Trafiquer un compteur d’eau est facilement détectable: dix fraudeurs se sont fait pincer depuis 2014

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Officiellement, en Wallonie, 20 à 25 % de l’eau mise à disposition n’arrive jamais chez le client.

L’une des causes de ce phénomène : le vol !

Certains ne manquent pas d’imagination… Pourtant, le fraudeur risque gros !


Si certains fraudeurs sont attirés par l’or, d’autres préfèrent l’or bleu.

Avec des prix qui avoisinent les 5 € du mètre cube, l’eau est parfois très convoitée.

Et fait l’objet de convoitises…
500 € d’amende !


« Il a été constaté en Wallonie que 20 % à 25 % de l’eau mise à disposition des réseaux de distribution d’eau ne sont pas facturés aux clients », a rappelé la ministre de l’Environnement Céline Tellier.

« Pour moitié, il s’agit de fuites. Pour l’autre moitié, il s’agit d’une part de prélèvements non comptabilisés, car frauduleux ou réalisé par les services de secours ou les services communaux pour curer les égouts ou nettoyer les voiries. Ou d’autre part de prélèvements utilisés par les distributeurs eux-mêmes pour les besoins du service. »


Si la fraude ne représente qu’une petite partie des pertes d’eau, c’est un problème difficile à détecter pour les distributeurs. Chez les particuliers, il faut que l’agent le remarque lors du contrôle de l’index du compteur, ou lors du remplacement de ce dernier.


« Ce sont des phénomènes que l’on ne peut pas exclure, car il nous est arrivé de les constater. Mais nous n’en connaissons pas l’ampleur totale », nous explique Benoît Moulin, porte-parole de la Société wallonne des eaux (SWDE), le plus grand distributeur de Wallonie.

« Au niveau des compteurs pour particuliers, nous avons fait 10 constats ces 5 dernières années. Car il est très facile de voir si le compteur a été manipulé. Les fraudeurs écopent toujours d’une amende de 500 €. »


À Verviers, en 2014, un employé de la SWDE avait ainsi remarqué que le compteur d’un immeuble avait été démonté et remonté... à l’envers. Du coup, le compteur décomptait la consommation ! À l’époque, le préjudice avait été estimé à 266 m³. En plus de l’amende, la SWDE avait porté plainte pour vol d’eau.


À la source

D’autres fraudeurs n’hésitent pas à se servir directement sur des canalisations ou sur des bornes d’incendie. Un agriculteur utilisait notamment une vanne présente sur une canalisation qui reliait un captage à un château d’eau. « Dans les phénomènes que nous avons également constatés, un cas concernait un chantier de génie civil », ajoute Benoît Moulin de la SWDE.

« Sur ces chantiers, il faut parfois arroser pour éviter des dispersions de poussières. Logiquement, l’entrepreneur doit faire venir des camions-citernes. Là, nous avons découvert un chantier où il y avait une prise sauvage sur le réseau de distribution. »


Réseaux connectés


En Wallonie, les réseaux d’eau sont de plus en plus « connectés ».

À la SWDE, les 25.000 kilomètres de conduites de distribution, qui relient les châteaux d’eau aux habitations, sont équipés avec un système de détection de consommation anormale. Pour chaque 10 kilomètres de conduite, il y a un système communicant qui permet de détecter les fuites.

Depuis quatre ans, le nombre de fuites détectées a augmenté de 30 %. Et 5.500.000 m³ ont pu être « sauvés ».


Par Guillaume Barkhuysen

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