Des crèches plus accessibles: les tarifs seront revus à la baisse

Lien permanent

Des crèches plus accessibles ?

C’est un des grands objectifs de la réforme dans le milieu de l’accueil de la petite enfance. Et cela passe par une révision des tarifs.


Bonne nouvelle pour le portefeuille des parents : la grille fixant leur participation financière pour bénéficier des services d’une crèche subventionnée est en cours de révision.

Actuellement, le tarif fixé en fonction des revenus varie de 2,56 € à 36,20 € pour une journée complète. « Nous travaillons sur une réduction des coûts pour les bas et moyens revenus », indique Eddy Gilson, responsable de la coordination de la réforme dans le milieu de l’accueil de la petite enfance.

« Il apparaît clairement que la classe moyenne a de plus en plus de mal à joindre les deux bouts. » Et pour les hauts revenus ? « Le but n’est pas d’augmenter les coûts », assure-t-il.
C’est pourquoi l’ONE s’attelle aujourd’hui à calculer le coût de cette réforme. « Il va falloir compenser les pertes en renforçant les financements. » Et plus ces financements arriveront vite, plus vite la baisse des tarifs entrera en vigueur. « À l’ONE, nous nous donnons un délai de deux ans pour réaliser les calculs. Ensuite nous le testerons. Mais si la ministre souhaite aller plus vite, on pourrait accélérer. La question de l’accessibilité est trop importante. »


Urgences sociales en priorité


Interrogée sur la question, ce mardi au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, la ministre Bénédicte Linard a confirmé ne pas vouloir attendre la dernière minute : « Les dispositions transitoires prévoient que cette révision doit intervenir au plus tard pour fin 2025, mais je souhaite que ce travail puisse être mené au cours de la législature actuelle. »


La réforme dans le milieu de l’accueil de la petite enfance ne touchera pas seulement aux tarifs pour accroître l’accessibilité des crèches. « Les enfants en situation d’urgence sociale seront encore plus prioritaires », annonce Eddy Gilson. Aujourd’hui, minimum 10 % de la capacité d’accueil doivent leur être réservés. « On passera à 20 % avec un maximum de 50 % pour éviter les dérives inverses. Et des incitants seront mis place puisque plus une crèche sera accessible, plus son subside grimpera. »


Pour lui, la crèche est un droit de l’enfant très important pour son développement, sa sociabilisation... « On considère trop souvent que deux parents qui ne travaillent pas n’ont pas besoin de crèche », déplore-t-il. Cette considération est non seulement dommageable pour l’enfant mais aussi pour les parents pour qui la recherche d’un emploi s’avère plus compliquée. Un exemple parmi d’autres. « Il y a des familles où la crèche ne fait pas partie de la culture. Il faut aussi travailler du côté des parents, avec les CPAS et associations. » Pour que l’objectif d’accessibilité soit atteint, il faut des places. « La réforme prévoit une nouvelle approche de création de places, en se concentrant sur le taux de couverture par commune et non plus par province, et en ciblant les zones où des créations sont nécessaires », indique Eddy Gilson. « Nous veillerons aussi à ne pas délaisser les zones où l’offre est déjà importante mais où la demande reste forte. »
Par Sabrina Berhin

 

Source

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.

Optionnel