Des toits végétalisés sur les abribus wallons pour sauver les abeilles

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Aux Pays-Bas, à Utrecht plus précisément, le toit de plus de 300 abribus a été végétalisé pour attirer les insectes. Le Liégeois Philippe Dodrimont veut reprendre l’idée pour sa commune et l’étendre à l’échelle régionale. Objectif : lutter contre la disparition des abeilles.
Et si on végétalisait le toit des abribus wallons pour sauver les abeilles ? Cette idée, avancée par le député Philippe Dodrimont (MR), n’est pas née de nulle part. À Utrecht, aux Pays-Bas, 316 toits d’arrêts de bus ont été couverts il y a quelques mois de plants de sedum pour accueillir les abeilles.
L’initiative hollandaise a rapidement fait parler d’elle  : en Allemagne, au Royaume-Uni, au Canada, en Inde… et en Belgique ! « Au prochain conseil communal d’Aywaille, je vais déposer une motion pour que la commune prenne contact avec le TEC afin qu’à chaque renouvellement, nos abribus soient équipés d’un toit végétal », explique le Liégeois, ex-bourgmestre et désormais conseiller communal. L’an dernier, 62 abris ont été remplacés en Wallonie, avec des coûts compris entre 4.655 euros et 7.162 euros, selon le TEC. De 1994 à nos jours, quelque 3.480 abris ont été placés sur l’ensemble de la région.
 
L’objectif de ces toits végétalisés est de lutter contre la disparition des abeilles. « 40 % des ruches européennes ont été décimées ces 10 dernières années », rapporte-t-il. « La mesure peut paraître symbolique mais chaque geste compte. Les abeilles sont indispensables à la pollinisation. Sans elles, 30 % des légumes et fruits pourraient être amenées à disparaître dans les années à venir. »
Pour Philippe Dodrimont, ces projets visent aussi à sensibiliser la population. « Le choix des abribus n’est pas anodin. Ce sont des lieux fréquentés, notamment par les étudiants. Cela pourrait donner des idées à la population. Pourquoi ne pas végétaliser les toits des petites constructions que l’on réalise dans nos jardins ? »
Un appel à la Région wallonne
Les pouvoirs publics serviraient dès lors d’exemple. « Je veux relayer mon projet de motion auprès de toutes les communes wallonnes. Je questionnerai ce mardi le gouvernement wallon. La ministre pourrait actionner son influence sur l’opérateur de transport de Wallonie pour qu’il rende possible la végétalisation des abribus. »
 
Végétaliser les toits des arrêts de bus demande toutefois une petite réflexion. Non seulement au niveau du coût mais aussi au niveau des adaptations techniques. À Utrecht, les coûts de maintenance sont pris en charge par les recettes publicitaires. En Wallonie, les abris publicitaires ne sont pas gérés par le TEC. Cette solution ne serait donc pas transposable. « On pourrait imaginer que les communes prennent en charge la partie relative à la végétalisation tandis que le TEC finance l’abri adapté », avance Philippe Dodrimont. À l’heure actuelle, les communes paient une quote-part de 20 % du prix de l’abri.
Le Liégeois évoque également la piste d’une aide régionale : « Pourquoi le gouvernement wallon ne mettrait pas en place un appel à projets ou une aide régionale à destination des communes qui souhaitent se lancer dans l’aventure ? Le TEC a un budget limité mais ce projet peut être le fruit d’une combinaison d’efforts. »
À Utrecht, d’autres avantages étaient pointés : les toits aideraient à capter la poussière fine, à stocker l’eau de pluie et à refroidir par temps chaud. Outre les abeilles, papillons et bourdons en profitent également !
 

Par SA.B.

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