Dès 2020, les accueillantes bénéficieront d’un nouveau statut

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Pas de chômage, pas de rémunération stable, pas de congés parentaux : la précarité du statut d’accueillante rend plus difficile le recrutement. Dès 2020, elles bénéficieront d’un nouveau statut. Objectif : contrer la baisse enregistrée ces dernières années.


Le nombre d’accueillantes diminue un peu plus chaque année. Du côté des accueillantes conventionnées, « le nombre à tendance à s’éroder », confirme la ministre de la Petite Enfance, Bénédicte Linard. « Les arrivées compensent à peine les départs sans pouvoir créer de nouvelles places au sein du secteur. » Du côté des accueillantes autonomes, la tendance est la même, comme le confirme Renée Libotte, l’ex-présidente de la fédération des associations d’accueillantes de jeunes enfants.


En 2018, 2.572 accueillantes conventionnées ont été recensées par l’ONE, soit 34 de moins qu’en 2014. Le statut précaire est une des raisons avancées à la faible attractivité de la fonction. « Les difficultés pour recruter viennent en effet du fait que les accueillantes n’ont, du fait de leur statut hybride (ni salariée, ni indépendante, NdlR), aucune garantie quant à la possibilité de payer leurs factures à la fin du mois », explique Eddy Gilson, responsable de la coordination de la réforme dans le milieu de l’accueil de la petite enfance.


Déjà 700 bénéficiaires


Actuellement, les accueillantes conventionnées n’ont en effet pas les mêmes droits que les personnes travaillant dans des crèches : elles n’ont pas droit au chômage, ni aux congés parentaux et n’ont pas de rémunérations fixes par mois, puisque celles-ci dépendent directement de la présence des enfants. Pas d’enfants, pas de salaire… Une situation qui est sur le point de changer : « En 2017, un projet pilote a été lancé et a permis à 700 accueillantes d’obtenir le statut de travailleur salarié à domicile. Un statut offrant les droits sociaux dont elles étaient privées, et garantissant un revenu stable », rappelle Eddy Gilson. Dès le 1er janvier 2020, toutes les nouvelles accueillantes engagées à partir du 1er janvier 2020 devront l’être sous ce statut. Quant aux autres, déjà en place, la transition se fera progressivement jusqu’en 2025.


À côté des accueillantes conventionnées, nous retrouvons les accueillantes indépendantes qui, elles aussi, pourront être aidées financièrement dès l’année prochaine. « Si elles offrent les mêmes services aux parents, c’est-à-dire ouvrir 5 jours par semaine et 10 heures par jour, elles pourront solliciter un subside de 250 € par place pour couvrir les frais généraux », indique le responsable. Avec ces améliorations notamment financières, la réforme vise à « renforcer l’attractivité du métier d’accueillante », souligne la ministre. Une évaluation du dispositif permettra de voir si l’objectif est atteint. Car d’autres freins existent. « C’est un travail prenant, qui impacte la vie familiale. Et puis, il faut disposer d’un minimum d’espace pour accueillir les enfants », confirme Eddy Gilson.


L’ONE espère toutefois que l’harmonisation des conditions et garanties entre les crèches et les accueillantes favorisera la mobilité entre les deux. « Arrivées à un certain âge, des personnes qui travaillaient dans des crèches pourraient avoir envie de s’installer comme accueillantes et inversement. » Objectif : maintenir une diversité de l’offre pour les parents.


Par Sabrina Berhin

 

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