Confronté à une pénurie d’arbitres, le BRA de Liège peine à remplir toutes les désignations le week-end

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62047430arbitre-jpg.jpgL’arbitrage doit faire envie, pas pitié !

Il faut les voir se démener, portés par la flamme de la passion et de la détermination, sur le terrain arrière du CREF de Blegny qui supporte les chocs de leurs multiples courses, au son des directives et des encouragements de leur préparateur physique et de son staff.

Comme chaque mardi soir, les arbitres liégeois se retrouvent pour une séance d’entraînement collective durant laquelle les efforts répétés finissent inlassablement par les unir dans la souffrance.

Le reflet de la société

Souffrance, le mot est lâché, il résume parfaitement le quotidien de ces hommes en noir devenus cibles privilégiées, faciles des joueurs, des clubs et du public. Gonflées par les réseaux sociaux, les remarques et/ou les injures s’entassent et finissent par décourager les moins motivés, qui baissent vite les bras devant ce mur d’incivilité.

Dernièrement, un jeune homme a encore été agressé – coup porté à la mâchoire par le frère d’un joueur qui venait de recevoir un… carton jaune – durant une partie en U14.

Le constat est sans appel : ces dernières années, le nombre d’arbitres de la province n’a cessé de diminuer (ce qui est le cas partout en Wallonie, voir infographie) pour atteindre, aujourd’hui, un seuil critique. « Chaque week-end, une quinzaine de matches des équipes premières doit se dérouler sans referee », indique, fataliste, Joseph Fontaine, responsable des désignations.

En compagnie de Jean-Noël Jacob, président du BRA liégeois, d’autres membres du service – Gaëtan Simon, Pino Mercato, Jacques Frisschen – mais aussi d’Eric Romain, directeur de l’arbitrage à l’ACFF, nous avons évoqué cette pénurie qui touche le monde de l’arbitrage. « Une déficience qui n’est pas propre uniquement à notre discipline, elle est visible dans tous les autres domaines sportifs », notent-ils. « C’est compliqué d’accrocher les gens, notamment les plus jeunes pour qui il s’agit d’une occupation parmi tant d’autres. Ils sont plus vite découragés ou ne prennent pas toujours cela au sérieux. C’est le reflet de la société actuelle. Heureusement que les anciens sont encore bien présents pour poursuivre leur travail… » Le football diffuse – malheureusement – la même chanson au bord des terrains, une cacophonie rythmée par les remarques et les critiques injustes, violentes. Un manque de respect qui se remarque même dans les catégories d’âge. « Le devoir d’exemplarité a disparu », expliquent nos différents interlocuteurs. « L’arbitre représente l’autorité et on a trop tendance à se révolter face à ses décisions. Il faut changer les mentalités. »

Un sport à part entière

En attendant, le nombre de désignations continue de croître et les cellules responsables de l’arbitrage peinent à remplir toutes les cases. Des limites qui auraient pu les inciter à revoir leurs critères de sélection, mais tous s’y opposent catégoriquement : « Ce n’est pas une raison pour faire n’importe quoi, nous avons un rôle à assumer. Les représentants du corps arbitral doivent réussir deux examens – un physique, un écrit – et s’ils n’y parviennent pas lors des trois sessions ouvertes, ils ne peuvent pas – ou plus – entrer en ligne de compte. Certains clubs se plaignent de l’absence d’un homme en noir les week-ends de match, ils doivent comprendre que si nous les recrutons et que nous les formons, l’enrôlement des arbitres fait aussi partie de leurs devoirs puisqu’ils doivent affilier des personnes. C’est un souci que nous partageons et que nous devons régler ensemble. »

Comment, justement, contrer le phénomène d’érosion ? « Il faut rendre l’arbitrage plus attractif en considérant qu’il s’agit d’un sport à part entière. Nous devons nous ouvrir davantage vers le monde extérieur, cela passe par de la communication, du marketing. Nous devons faire envie, pas pitié ! Récemment, les meilleurs sifflets provinciaux se sont retrouvés pour un petit stage à Tubize, dans les installations des Diables rouges, c’est une initiative de ce type qui peut inciter les jeunes à s’orienter vers une carrière et à en parler autour d’eux. Il y a évidemment peu d’élus, mais quand on évoque les chiffres des rémunérations mensuelles – plusieurs milliers d’euros – que peuvent percevoir les arbitres de D1A et D1B, sans oublier ceux qui ont le statut international, on sent déjà que certains y voient un autre intérêt… »

Gaëtan Simon, qui jouit d’une expérience de trente années dans le domaine et qui a officié en première division, l’assure : « Il n’y a pas beaucoup de sports où on est aussi bien suivi par des formateurs, il faut profiter de cette assistance, des moyens dont nous disposons afin de faire bouger les choses. »

Parce que l’idée générale est de susciter des vocations, l’ACFF plaide pour la création d’un attrait via l’identification à un matricule bien spécifique. « L’idée est de devenir arbitre d’un club, que ce soit le Standard, le RWDM, etc. », précise Eric Romain. « Il s’agit d’une fonction bien déterminée qui peut inciter les gens à partir plus vite dans le créneau. »

S’il souffre et panse ses plaies – le Footbelgate a jeté l’opprobre sur l’intégrité des referees, même si les répercussions négatives ne se sont pas fait ressentir au sein de la corporation –, l’arbitrage continue de (sur)vivre. Mais si le vent tourne encore plus vite que les girouettes en football, il serait temps de mettre un terme à cette carence, pour le bien de tous les acteurs et du jeu.

Par YOUNG KRUYTS

 

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Commentaires

  • Je pense que si on voulait motiver les jeunes futur arbitre serai
    De donner une prestation plus intéressante,je ne dit pas forcément comme en district française( interpro français)
    150€du match mais assez pour les motiver,à devenir arbitre
    Bien évidemment il faut aimer avant tout

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