Deux policiers de la zone de Huy, un de la zone du Condroz et un Modavien inquiétés dans une affaire d’agression sexuelle à Modave

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Agression sexuelle à Modave: trois policiers inquiétés

Deux policiers de la zone de Huy, un de la zone du Condroz et un Modavien inquiétés dans une affaire d’agression sexuelle à Modave. La chambre du conseil de Huy doit décider la semaine prochaine s’ils sont renvoyés ou non devant le tribunal.

C’est une affaire extrêmement délicate qui est actuellement pendante devant la chambre du conseil de Huy. Trois policiers - deux de la zone de Huy et un de celle du Condroz- et un Modavien sont soupçonnés pour l’un d’avoir commis un attentat à la pudeur et pour les trois autres d’abstention coupable, à savoir ne pas avoir porté secours à une Modavienne, mère de famille de 43 ans.

Le jour de la marche blanche à Liège

Les faits remontent au 5 juin 2018. C’est un dimanche. Ce jour-là, souvenez-vous, une marche blanche est organisée à Liège en hommage à Cédric Vangriecken et aux deux policières liégeoises Soraya Belkacemi et Lucille Garcia, tous trois tués par Benjamin Herman.

Le Modavien D. y participe avec deux de ses amis, policiers à la zone de Huy. À l’issue de la manifestation, les trois hommes reviennent à Modave au domicile de D. et s’installent sur la terrasse pour boire un verre. Un troisième policier vient les rejoindre.

En cours de soirée, D. invite sa voisine à le rejoindre. Elle accepte mais une fois sur la terrasse, elle découvre que son voisin n’est pas seul. Trois hommes qu’elle ne connaît pas sont attablés avec lui. Elle veut repartir mais ils insistent pour qu’elle reste et prenne un verre avec eux.

Selon ses souvenirs, dit-elle, deux verres de vin blanc lui sont servis. Et puis, c’est le trou noir. La suite de l’histoire, ce sont les voisins qui la rapporteront plus tard aux policiers.

Pantalon baissé, culotte dévoilée

Ce soir-là, un père et sa fille de 10 ans qui promènent leur chien aperçoivent dans la nuit déjà bien avancée deux hommes en train de traîner une femme. Ils reconnaissent leur voisine. Elle semble inconsciente et se trouve dans une fâcheuse posture. Elle a le pantalon baissé jusqu’aux genoux ou jusqu’aux chevilles – ils hésitent - mais, c’est certain il est rabattu et l’on voit sa culotte.

Surpris et inquiet, ce voisin invite deux autres personnes de la rue à le rejoindre et ensemble ils suivent l’étrange trio jusqu’au domicile de la Modavienne. Par la fenêtre, ce qu’ils voient les choque au plus haut point. Leur voisine a été couchée sur le divan. Elle est affalée, le pantalon toujours abaissé et la culotte à demi retirée. Elle est maintenue par un des deux hommes tandis que l’autre tient son sexe à quelques centimètres de son visage…

Face à ce spectacle pervers et odieux, ils crient pour mettre en fuite les deux hommes. Surpris, ceux-ci tentent de se dédouaner, en affirmant qu’ils n’ont rien fait. Selon ces témoins, ils tiennent à peine debout. Celui qui a ouvert sa braguette peine d’ailleurs à la refermer, diront-ils. Ils préviennent la police.

« Elle se montrait entreprenante »

À leur arrivée, gros malaise. Les policiers de la zone du Condroz découvrent que les deux hommes qui ont ramené la Modavienne chez elle sont des collègues. Le parquet de Huy est prévenu et ordonne de suite que la Modavienne subisse un test d’agression sexuelle. Les résultats sont négatifs. Pas de viol donc mais un taux d’alcool important a été relevé : 2,3 grammes d’alcool par litre de sang.

Une prévention d’attentat à la pudeur pourrait être retenue contre le policier qui a exhibé son sexe. Celui-ci reconnaît les faits mais il ne sait pas expliquer son geste. Il ne se souvient de rien, dit-il.

Les deux autres policiers ainsi que le Modavien sont soupçonnés d’abstention coupable, à savoir ne pas avoir porté secours à la victime. Ce qu’ils contestent en dénonçant le comportement inapproprié et aguicheur de la victime qui serait arrivée chez D. sous l’influence de l’alcool et en se montrant très entreprenante vis-à-vis des policiers, affirme D.

Mesures contre les policiers

La chambre du conseil de Huy devant laquelle l’affaire a été plaidée vendredi passé doit rendre son ordonnance la semaine prochaine. On saura alors si les quatre hommes sont renvoyés devant le tribunal, c’est ce que demande Me Jean-Louis Gilissen, avocat de la partie civile. Et si oui, sous quel chef d’inculpation.

En attendant, deux des trois policiers ont fait l’objet d’une mesure : le policier exhibitionniste a été suspendu « dans l’intérêt du service » et le second qui l’accompagnait au domicile de la victime ne peut plus réaliser d’auditions vidéo filmées impliquant des mineurs d’âge. À ce stade, on ne parle pas de sanction disciplinaire : l’un et l’autre continuent à percevoir leur salaire.

 

Par M-Cl.G     Source

 

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