons appris son existence », fulmine-t-il.
Une réunion de concertation avec la SPGE est programmée la semaine prochaine à Modave. Cette réunion a pour but de fixer le calendrier des travaux d’égouttage qui pourraient commencer fin 2020. Mais Eric Thomas compte aussi y plaider la cause de ses administrés.  « Nous ferons tout ce qu’il faut pour défendre les habitants et que la facture soit la plus légère possible ».

par M-Cl.G.
 

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