Les témoignages affluent pour identifier le tueur de la louve

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«Nous avons reçu beaucoup de témoignages et de réactions à propos de Naya. Nous ne nous attendions pas à une telle ampleur», explique Paul Van Daele, directeur de Vogelbescherming, l’association flamande de protection des oiseaux. L’organisation offre une prime de 30.000€ à qui fournira des informations permettant de retrouver le braconnier qui aurait abattu la louve Naya, dans le Limbourg. L’animal n’a plus donné signe de vie depuis le mois de juin. «Les témoignages que nous recueillons semblent concret, mais demeurent souvent flous.
Un tri est fait afin de les envoyer à la cellule Inspection de l’agence pour la nature et la Forêt en Flandre pour qu’elle mène l’enquête. À ce stade, il est difficile de dire si ces informations vont permettre de déboucher sur une piste», reconnaît notre interlocuteur.


LA MORT DE TROP!

Mais Naya ne représente que la moitié des messages envoyés à l’administration. «C’est comme si la disparition de la louve était la goutte qui a fait déborder le vase. Beaucoup de personnes nous contactent pour des infractions relatives à la chasse de manière générale.

Nous avons vraiment beaucoup de récits de ce type. Le loup est devenu le symbole émotionnel de ce qui ne fonctionne pas du tout avec la protection de la nature, comme la chasse à la perdrix grise ou l’élevage pour la chasse de faisans gavés aux antibiotiques et impropres à la consommation », analyse Paul Van Daele.

L’association flamande travaille étroitement avec son homologue francophone, la Ligue royale belge pour la protection des oiseaux, car les chasseurs ne connaissent pas les frontières linguistiques. Beaucoup de Fla
mands viennent chasser en Wallonie.

Quant aux contacts avec l’Inspection en Flandre, ils sont bons, mais la cellule manque de moyens humains: «Auparavant, ils étaient 45 et ne parvenaient déjà pas à tout couvrir. Maintenant, ils sont 35, et encore tous ne travaillent pas. Il y a des burnout. Beaucoup sont frustrés».

Et les options budgétaires du gouvernement flamand, présidé par Jan Jambon, ne rassurent pas du
tout les défenseurs des animaux. Le nombre des fonctionnaires devrait fondre de 10% d’ici 2024.

«Et puis, il y a les diminutions de subsides aux associations. Les priorités du gouvernement vont plus vers le bleu dans les rues que le vert autour de nous. On nous a bien promis 10.000 ha de forêt et 20.000 ha de nature, mais ce sera pour la législature suivante», déplore encore M. Van Daele.

Par Y.H.

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