Libération de Liège, un camp américain dans le parc d’Avroy, ce week-end 7 et 8 septembre 2019

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Si vous êtes à Liège ce week-end, n’hésitez pas, samedi et dimanche de 10 à 20 heures, venez vous balader dans le parc d’Avroy et vous vous retrouverez, comme par magie, 75 années en arrière. Très exactement à la fin de ce week-end de folie, des 7 et 8 septembre 1944, qui a vu les troupes de la septième armée américaine reprendre Liège et sa région après quatre années d’occupation nazie.

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Autour de l’étang d’Avroy

Les jours qui suivirent des centaines de G.I.’s établirent un bivouac autour de l’étang du parc d’Avroy pour s’y reposer avant de repartir vers l’Est.

« Tous les Liégeois venaient les remercier, les embrasser, les admirer, explique Francis Balace, professeur d’histoire de l’Uliège. Ils leur apportaient de petits cadeaux, mais aussi des produits frais à manger. Et en échange, ils recevaient des cigarettes pour papa, du chocolat pour maman et des chewing-gums pour les enfants. »

On admirait leur équipement militaire, on les regardait manger dans leurs gamelles, on conversait avec eux en baragouinant un peu d’anglais.

« C’est cette ambiance-là que nous allons modestement essayer de faire revivre ce week-end », explique Renaud Labarbe, le président de l’asbl Drop Zone, un groupe de bénévoles liégeois, passionnés par l’armée américaine de l’époque.

Comment ? « Nous avons réussi à rassembler près de 150 membres qui vont reconstituer le campement de jadis, avec uniforme et matériel d’époque. On essayera de coller au plus près de la réalité, on y trouvera une tente cuisine, une autre infirmerie, une troisième pour les transmissions… Une cinquantaine d’entre nous dormira même sur place durant deux nuits. Le public pourra les voir manger et s’occuper de leurs armes tandis que les plus jeunes pourront même faire des tours en jeep. »

L’installation débutera ce vendredi déjà pour être fin prête samedi matin et la fête durera jusqu’au dimanche soir.

 

Un concert gratuit

À ne pas manquer non plus samedi à 20 heures, le concert sous chapiteau donné par « Odyssey for Friends Big Band », un groupe de 18 musiciens et de trois chanteuses qui interpréteront les classiques de l’époque : Duke Ellington, Count Basie, Glenn Miller, Miles Davis…

L’entrée au parc ainsi qu’au concert est totalement gratuite. Les festivités sont organisées par la Ville et la Province de Liège, ainsi que par le commandement militaire de la Province.

À noter que le boulevard d’Avroy ne sera pas fermé à la circulation durant le week-end, sauf durant le passage du défilé et des hommages au monument national à la Résistance.

Quatre cérémonies pour se rappeler des sacrifices

Si la Libération de Liège a été une des plus grandes joies collectives jamais vécues à Liège, elle a connu également son lot de drames et de victimes : soldats, résistants ou civils. C’est pourquoi une série d’hommages aura lieu tout au long de l’après-midi du samedi.

 

Le premier à 14h30, à l’enclos des fusillés de la Citadelle où se trouvent les tombes de 415 résistants liégeois fusillés ou abattus par la Wehrmacht ou les Waffen SS. Parmi eux, 221 furent fusillés après un passage en cellule à la Citadelle.

Le deuxième à 16h à l’Hôtel de Ville, devant la stèle commémorative de l’US Army pour tous les soldats US morts en libérant la ville et sa région.

Le troisième à 16h45 au Monument « Aux Libertés Liégeoises » situé à l’entrée du pont Albert 1er pour tous les Liégeois qui ont perdu la vie durant les deux guerres.

Le quatrième à 17h15 au Monument National à la Résistance situé sur l’avenue Rogier, face aux Terrasses. « Liège fut le berceau de la Résistance durant les deux guerres, explique le professeur Balace. C’est pourquoi le Monument National belge a été érigé ici à Liège. »

Enfin, à 18 heures, se tiendra un vin d’honneur sous le chapiteau érigé dans le parc d’Avroy.

Les cérémonies sont organisées par les autorités de la Province et de la Ville de Liège, le Commandement militaire de la Province de Liège et le Comité d’Entente des Associations patriotiques liégeoises.

Un défilé de 50 véhicules d’époque

Autre événement phare, une colonne d’une cinquantaine de véhicules d’époque va déambuler dans les rues de Liège samedi après-midi.

« Elle partira vers 14h30 de Rocourt et empruntera le tracé historique par lequel les premiers soldats américains sont entrés dans Liège, explique le colonel Jean-Pierre Hames, patron des militaires liégeois. De l’arsenal de Rocourt, elle descendra la chaussée de Tongres et arrivera par Ans et Sainte-Marguerite jusqu’au centre-ville où se tiendra la cérémonie d’hommage au Monument National à la Résistance, sur l’avenue Rogier, vers 17 heures. »

 

Ensuite, la colonne repartira une seconde fois pour sillonner les rues du centre-ville et d’Outremeuse, en empruntant le pont Albert et en revenant par le pont Saint-Léonard.

« Mis à part l’avenue Rogier à 17h pour la cérémonie, toutes les rues ne seront fermées que durant le passage de la colonne », assure le colonel.

Le fameux tank Sherman

Et que retrouvera-t-on dans cette colonne ? « Il y aura bien sûr des Jeep, des Dodge, des Haltrack, des camions GMC, reprend Renaud Labarbe, mais également deux tanks d’époque : un Stuart et le fameux Sherman M32, celui de la fameuse 3ème DB (Division Blindée) qui a libéré Liège. »

Des tanks en ville ? Cela ne risque-t-il pas d’abîmer la chaussée ? « Non, rigole le président de Drop Zone, leurs chenilles ne seront métalliques mais en caoutchouc. Et une vingtaine de gars en uniforme le suivra, comme à l’époque lorsque les soldats se mettaient à l’abri d’un char pour avancer. »

Après 75 ans d’absence, on va donc retrouver un char dans les rues de Liège.

L.G.

Derniers souvenirs

Jenny Beaufort

«Le GI m’a soulevée et m’embrassée passionnément sur son char»

«Je n’avais que 12 ans à l’époque mais j’étais déjà grande et j’avais de longs cheveux noirs. Je saluais les Américains sur leur passage à Grivegnée lorsque l’un d’entre eux m’a soulevée sur son char et m’a embrassée passionnément plusieurs secondes sur la bouche. Mon père a été affolé et il m’a tirée de suite hors du char.»

Josette Dechamps

«Les ballons étaient des...capotes gonflées»

 

«Je devais avoir 13 ans et et j’habitais rue Saint-Gilles. Je me souviens très bien de cette euphorie collective. Tout le monde voulait embrasser ces soldats, nos héros. Nous les gosses, on grimpait sur les chars pour avoir du chocolat, des chewing-gum... Mais ils distribuaient aussi des ballons qui, on l’apprendra plus tard, étaient en fait des capotes bien gonflées (rires).

Emile Brochard

«Neuf mois plus tard, deux petites têtes pas blondes sont nées»

«J’avais 13 ans et j’habitais à Horion-Hozémont. Quand les Américains sont arrivés, toutes les femmes du village ont cuit des frites. Mais au moment de passer )à tabble, ils ont dû partir de suite pour attaquer le terril du corbeau. Après, ils sont revenus et sont restés plus longtemps. Je me souviens aussi que, neuf mois plus tard, sont nées deux petites têtes (pas blondes) chez deux soeurs du village. On a tous été très étonnés mais les deux fillettes se sont très bien intégrées.»

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