Le secteur de la construction peine à trouver des travailleurs

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Rien qu’en Wallonie, 5.000 emplois sont vacants dans le secteur de la construction. Et la province de Liège n’échappe pas à la règle : « Il y a un gros problème au niveau du recrutement, principalement des ouvriers, note Salvador Alonso Merino, le permanent régional CSC en charge du secteur de la construction. Et Liège est la province la plus touchée. » Mais pas partout de la même manière : l’arrondissement de Verviers arrive ainsi largement en tête du classement, avec 19 métiers sur 23 en pénurie. Liège suit, avec 8 métiers en pénurie, et Huy ferme la marche (4).

Une pole position que la région verviétoise doit sans doute à sa proximité avec l’Allemagne ou le Luxembourg, estime la CSC. « On est mieux payé dans ces deux pays, c’est donc l’hypothèse la plus réaliste pour expliquer la pénurie plus importante sur l’arrondissement de Verviers. » Une hypothèse que confirment, au moins en partie, les chiffres relatifs aux travailleurs de la construction détachés en Belgique, soit des travailleurs employés par une société étrangère pour œuvrer sur le sol belge. « Et 12 % d’entre eux sont… Belges », note le syndicat chrétien.

Couvreurs, carreleurs, coffreurs, maçons, peintres en bâtiment, chefs de chantiers, menuisiers, monteurs de sanitaires… Aucun poste n’est à l’abri de la pénurie qui frappe le secteur de la construction. Pénurie qui, selon la CSC, ne va faire que s’amplifier : « La moyenne d’âge dans la construction est actuellement de 39,5 ans, continue M. Alonso Merino. Mais en réalité, elle est beaucoup plus élevée : elle se situe entre 43 et 49 ans dans les grandes entreprises. Il y a donc un réel enjeu pour elle de recruter de jeunes travailleurs pour inverser la tendance qui se profile. Selon les prévisions du bureau du plan, dans cinq à dix ans, on pourrait arriver à 10.000 emplois vacants. »

La faute à qui ? Les causes sont multiples. D’après la confédération de la construction wallonne, l’inadéquation entre les compétences des candidats et le poste vacant, ainsi que la pénibilité supposée du travail, sont les principaux responsables de cette pénurie. « Mais d’après nous, l’image négative véhiculée par ces métiers auprès des jeunes ou de leurs parents, y participe aussi », complète le responsable de la CSC. Qui veut donc redorer l’image des travailleurs du secteur de la construction. « Le métier a considérablement évolué, il demande maintenant de nouvelles compétences, plus technologiques. » Et le métier a également été revalorisé, rappelle la CSC, notamment pour les jeunes travailleurs qui bénéficieront dorénavant également de l’indemnité de mobilité dans le cadre de la formation en alternance, de primes sectorielles revues à la hausse…

Suffisant ? Pas aux yeux de la CSC, qui souhaite maintenant que la prise en charge des jeunes dans les entreprises soit encore renforcée, notamment via un cadre structurel pour le tutorat.

Geoffrey Wolff

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