Un plan loup en Wallonie

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La mort de la louve Naya, qui aurait été tuée par un braconnier dans le Limbourg, n’a pas seulement eu des effets en Flandre : la nouvelle ministre Céline Tellier (Ecolo) a réagi elle aussi en réclamant un plan de protection du loup en Wallonie.


Qui aurait pensé que la disparition de la première louve installée durablement sur le sol belge aurait un tel effet ?

En Flandre, des associations de défense animale ont rassemblé 30.000 € de récompense pour toute personne qui permettrait d’inculper le tueur éventuel de Naya.


Protéger Akéla


La nouvelle ministre wallonne de la Nature, de l’Environnement et du Bien-être animal, Céline Tellier (Ecolo), ne souhaite visiblement pas qu’un sort pareil attende Akéla, le loup qui s’est installé depuis quelques mois dans les Fagnes.


« La ministre a immédiatement réagi après l’annonce de la mort de Naya », explique Alain Licoppe, du Réseau Loup wallon. « On nous a demandé d’accélérer la préparation d’un texte qui servirait à la mise en place d’un véritable Plan loup en Wallonie. Il pourrait être présenté à la ministre d’ici la fin de l’année. »


Il est vrai que la plupart des pays voisins ont déjà leur Plan loup, qui sert à organiser la protection de l’espèce mais aussi la cohabitation avec les éleveurs de moutons et les chasseurs.

« C’est sans doute aussi l’existence de ces plans loups qui pousse progressivement les loups vers notre pays », analyse Jessica Nibelle, porte-parole du WWF.

« En Allemagne, par exemple, certaines zones sont clôturées pour protéger les troupeaux.

Les loups cherchent des zones moins protégées et arrivent chez nous. Il est donc urgent que la Wallonie se dote à son tour d’un plan loup. »


Que contiendra le Plan loup wallon ? « Il devra organiser les aides éventuelles à l’installation de clôtures de protection des élevages », explique Alain Licoppe. La ministre devra déterminer quels subsides elle proposera, le montant de ceux-ci, les personnes qui pourront en bénéficier et les critères d’attribution.


Un autre élément essentiel du Plan loup wallon touchera à l’extension des indemnisations en cas d’attaque. « Jusqu’ici, seuls les éleveurs professionnels (y compris ceux pour lesquels l’élevage est une activité complémentaire) peuvent bénéficier d’indemnisations quand leurs animaux sont tués ou blessés », explique Alain Licoppe.

« Les Wallons qui ont un mouton « domestique », qui entretient leur terrain ou qui joue avec leurs enfants, n’ont actuellement aucune possibilité d’être indemnisés ; demain, la ministre pourrait décider qu’on indemnise aussi ces propriétaires privés.

Elle pourrait aussi décider d’indemniser un éleveur qui aurait une vague d’avortements chez des brebis effrayées par la présence d’un loup mais qui n’auraient pas été blessées ; ce n’est pas possible aujourd’hui. »


Financer le suivi scientifique


Le Plan loup wallon devrait également prévoir le financement d’autres initiatives liées à la présence du loup : des campagnes de sensibilisation auprès du grand public, mais aussi des éleveurs et des chasseurs.

Le Plan prévoira aussi le financement de la recherche scientifique autour des loups wallons, le financement des analyses génétiques pour avoir un suivi pointu des loups de passage sur notre territoire.

Et enfin le financement du matériel d’observation des loups sur le territoire wallon. Pour rappel, deux loups au moins ont été observés récemment en Wallonie : Akéla, visiblement installé durablement dans les Fagnes et un autre, sans nom jusqu’ici, photographié à Havelange, dans le Condroz namurois.

Un autre loup sur les terres de Naya


La louve Naya a disparu en juin, peu de temps après la naissance probable de louveteaux. Ce qui fait craindre qu’elle ait été abattue et que les petits n’ont pas survécu.


Le père de ces petits, August, est toujours présent dans le coin mais on apprend qu’un nouveau loup (le sexe n’est pas précisé) s’est installé au même endroit, dans les bois du domaine militaire de Bourg-Léopold.

Après Roger (tué par une voiture), August et Naya, c’est le quatrième loup qui prend ses quartiers en Flandre.
En Wallonie, à côté d’Akéla, installé dans les Fagnes, la présence d’un second loup a été attestée à Havelange, dans le Condroz namurois.

Une autre photo, prise à Mont-Godinne, à quelques kilomètres de là, le 19 septembre, est à l’examen pour voir s’il s’agit d’un loup et, dans l’affirmative, pour voir s’il s’agit du même qu’à Havelange.

 

 

Par Michel Royer

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