Report du tarif prosumer pendant 5 ans, c’est parti !!!

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Le tarif prosumer, pour les petits producteurs d’électricité photovoltaïque, dès le 1er janvier prochain, ou cinq ans plus tard ? Le gouvernement wallon voudrait qu’il entre en vigueur le 1er janvier 2025.
Le gouvernement wallon a approuvé un avant-projet qui permettra d’exonérer les prosumers (petits producteurs d’électricité photovoltaïque) de ce que l’on appelle le « tarif d’injection », et ce durant 5 ans. Cela confirme ce que nous disait le ministre wallon de l’Énergie, Philippe Henry (Écolo), voici tout juste un mois. Le tarif prosumer est censé entrer en vigueur le 1er janvier 2020, dans moins d’un mois et demi, donc. Il pourrait coûter des centaines d’euros aux détenteurs de panneaux photovoltaïques.
L’avant-projet de décret n’est qu’un avant-projet, il doit encore franchir quelques étapes avant d’entrer en vigueur. Et il y a urgence puisqu’il doit être voté par le parlement wallon avant le 31 décembre. Comme indiqué par le cabinet de Philippe Henry, le texte est parti au Conseil d’État, dont l’avis est attendu dans les 30 jours. Il doit aussi être envoyé à la Cwape, le régulateur de l’énergie. Lundi, la Cwape n’avait pas encore reçu le texte, comme nous l’a indiqué son président, Stéphane Renier. Lequel ne voulait donc pas réagir « à chaud », mais la position de la Cwape est connue et n’a pas varié.
équité
Tout d’abord, pour elle, le tarif prosumer doit entrer en vigueur le plus rapidement possible, pour des questions d’équité. Elle estime que les prosumers, qui utilisent le réseau électrique (pour injecter ce qu’ils produisent et prélever du courant quand ils n’en produisent pas), ne payent pas pour cette utilisation. Contrairement à ceux qui n’ont pas de panneaux photovoltaïques. Autre argument : le tarif prosumer, censé entrer en vigueur le 1er janvier prochain, a été intégré dans le calcul des tarifs de distribution des différents distributeurs d’électricité (Ores, Resa, etc.). S’il n’entre pas en vigueur, il faudra peut-être compenser. Et enfin, dit la Cwape, décider de la suspension du tarif ou non n’est pas une prérogative du gouvernement, mais de la Cwape elle-même, qui est un organisme indépendant.
Et si le politique se passait d’un éventuel avis contraire de la Cwape, celle-ci pourrait introduire un recours contre le futur décret wallon. Ce qui relancerait une période d’incertitude pour les petits producteurs photovoltaïques (moins de 10 kVA). Mais on sent du côté du ministre Henry la volonté de dialoguer avec la Cwape qui, a priori, n’y est pas opposée.
Pour les prosumers, tout cela n’est pas anecdotique. Prenons un habitant de Namur qui a sur son toit une installation permettant de produire 3kWe (kilowatts électriques). Le tarif prosumer lui coûterait 262,23 euros en 2020, 264,48 euros en 2021, à peu près la même chose les deux années suivantes. Calculons 264 euros pendant 5 ans, ça fait 1.320 euros. Si l’entrée en vigueur de ce tarif est postposée de cinq ans comme le propose le gouvernement wallon, voilà la somme que ce producteur épargnera. Le coût (ou l’économie) est fonction de la puissance théorique de l’installation et de l’endroit où l’on habite.
La Wallonie compte désormais plus de 150.000 petits producteurs photovoltaïques.
Par Benoît Jacquemart

 

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