La commune et les riverains se plaignent de nuisances sonores en pleine nuit

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Entre les habitants d’Ampsin, ses alentours et Engie Electrabel, le torchon commence légèrement à sentir le roussi. De nombreux habitants ont interpellé le bourgmestre d’Amay, Jean-Michel Javaux, au sujet de désagréments sonores en pleine nuit causés par des tests à la centrale nucléaire de Tihange.


« Ce bruit devient une véritable torture », « Encore une nuit d’enfer passée », « Nous nous trouvons Chaussée de Liège et cela devient très pénible ces nuisances, surtout pour nos trois enfants », « Même Rue des Fontaines à Amay, on l’entend avec la fenêtre fermée », autant de commentaires postés sous une publication Facebook du bourgmestre et qui témoignent d’un réel inconfort.


Discussions avec Engie


La situation a poussé le bourgmestre, lui-même victime des bruits, à s’adresser directement à Engie Electrabel. « Cela fait plusieurs mois qu’ils préviennent de tests sur leurs groupes diesel. Nous comprenons parfaitement le besoin d’assurer la sécurité des installations, mais ce bruit d’hélicoptère s’entend même avec des boules Quies.

Beaucoup de riverains se sont manifestés et nous avons envoyé une lettre à Engie. On en a également parlé à la récente réunion annuelle des bourgmestres concernés par la centrale. Il faut trouver une solution et améliorer le silencieux », estime Jean-Michel Javaux.


Du côté de la centrale, on est conscients de la situation. « Les exigences de sûreté nucléaire nous imposent ces tests de bon fonctionnement et d’un durée de 24h tous les 4 ans et demi, mais ils nous arrivent de procéder à des tests de plus courte durée. Ces neuf groupes diesel, essentiels, permettent l’alimentation de la centrale en cas d’une perte du réseau extérieur.

Nous étudions activement des pistes techniques pour réduire les désagréments. Engie s’excuse pour la gène occassionnée », souligne la responsable communication du site de Tihange, Laure Sovet.


Compensations insuffisantes


La discussion a aussi été abordée lors du conseil communal du 24 octobre dernier, notamment sur l’aspect financier et la répartition des compensations payées par les grandes entreprises, ici Engie, aux communes. « Il y a une situation d’inégalité.

Nous recevons 285.000 euros de compensation. Ce qui n’est pas suffisant, surtout à un moment où les communes sont à la recherche de nouvelles recettes pour assurer les services à la population.

Ce n’est pas normal qu’Amay reçoive si peu quand un terrain du côté d’Ampsin, proche de la centrale et donc dévalorisé, coûte moins cher que sur le haut de Huy, une commune qui est bien mieux compensée », estime le bourgmestre d’Amay.

Selon un précédent article de La Meuse, Huy toucherait grâce à une convention individuelle une compensation de trois millions d’euros. Une somme ne prenant pas en compte divers taxations - comme le précompte immobilier - qui rapporteraient près de 15 millions d’euros. Du côté de Tihange, on n’a pas souhaité réagir sur ce dossier. « Nous restons attentifs aux conditions de vie de nos citoyens.

On comprend un ou deux tests par an, mais la récurrence est trop importante à l’heure actuelle. Il faudra aussi poser le débat sur la sortie progressive du nucléaire », conclut le bourgmestre d’Amay.

Par Sacha Velkeneers

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