Le vélo gagne du terrain par rapport à la voiture sur le chemin du travail

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+92,3% de Wallons allant bosser à vélo

Désormais, 13 % des travailleurs belges enfourchent régulièrement leur vélo pour effectuer le trajet depuis le domicile, soit deux fois plus qu’il y a cinq ans selon une étude menée par le spécialiste RH Acerta.

En Flandre, ce taux est de 15,2 % (+105,7 % depuis 2014). Dans le sud du pays, il n’est que de 0,9 %, mais la progression est similaire pour 92,3 %. Désormais, près d’un Wallon sur cent va bosser à vélo. Voici quatre ans, ils n’étaient que 4 sur 1.000. Il faut reconnaître que les plus grandes distances et les dénivelés en dissuadent plus d’un. Les Bruxellois sont plus assidus : 3,7 % de travailleurs ont opté pour la petite reine.

L’origine de la popularité accrue du vélo sur le chemin du travail est a trouvé dans la diversification de ce moyen de locomotion : versions électriques et ses variantes comme la trottinette, ainsi que dans la volonté de limiter les émissions CO2. « Le marché du travail a aussi joué activement la carte du leasing vélo. Tous ces facteurs réunis ont donc clairement produit leurs effets », estime Laura Couchard, juriste chez Acerta.

Les distances s’allongent

Toujours selon l’étude, on observe un recul de l’âge moyen du travailleur à vélo. Il était de 40,04 ans en 2013 contre 41,38 ans en 2018. Les 50 ans et plus roulent aussi souvent que les moins de 35 ans. La distance moyenne parcourue entre la maison et le bureau augmente aussi, passant de 7,3 km à 9,4 km. Le groupe parcourant plus de 30 km pour aller gagner sa vie est passé de 5,5 % à 9,8 % pendant la période de référence. Cette hausse est en partie due au succès du vélo électrique.

« Les employeurs mettent à disposition l’infrastructure nécessaire, voire propose des vélos de société. L’indemnité vélo est aussi pour bon nombre de personnes un déclencheur pour passer à ce moyen de transport », explique Laura Couchard. Un travailleur qui parcourt régulièrement un aller-retour de 20 kilomètres par jour peut percevoir une indemnité vélo nette allant jusqu’à 920 euros sur base annuelle. « De cette manière, vous récupérez rapidement le coût d’un vélo électrique, surtout si le vélo est proposé dans un plan cafétéria », souligne la juriste d’Acerta. Mieux encore, l’indemnité grimpe à 1.840 euros si l’on fait 20 km le matin pour aller bosser et la même distance le soir.

« Les indemnités vélos ne sont pas une obligation légale, mais des accords à ce sujet ont été conclus dans pas mal de secteurs », rappelle Laura Couchard.

Par YANNICK HALLET

Un travailleur sur six les utilise à Bruxelles

 

Outre le succès grandissant du vélo parmi les travailleurs, un pourcentage croissant d’entre eux opte pour le train, le bus, le tram ou le métro. La hausse de 51 % de ces usagers en cinq ans est toutefois nettement inférieure à l’augmentation des cyclistes (+104 % à l’échelle nationale).

À l’heure actuelle, seulement 4,15 % des travailleurs usent des transports en commun. Une région se classe loin devant : Bruxelles. Le pourcentage y grimpe à 17,3 % (+71,8 % en cinq ans). En Wallonie, la progression quinquennale est de 21,9 %. Le taux d’utilisateur reste relativement bas avec 2,6 %. Comme pour le vélo, l’âge moyen du travailleur recule, 39 au lieu de 38 ans.

L’intervention financière – obligatoire – de l’employeur demeure un incitant pour se tourner vers les transports en commun. Encore faut-il que l’offre en liaisons suive… « Ce n’est pas faisable pour chaque entreprise », reconnaît Laura Couchard d’Acerta.

Par Y.H.

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