Des dizaines de bus supprimés à Liège: les voyageurs furieux

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Plus de 40 bus ont été supprimés sur pas moins de 9 lignes  mercredi à Liège.
Une situation qui interpelle les voyageurs, furieux, mais aussi certains employés fatigués de travailler dans de telles conditions. Le TEC réagit et s’explique.

« Nous sommes dans une situation catastrophique ».
C’est un véritable appel à l’aide qui est lancé par un employé du TEC Liège Verviers ce mercredi matin. Lui, et de nombreux usagers du réseau de transport en commun ont remarqué que la situation était compliquée depuis la rentrée scolaire.

Bus bondés ou en panne, des voyageurs ignorés par des bus déjà remplis à ras bord, le tout sous un temps maussade et pluvieux.
Bref, le mécontentement est palpable aux arrêts de bus et sur les réseaux sociaux. Et ce mercredi, rien ne s’est arrangé, bien au contraire.

Des lignes à forte fréquence

De nombreux bus ont même été supprimés simultanément sur plusieurs lignes fondamentales du réseau. Des tracés que de nombreux Liégeois empruntent quotidiennement, comme par exemple, la ligne 1 qui relie Coronmeuse aux Guillemins.
 
Celle-ci s’est vue amputée de 18 voyages ! La ligne 4, la boucle urbaine de la ville, en avait cinq de moins. Même traitement pour la ligne 24 qui relie la place Saint-Lambert à Vottem, qui se voit retirer 13 voyages ! Sans oublier les lignes 12, 16, 138, 58, 7 et 70, elles aussi touchées le même jour.
 
 
Au total, plus de 40 bus ont été supprimés et 9 lignes ont été impactées. Pour certains employés, la situation est tout simplement devenue inacceptable et n’a que trop duré : « Lorsqu’on aime son métier et qu’on voit ça, c’est très dur. Il faut aussi et surtout se mettre à la place des voyageurs.
 
Je suis au TEC depuis longtemps et je n’avais jamais vu ça. Quelle tristesse. Pauvres voyageurs », nous explique un employé, effondré.
Plusieurs explications

Sur le site du TEC, on explique ces suppressions de bus par des « problèmes de logistique ».
Mais en y regardant de plus près, l’explication est tout autre : « Il faut avouer que nous rencontrons un problème au niveau du parc de véhicules. Les anciens bus arrivent en fin de vie et sont donc susceptibles de tomber très souvent en panne.
 
En plus de cela, les nouveaux bus, notamment hybrides, connaissent des problèmes de jeunesse. Et aujourd’hui, lorsqu’un bus tombe en panne nous n’avons plus de bus de réserve pour remplacer ceux à l’arrêt. La situation est compliquée.
Quand on entend qu’il faut privilégier les transports verts et que derrière on réduit les investissements… Il faut que les politiques revoient clairement leur copie », explique Dona Balbo, secrétaire régionale CGSP au TEC.

Mais ce n’est pas tout : « Nous faisons face aussi à un manque cruel de personnel. Il manque au moins 20 conducteurs pour pouvoir fonctionner au maximum et sortir tous les bus le matin.
 
Depuis, nous avons changé l’examen de recrutement que nous avons adapté, en le rendant moins compliqué et davantage centré sur le concret. Mais globalement, c’est un phénomène de société. Le travail de conducteur est difficile. Les horaires sont décalés et on commence très tôt.
 
Il faut aujourd’hui réinvestir dans les transports.
 
Et convenablement. Ces dernières années nous avons subi des coupes budgétaires. Il faut que ça change ».
 
Le TEC: «Nous avons connu plusieurs pannes»


Contacté par nos soins, le TEC s’explique : « Nous avons effectivement rencontré plusieurs problèmes sur nos lignes depuis la rentrée », commence Carine Zanella, porte-parole du TEC Liège Verviers.

« Depuis le mois de septembre, nous sommes confrontés à plusieurs pannes de nos nouveaux bus hybrides Solaris. Nous sommes en train de régler le problème. Nous avons appelé des spécialistes de chez Solaris pour réparer les pannes et nous apporter leur expertise ».

Au sujet des lignes impactées : « Lorsque des pannes arrivent, nous supprimons les bus qui roulent sur des lignes qui ont une fréquence plus élevée. Nous n’allons pas supprimer des bus sur des lignes où les voyages ne se font qu’une fois toutes les heures. De plus, nous avons aussi des problèmes avec nos vieux véhicules.
 
Mais 70 nouveaux bus articulés hybrides pourraient arriver en 2020 ». Ajouté à cela, le TEC admet manquer de personnel : « Oui, nous manquons de chauffeurs. Nous avons d’ailleurs lancé une grande campagne de recrutement.
 
Nous aimerions embaucher 50 chauffeurs sur Liège pour pallier au manque ainsi qu’aux différents départs en pension. Aujourd’hui, on peut dire qu’il en manque 20 à Liège pour fonctionner à plein régime. Nous faisons le maximum pour régler la situation ».
 
Une pétition est lancée et sera envoyée à la Région
 
Impacté lui aussi par ces pannes, Fabrice Dreze, conseiller communal MR à la Ville de Liège a lancé une pétition ce mercredi : « Ces dernières semaines, en tant qu’usager, j’ai vu des étudiants arriver en retard, des bus remplis et des usagers ignorés sur le côté de la route, faute de bus.
 
Aujourd’hui, nous voulons trouver des solutions. Il faut faire un audit pour connaître le nombre de bus qui sont encore utilisables et pouvoir s’organiser.
 
On ne peut plus continuer comme cela. Nous allons d’ailleurs envoyer cette pétition au ministre de la Mobilité de la Région wallonne. Il faut que les choses bougent. Le manque de moyens c’est une chose, mais il faut aussi savoir organiser ses services ».
 
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C’est le nombre de bus qui ont été supprimés ce mercredi sur la ligne 1. Celle-ci est fondamentale car elle relie Coronmeuse aux Guillemins, en passant par la place Saint-Lambert.
 
Par Stefano Barattini
 
 

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