Otite: plus de 8.000 enfants par an reçoivent des drains

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Placer un drain dans le tympan d’un enfant souffrant d’otites est devenu une pratique trop courante selon la mutualité chrétienne. « Rien qu’en 2018, 8.155 de nos membres âgés de 0 à 9 ans se sont fait placer un drain dans l’oreille », rapporte-t-elle en précisant que ces poses ne sont pourtant pas une obligation. « Généralement, les otites aiguës guérissent spontanément. Par contre, les drains peuvent s’avérer utiles en cas de risque d’altération de l’audition de l’enfant. »


Et la mutualité d’énumérer les risques liés à la pose de drains : épanchement auriculaire passager ou chronique, lésions du tympan, perte auditive, cicatrices ou perforation permanente du tympan… « Sans parler des risques liés à l’intervention elle-même, qui se fait sous anesthésie générale. »


Jean Hermesse, secrétaire général de la mutualité chrétienne, conseille donc aux parents « d’examiner attentivement les avantages et les inconvénients de la pose de drains chez leur enfant, avec leur médecin avant de prendre toute décision ». Il avance aussi la possibilité de mettre en place un monitoring. « Aux Pays-Bas, un médecin a été spécialement engagé pour extraire de l’hôpital tous les actes et traitements inutiles. Les drains transtympaniques en font partie. »


D’après la mutualité chrétienne, réduire le nombre d’interventions chirurgicales permettrait de dégager des moyens financiers dans l’assurance soins de santé obligatoire. Le coût pour celle-ci s’élève à environ 100 euros pour l’opération et 215 euros pour les frais de séjour en hôpital de jour, soit 3,7 millions d’euros au total à charge de la sécurité sociale.


Les médecins s’insurgent


Pour l’association Belge des Syndicats Médicaux, cet appel à la méfiance est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. « Il est à noter que le président de la mutualité chrétienne a intensifié ses attaques à l’encontre du corps médical depuis que les mutuelles ont été contraintes de réaliser des économies importantes sur leurs frais de fonctionnement », répond-elle dans un communiqué.
Selon l’union professionnelle des ORL, la mutualité n’a « aucun fondement scientifique sur lequel se baser et les risques de l’intervention évoqués sont considérablement exagérés ».
Et l’ABSyM d’ajouter : « Saper systématiquement la confiance des patients en leurs médecins nuit à la santé publique. »


Par Sa.B.

 

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