50% des médecins sont touchés par le burn-out

Lien permanent

« C’était comme si c’était vide en moi, plus rien ne m’animait. Entre la charge administrative et les heures que j’enchaînais, je ne vivais plus que pour mon travail. Une passion devenue un poids. Je savais que je souffrais d’un burn-out mais je n’ai pas été consulter et je ne me suis pas fait aider avant longtemps. Je n’avais personne vers qui réorienter mes patients. Mes confrères étaient déjà débordés », nous confie un généraliste préférant rester anonyme.
Un constat mondial
La définition du burn-out la plus souvent citée et proposée par Maslach et Jackson clarifie les trois symptômes cardinaux susceptibles d’affecter les médecins, à savoir l’épuisement émotionnel, le fait de dépersonnaliser ses patients et la réduction du sentiment d’accomplissement personnel. Étonnamment, le nombre exact de médecins belges en burn-out est aujourd’hui inconnu, mais ce qui est certain c’est que le problème est loin d’être rare. « Le phénomène est grave. Le nombre de cas ne cesse d’augmenter suite aux changements des conditions de travail. Le constat est mondial », nous confie le Dr Gilbert Bejjani, président de l’Association Belge des Syndicats Médicaux de Bruxelles. Le phénomène est toutefois quantifiable. « Selon une étude de 2013 du SPF Emploi, 6,6 % des soignants belges, médecins et infirmiers confondus, sont en burn-out et 13,3 % sont dans un groupe à risque. Des chiffres qui sont toutefois à mettre en contexte avec d’autres études puisque les données du SPF doivent être lues en fonction des personnes qui ont répondu. Ainsi, plus d’infirmiers que de médecins ont répondu et plus de femmes que d’hommes », continue l’anesthésiste. « Deux recherches, dont une publiée dans la prestigieuse revue ‘The New England Journal of Medicine’, montrent que 50 % des médecins souffrent d’un burn-out. Une méta analyse française, qui en analyse 27 autres, affirme que 49 % des médecins français font face à ce mal. 5 % souffrent même d’une forme sévère. À noter que les médecins touchés par le burn-out sont souvent dans le déni ou consultent volontairement très tardivement. »
Des suicides aussi
Mais comment expliquer de tels chiffres ? « Les causes sont notamment : la charge de travail administrative avec des outils informatiques inadaptés, le nombre d’heures prestées et le manque de valorisation de notre travail », continue le Dr Gilbert Bejjani. « Les études précisent aussi que beaucoup de médecins mettent fin à leurs jours. 400 par an aux USA. La profession est donc une des plus impactées. Cet incroyable taux s’explique par une différence entre la perception du métier lors des études et la réalité où la pression des résultats économiques domine ».
La chambre syndicale bruxelloise de l’Absym présidée par Gilbert Bejjani travaille sur un mémorandum sur le burn-out et compte le défendre auprès des politiques. Des mesures qui s’attaquent aux facteurs de risque, y sont évoquées comme une justice dans l’organisation du travail, une informatisation plus pratique et utile, un déminage des conflits, une réflexion autour des rémunérations…
Par Alison Verlaet

 

Source

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.

Optionnel