La coqueluche est de retour

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On la pensait disparue mais… la coqueluche est de retour «Depuis 2011, la Belgique fait face à une augmentation du nombre de cas», précise un rapport

 

On pensait qu’elle était devenue un mauvais souvenir. Pourtant, la coqueluche frappe à nouveau. La maladie semble se stabiliser et donc s’installer.
On la croyait disparue. Mais, la coqueluche est bel et bien de retour. « En 2016, on a recensé environ 2.000 nouveaux malades. Un chiffre qui a, depuis, un peu baissé mais reste important. La maladie semble donc se stabiliser, ce qui est inquiétant. Depuis 2010, par an, les statistiques montrent qu’il y a malheureusement eu 1 à 5 décès de bébés liés à la coqueluche », nous alerte un pédiatre.
Un constat confirmé par un rapport datant de 2018 du Sciensano. « Depuis 2011, la Belgique fait face à une augmentation du nombre de cas de coqueluche. La légère régression a été observée en 2017 », précise le rapport. Avant d’ajouter que « les données des laboratoires vigies présentaient en 2018 une augmentation très légère à Bruxelles et en Wallonie. Le nombre de cas recensés pour 100.000 habitants est le plus élevé chez les enfants âgés de moins d’1 an, et en particulier chez les nourrissons de moins de 4 mois. Les enfants de la tranche des 10-12 ans et les adultes âgés de 40 à 45 ans sont, eux aussi, très touchés ».
Vaccination insuffisante
Mais comment expliquer ce retour ? « Tout d’abord, le vaccin ne protège pas à 100 %. Même vacciné, on peut tomber malade », continue le pédiatre. « Ensuite, beaucoup oublient d’effectuer les rappels de vaccin à leurs enfants ou de se faire vacciner lors de la grossesse. Or, dès que la couverture vaccinale diminue, la maladie revient. Enfin, certains adultes vaccinés ne sont plus protégés, ils transmettent donc la maladie aux enfants. Le Conseil supérieur de la Santé a d’ailleurs recommandé d’administrer une dose supplémentaire de vaccin contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche à tous les adultes ».
Pour rappel, « la bactérie responsable de la coqueluche se transmet de personne à personne », affirme le site des autorités belges vaccination-info.be. « La coqueluche est très contagieuse. La contagiosité débute quelques jours avant l’apparition de ces 1ers signes et peut durer jusqu’à 21 jours ».
Mais quels sont les symptômes ? « Dans un 1er temps, la coqueluche ressemble à un rhume : nez qui coule, éternuements, fièvre peu élevée… Après 1 à 2 semaines, la toux s’accentue et conduit à des quintes de toux épuisantes qui peuvent provoquer des vomissements. Elles finissent souvent par une inspiration sifflante. Chez le bébé, les quintes de toux peuvent conduire à des épisodes d’apnée. Les symptômes durent habituellement 2 à 3 semaines », y explique-t-on. Les complications sont des lésions aux poumons, convulsions, inflammations d’une partie du cerveau, hémorragies… Elles entraînent parfois le décès.
Surtout les bébés
Les personnes les plus à risque de développer une forme grave sont : les bébés de moins de 6 mois, les bambins de plus de 16 mois n’ayant pas reçu 4 doses de vaccin et les personnes dont les défenses immunitaires sont affaiblies ou atteintes de pathologies cardiaques/pulmonaires.
Outre la vaccination, les antibiotiques sont le traitement de référence. L’hospitalisation et la mise en quarantaine sont parfois aussi recommandées.
D’autres maladies réapparaissent
La coqueluche n’est pas la seule maladie disparue qui réapparaît petit à petit en Belgique.
Il y a tout d’abord la gale. Cette maladie infectieuse de la peau est très présente dans certaines régions de la Wallonie. Arrivent ensuite la rougeole et la tuberculose. Selon les chiffres de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 361 patients belges atteints de rougeole ont été diagnostiqués au cours des 7 premiers mois de cette année. C’est presque 5 fois plus qu’entre janvier et juillet 2018. Au niveau de la tuberculose, il y a environ 1.000 nouveaux malades détectés sur l’ensemble du territoire par an. L’afflux d’étrangers provenant de zones fort atteintes et la tendance de faire des voyages dans ces zones expliquent la recrudescence de ces deux maladies. Les généralistes contactés s’étonnent enfin du retour de la scarlatine, des oreillons et de la syphilis dans nos contrées.
Vaccin: les doses de rappel trop souvent oubliées
« Depuis les années 60, les vaccins contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche ont été combinés. Il est important de commencer la vaccination à l’âge recommandé, en raison de la gravité de la maladie si elle survient au cours de la première année de vie », précisent les autorités belges spécialisées dans la Santé.
Sur leur site « vaccination-info.be », on apprend que tout bébé doit recevoir une dose de ce vaccin à : 2 mois, 3 mois, 4 mois et une dose de rappel à 15 mois.
Après 5 à 10 ans, la protection que donne le vaccin contre la coqueluche s’atténue. Des rappels à intervalles réguliers sont donc nécessaires. Les médecins les recommandent à l’âge de 5-6 ans et 15-16 ans.
« Il est fortement recommandé aux femmes enceintes de se faire vacciner entre la fin du 2e trimestre et la moitié du 3e trimestre de leur grossesse, entre 24 et 32 semaines. Cela permet la transmission des anticorps au fœtus. Le bébé est ainsi protégé dès la naissance jusqu’à sa première vaccination contre la coqueluche », conclut le site.
 
Par Alison Verlaet
 

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