Les zones de police coûtent cher aux communes

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En dix ans, entre 2009 et 2018, la part communale dans le financement des zones de police n’a cessé d’augmenter. Passant de 383 millions à 489 millions, ça signifie une hausse de près de 28 %, soit plus que l’inflation. En 2018, la part communale était donc de 489 millions pour les 262 communes de Wallonie, la dotation fédérale étant, elle, d’un peu moins de 392 millions d’euros. On notera au passage que, dans cette dotation 2018, il y avait une tranche provenant du Fonds de la sécurité routière liée à l’année... 2013.
L’Union des villes et des communes de Wallonie relève que le financement fédéral ne progresse pas, au contraire de celui des communes. Et cela alors que certaines des missions qui entraînent des surcoûts pour les finances des communes sont des demandes du fédéral.
Ainsi, la lutte contre le terrorisme a fait augmenter le nombre d’heures prestées par les policiers locaux, en patrouilles, notamment. Dont des heures supplémentaires, qui ont explosé. Augmentation aussi du prix des équipements et de certains avantages, comme les primes de bilinguisme ou les primes de fin d’année.
Personnel
Dans les budgets 2018, les dépenses de personnel (salaires, assurances, primes) représentent 87 % du total, alors que les dépenses de fonctionnement (frais énergétiques, fournitures de bureau, véhicules, équipements) plafonnent à 9 %. Cette partie, selon des policiers, est nettement sous-financée. Équipements insuffisants, non-remplacement de véhicules, par manque de moyens, sont monnaie courante.
« Que ce soit pour la police, les zones de secours, les CPAS, les communes sont obligées d’assurer le service aux citoyens », commente Julien Flagothier, conseiller à l’Union des villes et communes de Wallonie. « Elles sont obligées de compenser un sous-financement du fédéral. L’augmentation de la dotation communale aux zones de police est due à une augmentation des dépenses, dont certaines viennent de demandes du fédéral. »
Voilà qui plombe un peu plus des finances communales qui souffrent déjà, notamment à cause des conséquences du tax shift.


Par Benoît Jacquemart

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