Chaque jour, on vole en Belgique 85 vélos, en moyenne!

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Le vélo-appât avec GPS pour coincer les voleurs

Pour la député Sarah Schlitz (Ecolo), il faut autoriser la police à utiliser ce procédé plus facilement

Chaque jour, on vole en Belgique 85 vélos, en moyenne ! De quoi refroidir pas mal d’usagers qui hésitent à enfourcher leur bécane et à la garer en ville.
La députée liégeoise Sarah Schlitz (Ecolo), qui a fait du vélo sa priorité pour cette législature, entend lutter contre les vols. Elle prône aussi des aménagements et de nouveaux panneaux routiers pour davantage de sécurité en faveur des cyclistes.

Rien que sur Liège-ville, où Sarah Schlitz est conseillère communale, on dénombre 300 vols de vélos chaque année. A l’échelle du pays, on en est à 31.078 vols sur l’année 2018, ce qui représente une moyenne de 85 vols par jour ! Bruxelles n’est pas en reste.
Sur la zone de police Montgomery par exemple, on est passé de 165 vols de vélos en 2008 à 509 en 2018 !

« Un fléau en Belgique »

« Le vol de vélo est un véritable fléau en Belgique, ce qui a tendance à décourager les cyclistes », regrette la députée fédérale.
« Or, une solution existe pour faciliter le travail de la police : l’usage de vélo-appâts équipés de balises GPS. Actuellement, les zones de police doivent demander des dérogations à chaque fois au ministère de la Justice pour en faire usage.
Cette procédure est jugée trop lourde.
Nous voulons autoriser les zones de police par défaut à en faire usage. Nous le proposerons en commission Justice ».

Garer le vélo et attendre le voleur

Techniquement, le vélo-appât est simple à mettre en oeuvre. Il suffit de garer le vélo dans un quartier connu pour les vols et d’attendre qu’un voleur s’en empare.
Le GPS, caché dans le vélo, permet de le suivre à la trace et d’aboutir, qui sait, sur le repaire du voleur... « Ces vols sont parfois le fait de bandes bien organisées », poursuit Mme Schlitz.
« Comme l’ont montré des enquêtes classiques qui ont parfois permis de découvrir des hangars remplis de vélos volés ».
 

Pas concrétisé à Bruxelles
En 2017, la Région bruxelloise avait offert deux vélos-appâts à la zone de police de Montgomery. Malheureusement, le projet-pilote n’a jamais pu se concrétiser.
« Le vélo-appât nécessite des procédures lourdes sur le plan judiciaire (accord d’un magistrat, etc.) et est très énergivore en personnel », nous dit Wout Monteyne, attaché de presse de la zone. « Si le législateur nous donne plus de moyens et allège les procédures, ce serait une très bonne chose ».
Les deux vélos-appâts de la zone Montgomery dorment actuellement dans le garage du commissariat...

Sur le plan du droit, le sujet n’est pas simple. La loi interdit en effet la provocation policière c’est-à-dire une « provocation qui inciterait à commettre une infraction, à faire naître ou à renforcer la volonté criminelle dans le chef de celui qui va commettre l’infraction ».
Si un tribunal venait à conclure que le vol du vélo-appât a été provoqué, le voleur serait acquitté. Il faudrait, idéalement, que le policier se limite à créer l’occasion de commettre librement l’infraction, de ne pas créer de situations artificielles.
Le vélo-appât devrait faire partie d’une scène banale de la vie quotidienne.

Effet dissuasif

Bref, on le voit, ce type de procédé se situe actuellement dans une zone juridique grise, qui refroidit les policiers. Sarah Schlitz planche sur une proposition de loi spécifique sur cette technique, déjà utilisée aux Pays-Bas.
Une étude de l’université de Tilburg aurait observé une diminution des vols de 40 % dans les communes utilisant ce procédé.
 

À inventer: le parking flexible auto/vélo

La députée a aussi déposé d’autres propositions visant à faciliter la vie des cyclistes, leur faire de la place dans les villes et sur nos routes.
 Le parking flexible : il s’agit de permettre à des vélos de se garer sur des emplacements voiture à certaines heures de la journée (de la semaine ou du mois) et à certains endroits de la ville.
« À Liège par exemple, on constate que le vendredi soir, il y a plein de vélos concentrés en Roture. On pourrait imaginer de leur réserver une place de parking pour voiture ».
Sarah Schlitz pense aussi aux abords des écoles, à certaines rues commerçantes et à des lieux de sortie très fréquentés.
 La « chaussée à voie centrale banalisée » : il s’agit d’une route à circulation centrale composée d’une voie destinée au trafic motorisé, encadrée par deux bandes latérales dédiées aux modes doux (vélo, piéton).
Si deux véhicules doivent se croiser, ils sont autorisés à emprunter les bandes latérales, sans pour autant mettre en danger les piétons et les cyclistes qui s’y trouvent.
« Ce système convient bien aux routes de campagne qui relient les villages entre eux », précise Sarah Schlitz. « Malgré la faible densité de trafic et en raison des vitesses relativement élevées (90 km/h max) qui y sont pratiquées, ces voiries sont peu accueillantes pour les piétons et les cyclistes.
L’idéal serait de créer des infrastructures propres pour les piétons et cyclistes.
Mais en attendant, le marquage au sol peut constituer une solution. Elle est couramment utilisée aux Pays-Bas, en Allemagne et en Suisse. Un projet pilote a été mené dans les communes de Walhain et Tinlot.
Il en ressort un gain de sécurité pour les modes doux ».
 Clarifier les SUL (Sens unique limité) : selon la députée, trop de communes rechignent à autoriser les vélos dans les sens interdits en agglomération.
« Car ils pensent qu’il faut au moins 1,50 mètre pour permettre à une voiture et un cycliste de se croiser.
Or cette distance, obligatoire pour le dépassement, n’est pas nécessaire pour le croisement ».
 
Par Françoise De Halleux
 

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