La maltraitance des seniors a battu des records en 2018.

Lien permanent

Maltraitance des seniors: +14% de cas en un an

Jusqu’il y a peu, la maltraitance envers les aînés était un phénomène méconnu et peu considéré par le public. Aujourd’hui encore la maltraitance des personnes âgées reste un sujet tabou, largement sous-estimé à l’échelle mondiale et mal identifié. Respect Seniors, en tant qu’Agence wallonne de lutte contre la maltraitance des aînés, développe depuis 9 ans, une pratique de terrain qui tente d’accompagner les aînés dans le respect de leur volonté et d’éveiller la société à la problématique de la maltraitance.

Une des activités de Respect Seniors est sa permanence téléphonique. Elle est accessible via le numéro gratuit 0800 30 330, du lundi au vendredi de 9 à 17h. Toute personne qui se sent concernée, interpellée ou encore en questionnement par rapport à de la maltraitance est encouragée à appeler. Les chiffres des contacts sont plutôt alarmants.

 

 

 

Il y a eu en 2018 un total de 3.472 signalements, contre 3.383 en 2017. La majorité de ces appels signalaient une situation de maltraitance en Wallonie. Soit 2.360 en 2018 contre 2.074 en 2017. Cela représente une impressionnante hausse de 14 % en à peine une année.

C’est généralement la famille du senior qui demande de l’aide. 37 % des appels émanent de la famille, 26,8 % de l’aîné lui-même, 22,1 % d’un professionnel et 11,2 % de l’entourage (amis ou voisins).

Souvent des femmes

On en sait aussi plus sur le profil des seniors souffrant de maltraitance. 67,6 % des appels concernent des femmes et 6,3 % des groupes tels que des résidents d’une maison de repos. Dans plus d’un quart des cas, l’aîné a entre 80 et 90 ans (28,6 %). 11,3 % vivent l’enfer à moins de 70 ans, 18,5 % entre 70 et 80 ans et 11,8 % à plus de 90 ans. La majorité des victimes (65,1 %) habitent encore chez elles. 26,8 % sont en institution.

La majorité des appels provenaient des provinces du Hainaut (30,2 %), de Liège (23,7 %) et de Namur (17,3 %). Arrivent ensuite celles du Brabant wallon (10,4 %) et du Luxembourg (7,5 %).

Mais qui est l’auteur des violences ? Dans 59.2 % des situations, un membre de la famille est l’auteur désigné de maltraitance. Dans cette catégorie, 61,9 % des appels concernent un enfant. 19,1 % un conjoint ou concubin. 7,7 % un autre membre de la famille et 6,5 % un petit-enfant. Un quart des signalements (25.9 %) pointe du doigt un professionnel. 18 % sont des professionnels d’une institution. « Certains appelants rapportent que l’aîné est dans un processus d’auto négligence. C’est pourquoi on retrouve ce dernier désigné à la fois « victime » et « auteur » de maltraitance dans 1.4 % des situations », détaille le rapport de Respect Senior.

Violence psychologique

Les seniors souffrent malheureusement de multiples formes de violences. « Plusieurs formes de maltraitance peuvent coexister », explique le rapport. « La maltraitance psychologique reste pointée de manière importante avec près d’un tiers des appels (30,3 %). La maltraitance financière reste présente dans près d’un appel sur cinq (20,6 %). Les maltraitances civiques (18,2 %) ainsi que les négligences (17,4 %) sont désormais de plus en plus évoquées signalant combien les choix des aînés sont parfois bafoués. La maltraitance physique, bien que présente, reste la forme de maltraitance la moins évoquée (12,7 %) ».856 seniors ont dû être accompagnés

Face à cette violence, il existe des solutions. La ligne d’aide de Respect Senior en est une. « La possibilité de joindre un numéro gratuit reste une plus-value non négligeable régulièrement évoquée par les appelants. Cela permet un accès facile pour envisager de se livrer ou de chercher des informations tout en garantissant l’anonymat s’il est souhaité », précise Respect Seniors. Mais après un appel, comment cela fonctionne-t-il ? « Six antennes couvrent l’ensemble du territoire de la Wallonie. Les intervenants psychosociaux répondent à la permanence. Ils proposent notamment une première écoute, un éclaircissement de la situation, des renseignements, une orientation vers un service adéquat. L’ensemble des informations échangées avec les bénéficiaires lors des appels reçus sont encodées dans une base de données commune », explique-t-on. « Certains appelants auront simplement besoin d’une première écoute, de renseignements sur leurs droits ou leurs possibilités d’actions. Ce 1er appel peut permettre de poursuivre seul leur chemin. Pour d’autres appels, un soutien et un suivi plus soutenus seront nécessaires. Plusieurs appels seront peut-être nécessaires pour analyser les demandes de la personne. Les intervenants de l’antenne de la province où réside la personne âgée pourront alors proposer un accompagnement plus conséquent ». 856 situations ont été accompagnées en 2018, certaines situations étant déjà en cours lors des années précédentes.

Par Alison V.

 

  Source

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.

Optionnel