Un accroissement net de 12.000 nouveaux logements publics d’ici 2024

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Avec 40.000 ménages en attente,les besoins en logements sociaux sont grands.

Un schéma de développement régional réalisé au niveau wallon identifie les zones de construction les plus pertinentes,au regard des demandes, de l’emploi,des services.

Un accroissement net  de 12.000 nouveaux logements publics d’ici 2024 : c’est l’objectif que s’est fixé le gouvernement wallon.

Mais où créer ces nouveaux logements ? Le centre d’études en habitat durable (CEHD) a mis sur pied un schéma de développement régional du logement public qui identifie les communes où il serait pertinent de créer du logement public d’ici 2030, en tenant compte des pôles d’emploi et des services.

Selon le centre, le parc de chaque commune devrait être égal à 1,5 fois la demande pour couvrir celle-ci.
Résultat ? 92 communes ont été identifiées comme pertinentes pour accueillir de nouveaux logements sociaux. Avec un total de 8.961 logements.
« Ces 92 communes sont principalement concentrées en Brabant wallon et le long de la dorsale wallonne, soit la zone la plus urbanisée de la Wallonie.

Divers pôles structurants en font aussi partie : Dinant, Marche-en-Famenne,
Libramont-Chevigny, Bastogne, Arlon… », peut-on lire.
D’après le Schéma de développement régional, c’est à Liège qu’il en faudrait le plus : 747 pour être exact. Viennent ensuite les communes d’Ans (541 logements), Namur(442) ou encore Nivelles(379).

Mais on est ici confronté à un problème : l’offre foncière y est rare. C’est pourquoi, s’il n’est pas possible de construire suffisamment de logements, « l’acquisition de logements sur le marché privé ou la restructuration du
parc » sont envisagées par le CEHD.

On pourrait par exemple imaginer de diviser des grands logements
pour les transformer en plusieurs, plus petits. Braine-l’Alleud complète le top 5 avec 354 constructions identifiées. Il s’agit là d’une commune qui connaît une forte croissance démographique.


0 À CHARLEROI ET SPA


Petite surprise parmi les résultats :à Charleroi, Mouscron, Quiévrain, Boussu et Spa, le nombre de logements
à créer est de… 0. « Cette situation résulte du fait que ces communes possèdent déjà à
l’heure actuelle un nombre de logements équivalent à 1,5 fois le nombre de candidatures. Remplissant déjà l’objectif de couverture, elles ne doivent pas créer de nouveaux », indique-t-on.


Bien évidemment, ce n’est pas parce qu’on identifie 92 communes que les 161 restantes n’ont pas de besoins. Elles ne sont simplement pas reprises ici car « leur situation en matière d’accès à ’emploi et aux services ainsi
qu’en matière de mobilité est moins bonne que celles des autres communes ».

Le CEHD propose toutefois d’y accroître le nombre de logements en passant par des agences immobilières sociales .
La déclaration de politique régionale 2019-2024 ne mise pas tout non plus sur la construction de
nouveaux logements. Sur les 12.000, elle cible 3.000 nouveaux, 6.000 pris en gestion par les agences immobilières sociales et 3.000 rénovations de logements actuellement inoccupés.


Le schéma ici présenté est une piste. Ce sera bien évidemment au monde politique de s’en saisir.
L’étude avait été commandée par le précédent gouvernement wallon qui souhaitait notamment tenir compte de la mobilité, de l’accès au service et à l’emploi. Le nouveau ministre du Logement, Pierre-Yves Dermagne, devra se
saisir de la question. La déclaration de politique régional indique en tout cas qu’un schéma de développement
régional du logement devra être adopté afin d’identifier les zones d’implantations prioritaires.

Par S.B.

Source 

Une ou deux chambres suffisent

Le centre d’études ne s’est pas contenté d’identifier le nombre de logements. Il s’est aussi penché sur le nombre de chambres nécessaires par habitation… Verdict : ce sont les petits logements (une à deux chambres) qui ont le plus de succès. Ils représentent plus de 90 % des biens qu’il serait pertinent de construire. Et pour cause : 8 candidats sur 10, en attente d’un logement public, demandent une petite habitation. Or celles-ci ne représentent même pas la moitié du parc disponible.

Les demandes varient bien évidemment d’une région à l’autre. Les grandes villes sont surtout demandeuses d’un appartement ou d’une maison avec une seule chambre. À l’inverse, du côté de Verviers et Dison, les quatre chambres et plus ont davantage de succès.

Notons également que ce succès des biens comprenant moins de deux chambres n’est pas typique des logements publics. De manière générale, la taille des habitations diminue en Belgique. Plusieurs facteurs expliquent cette tendance. Pointons d’abord le vieillissement de la population qui voit grandir le nombre de ménages composés d’une ou de deux personnes. Le phénomène de la décohabitation joue aussi son rôle : les ménages monoparentaux sont eux aussi demandeurs de logements plus petits.

Outre ces 92 communes, le schéma de développement régional n’oublie pas le reste de la Wallonie.

Si « leur situation en matière d’accès à l’emploi et aux services ainsi qu’en matière de mobilité est moins bonne que celles des autres communes », il n’en reste pas moins que les besoins sont là. « C’est pourquoi nous proposons de recourir ici aux AIS (Agences immobilières sociales, NDLR). »

Le principe est simple : les biens appartiennent à des privés mais sont gérés par les AIS qui les mettent en location – à un prix abordable – à destination des ménages précarisés ou à revenus modestes.

Tout le monde s’y retrouve : les locataires trouvent un toit tandis que les propriétaires « bénéficient de plusieurs avantages dont la garantie de paiement du loyer, le suivi de l’entretien du bien par le locataire et la remise en état du bien en cas de dégradation, l’exonération ou la réduction du précompte immobilier et enfin, des aides à la réhabilitation et à la mise en conformité du logement », rappelle le CEHD.

Une autre option, déjà évoquée ci-contre, consiste en la subdivision des grands logements en plus petits.

Avec ces deux manières de faire, il serait possible de gonfler encore le parc de logements publics. Cela représenterait, selon le CEHD, entre 1.672 et 3.144 logements supplémentaires dans les 161 communes wallonnes restantes.

Ce recours à des agences immobilières sociales, le nouveau gouvernement wallon entend l’utiliser. Dans la déclaration de politique régionale, le gouvernement wallon annonce vouloir, via son ministre du Logement Pierre-Yves Dermagne, « augmenter le nombre de logements ou bâtiments transformés en logements (bureaux, espaces inoccupés, etc.) pris en gestion par les agences immobilières sociales et en aide locative par le Fonds du logement wallon afin d’atteindre 11.000 logements d’ici 2025 ».

Par S.B.

Source 

 

Logements sociaux à créer par commune*

* Nombre de logements publics qu’il serait pertinent de construire d’ici 2030

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