Les trois policiers sont issus des zones de police de Huy et du Condroz, tous renvoyés devant le tribunal correctionnel dans la délicate affaire d’agression sexuelle à Modave

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Les trois policiers hutois et le Modavien qui étaient inquiétés dans une délicate affaire d’agression sexuelle à Modave sont tous renvoyés devant le tribunal correctionnel. La chambre du conseil de Huy a rendu son ordonnance de renvoi ce mardi.
 
Les trois policiers hutois -deux de la zone de Huy et un de la zone du Condroz- n’échapperont pas à un procès.
 
Leur ami, D., un Modavien de 48 ans, non plus. Ce mardi, la chambre du conseil de Huy a décidé de renvoyer les 4 hommes devant le tribunal correctionnel où ils devront se défendre d’une agression sexuelle qui aurait été commise sur une mère de famille de 43 ans. Les faits remontent au 5 juin 2018, jour de la marche blanche à Liège organisée en hommage à Cédric Vangriecken et aux deux policières liégeoises Soraya Belkacemi et Lucille Garcia, tous trois tués par Benjamin Herman. Deux des trois policiers ainsi que le Modavien y participent.
 
À l’issue de la manifestation, les trois hommes reviennent au domicile de D. à Modave et s’installent sur la terrasse où un troisième policier vient les rejoindre. En cours de soirée, D. invite sa voisine, une mère de famille de 43 ans, à se joindre à eux.
On lui propose un verre. Selon ses souvenirs, deux verres de vin blanc lui sont servis. Et puis, c’est le trou noir, affirme-t-elle. La suite de l’histoire, ce sont les voisins qui la rapportent plus tard aux policiers.
 
LE PANTALON BAISSÉ JUSQU’AUX GENOUX
 
 Un père et sa fille de 10 ans qui promenaient leur chien dans la rue racontent avoir vu deux hommes traînant leur voisine. Elle semblait inconsciente et se trouvait dans une fâcheuse posture, le pantalon baissé jusqu’aux genoux laissant apparaître sa culotte.
Les deux hommes l’ont ainsi traînée jusqu’à son domicile où par la fenêtre du salon, le père et sa fille, rejoints par d’autres voisins, disent l’avoir aperçue couchée sur le divan, le pantalon toujours abaissé et la culotte à demi retirée cette fois.
Elle était maintenue par un des deux hommes tandis que l’autre tenait son sexe à quelques centimètres de son visage… Selon ces témoins, les deux types tenaient à peine debout.
En quittant le salon, celui qui avait ouvert sa braguette peinait d’ailleurs à la refermer, diront-ils. Suite à ces faits, la mère de famille a subi un test d’agression sexuelle.
Il s’est avéré négatif. Pas de viol donc.
 
Par contre, un examen sanguin a permis de relever un taux important d’alcool dans le sang: 2,3 gr.

ATTENTAT À LA PUDEUR
 
Devant le tribunal correctionnel de Huy, les 4 hommes devront se défendre de préventions liées à ces faits.
Les deux policiers qui ont ramené la Modavienne chez elle devront répondre d’attentat à la pudeur, avec la circonstance aggravante qu’il a été commis par un fonctionnaire de police, d’outrage public aux mœurs, de s’être abstenu de venir en aide à une personne exposée à un péril grave et enfin d’avoir observé ou fait observer une personne sans son consentement alors qu’elle était dénudée.
Concernant les deux autres, seule la 4e et dernière prévention leur est reprochée. D., l’hôte de la soirée, se dit serein. «Je n’ai rien à me reprocher.
J’ai agi en bon citoyen: elle avait bu un verre, se montrait aguicheuse, j’ai demandé qu’on la ramène chez elle», a-t-il fait valoir.
À la partie civile, l’avocat liégeois Me Jean-Louis Gilissen s’est dit satisfait par l’ordonnance rendue ce mardi. «Qu’il y ait un débat, c’était mon souhait. Chacun va pouvoir s’expliquer.
Ce qui s’est passé est trop grave», a-t-il commenté.

Par M-CL.G.
 

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