Photos des voleurs sur Facebook ?

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les commerçants sont pour !

Le SNI vient encore d’être interpellé par plusieurs indépendants et ce n’est pas une première. Certes depuis un peu plus d’un an, les commerçants peuvent publier les images de vidéosurveillance sur leurs écrans placés dans leur commerce.

Pour le SNI, cette législation ne va pas assez loin. « Ainsi, il est en effet interdit de partager les images de faits criminels sur les médias sociaux. Il en va de même pour l’affichage sur la porte de son magasin », nous dit-on au SNI. « Pourtant, selon une enquête que nous avons réalisée, 18 % des commerçants partageaient déjà les images de faits criminels qui s’étaient produits dans leur établissement, sur Facebook, YouTube et autres médias sociaux. Bien souvent par exaspération. 88 % des commerçants ne comprenaient pas pourquoi ils ne pouvaient pas partager les images de certains faits criminels sur leurs médias sociaux », nous dit la présidente Christine Mattheeuws.

Le SNI plaide donc pour que les commerçants puissent diffuser en ligne des images de certains faits criminels et que le partage soit possible sous certaines conditions. Ainsi, les images de certains faits criminels tels que des vols à l’étalage, cambriolages et destructions pourraient être rendues publiques sur les médias sociaux, à 4 conditions. À savoir : les images doivent être nettes ; personne d’autre ne peut être visible sur les images ; la victime ne peut pas connaître personnellement le « coupable » et enfin une plainte doit être absolument déposée à la police.

Christine Mattheeuws conclut : « La sécurité est l’affaire de tous. Nous devons protéger les citoyens mais aussi les commerçants de la criminalité. Si nous pouvions augmenter le nombre de plaintes, ce serait une bonne chose pour mieux lutter contre ce phénomène. » Enfin, selon le SNI, les vols à l’étalage coûtent 1,5 à 2 pourcent du chiffre d’affaires des commerçants. La valeur du butin, par vol, s’élève à environ 40 euros.

Avec des balises

Le ministre MR des Indépendants et des PME, Denis Ducarme connaît les revendications du SNI et dit « ne pas fermer la porte » : « Je suis ouvert sur un débat plus approfondi », nous dit-il, « Mais il est primordial de poser des balises, d’encadrer. On sait que les réseaux sociaux permettent parfois le meilleur mais aussi le pire. Alors pour moi, il ne peut rien se faire, se décider sans concertation avec les départements de la justice et de l’Intérieur car aucun dérapage ne sera acceptable ». Denis Ducarme dit évidemment comprendre les commerçants victimes de vols. Raison pour laquelle il redit ne pas fermer la porte mais précise que s’il se soucie du problème, le gouvernement est actuellement en affaires courantes.

Les voleurs paieront leurs victimes!

 

Le ministre s’est inspiré d’un dispositif néerlandais. Pour assurer une réaction immédiate vis-à-vis des voleurs « à la tire », un dispositif inédit a vu le jour au Pays-Bas : les voleurs pris sur le fait doivent indemniser immédiatement le commerçant d’une somme de 181 euros sans même que le déplacement de la police ne soit nécessaire. Ce procédé permet en outre d’indemniser le commerçant pour le temps perdu à gérer la situation délictueuse ainsi que d’alléger la charge de travail de la police et des parquets.

Le ministre Ducarme souhaitait mettre en place un dispositif similaire dans notre pays. Et on avance bien !

180 euros

Les fédérations d’indépendants et de la grande distribution (UCM, UNIZO, SNI, COMEOS) ont été associées à ce projet mené en collaboration avec les cabinets des ministres de la Justice et de l’Intérieur. Buts : assurer une réaction immédiate vis-à-vis des voleurs à l’étalage ; indemniser le commerçant pour le temps/argent perdus à gérer la situation délictueuse ; lutter contre le sentiment d’impunité.

Concrètement, il est prévu que les commerçants qui appliquent le dispositif proposé par leur fédération professionnelle placent un autocollant informant leurs clients qu’en cas de vol, il leur serait proposé de payer immédiatement une somme forfaitaire (environ 180 euros) pour les indemniser du préjudice. Le Parquet conserve cependant la possibilité de poursuivre le voleur. Une ASBL se chargerait d’assurer la récupération du montant auprès du voleur afin de décharger le commerçant des lourdeurs administratives générées par celle-ci.

Avec le passage du gouvernement en affaires courantes, il n’était juridiquement plus possible de faire aboutir ce projet d’amende-transaction. Sa concrétisation reviendra donc au prochain gouvernement fédéral. Très vite, espère Denis Ducarme.

PAR M.SP.

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