Aujourd'hui 9 novembre 2019, Il y a 30 ans, le mur de Berlin tombait

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La date du 9 novembre ne vous dit rien ? Ce jour-là, il y a 30 ans, tous les regards étaient pourtant tournés vers l’Allemagne. Et plus précisément vers Berlin, où le mur de la honte – qui séparait la ville en deux depuis 28 ans – tombait enfin.

Nous sommes le 9 novembre 1989.

Berlin se réveille, coupée en deux par un mur de béton, comme c’est le cas depuis 28 ans.

En sortant dans la rue ce matin-là, les Berlinois vivant à l’Est du mur n’imaginent pas que, quelques heures plus tard, ils pourront enfin passer de l’autre côté.


Il est 19h environ quand, à la fin d’une conférence de presse, l’un des dirigeants de l’Allemagne de l’Est, Günter Schabowski, annonce qu’il sera désormais possible de visiter l’Ouest.

«Des dizaines de milliers de Berlinois de l’Est se rendent alors au pied du mur», raconte l’historien Luc De Vos.


«Face à l’afflux, les gardes-frontières n’osent pas tirer et finissent par les laisser passer.»

Il est 19h09 quand le gouvernement décide d’ouvrir les frontières avec l’Est. Progressivement, de nouvelles brèches sont créées pour laisser passer les habitants de Berlin Est.

Aujourd’hui, une telle situation semble surréaliste en Europe: une ville, coupée en deux du Nord au Sud par des blocs de béton, avec des miradors et des gardes armés, séparant des familles entières et créant deux mondes que tout oppose.

L’Est, le côté sombre

Les vies à l’Est et à l’Ouest sont diamétralement opposées. «À l’Ouest, il y a de la lumière partout. À l’Est, tout est sombre. À l’Ouest, les habitants profitent du commerce international. À l’Est, ils vivent en autarcie. À l’Ouest, la deuxième langue est l’anglais. A l’Est, c’est le russe», exemplifie Luc De Vos.
 

Mais comment en sont-ils arrivés là? Pour le comprendre, il faut remonter à la fin de la Seconde Guerre mondiale. En 1945, l’Allemagne, vaincue, est divisée en quatre zones gérées par les vainqueurs que sont l’Angleterre, la France, les États-Unis et l’Union soviétique.
«D’un côté, à l’Est, le communisme prône la mise en commun de tout ce qui existe. De l’autre, à l’Ouest, le système est convaincu de l’importance de donner de la liberté aux gens», rappelle l’historien.
 
«Si le premier système revendique une égalité sociale, le second crée de facto des inégalités. Mais l’histoire a révélé qu’à long terme, ce système était plus intéressant, même pour les moins-favorisés.»
Des barrières puis un mur

En 1949, les trois zones de l’Ouest (anglaise, française et américaine, NdlR) forment la République fédérale d’Allemagne (RFA). La quatrième zone, communiste, devient quant à elle la République démocratique d’Allemagne (RDA).
 
Petit à petit, les jeunes Allemands quittent l’Est pour l’Ouest.
 
«Des médecins, des plombiers, des électriciens, etc. comprennent qu’ils peuvent gagner plus d’argent de l’autre côté et décident de passer la frontière. Vers 1960, déjà 2,5 millions d’Allemands de l’Est avaient quitté le pays.»

Des barrières sont construites pour éviter l’exode. Mais il reste le problème de Berlin où l’on peut passer d’un côté à l’autre. « Durant un long week-end d’août 1961, des barbelés sont placés puis remplacés par un mur de béton.»
 
Un rideau de fer s’étend désormais du nord de la mer Baltique à la Tchécoslovaquie. Seul Berlin est coupée par des blocs de béton. Une situation qui perdurera pendant 28 ans.
Jusqu’à ce fameux 9 novembre.
 

Par Sabrina Berhin

 
 
 
 

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