Leurs parents s’exposent à des poursuites judiciaires

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Chez nous, la seule vaccination obligatoire, c’est celle contre la poliomyélite, la « polio ». Chaque enfant belge se doit d’avoir reçu les quatre doses de ce vaccin, à 2 mois, 3 mois, 4 mois et 15 mois. Les parents doivent ensuite rentrer leur attestation de vaccination à leur administration communale sous peine de poursuites. L’an dernier, 550 cas ont ainsi atterri entre les mains du parquet. Et cette année, c’est pire.
En Belgique, on ne rigole pas avec la polio. Car même si on n’a plus recensé de cas depuis 1979, et que la maladie est déclarée comme étant éradiquée par l’OMS en Europe, il reste des zones où la maladie fait rage dans le monde. Elle pourrait donc refaire son apparition à tout moment… Les principales victimes de cette maladie, très contagieuse, ce sont les enfants de moins de 5 ans, qui sont infectés au niveau du système nerveux, du cerveau et de la moelle épinière, et présentent des paralysies pouvant mener à des décès.
D’où l’importance de vacciner les tout-petits (et tout qui entre sur le territoire belge). Chez nous, c’est un vaccin hexavalent qui est administré en 4 doses aux bébés de 2 mois, avec des rappels à 3 mois, 4 mois et 15 mois. Outre la polio, ce vaccin protège les bébés contre cinq autres maladies, dont la diphtérie, le tétanos et la coqueluche. Il y aura encore un rappel nécessaire, à l’âge de 5-6 ans…


AVANT LES 18 MOIS DE L’ENFANT


La loi impose aux parents de prouver que leur bébé a bien été vacciné, et a reçu les 4 doses du vaccin. Avant les 18 mois de l’enfant, ils doivent rentrer à l’administration communale où ils résident, une attestation de leur médecin ou de leur pédiatre, afin que leur dossier soit en règle. « Mais beaucoup de parents oublient », nous explique un pédiatre.
Mais pas question de prendre ces oublis à la légère. Car outre ces négligences, il y a aussi les « anti-vaccins », qui refusent purement et simplement toute vaccination pour leur enfant. Au risque de leur faire courir un risque, ainsi qu’aux autres enfants qui les entourent. « Actuellement, nous sommes à une couverture vaccinale de 98 % en Belgique contre la polio », insiste-t-on encore. « Et malheureusement, nous n’arrivons pas à atteindre les 100 % ».
Les administrations communales tiennent à jour leurs registres. Et en cas de certificat de vaccination manquant, ils envoient d’abord deux rappels aux parents, avant de passer le relais à l’inspecteur fédéral de l’hygiène du SPF Santé Publique. Sur les quelque 119.000 naissances annuelles que totalise notre pays, le SPF Santé publique a ainsi reçu 4.135 dossiers d’attestations de vaccinations manquantes en 2018. « Nous envoyons trois autres rappels aux parents, soulignant l’importance de la vaccination et la nécessité de délivrer le certificat. Nous savons par expérience que de nombreux parents font vacciner leurs enfants mais oublient d’en apporter la preuve », explique-t-on au SPF Santé publique.
Après ces 5 rappels, en 2018, ce sont 657 dossiers qui ont été transmis au parquet. Car les parents en défaut s’exposent à des poursuites judiciaires. Un couple avait ainsi été condamné à 15 jours de prison et à une lourde amende, pour ne pas avoir vacciné sa fille contre la polio il y a quelques années… « Parmi ces dossiers, 107 ont été retirés car les parents se sont mis en ordre entre-temps ». Il reste encore 550 autres dossiers de 2018 entre les mains du parquet.
Et la situation, cette année, est encore pire puisque ce sont déjà 4.249 dossiers qui ont été soumis par les communes au SPF Santé publique. Qui, après les trois rappels prévus, a transmis 880 dossiers au parquet. 728 sont toujours ouverts, 152 parents s’étant mis en ordre en apprenant les risques qu’ils encouraient…

Par Laurence Piret

 

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