Elle raconte son braquage à la station Q8 de Nandrin

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La jeune femme de 20 ans, Chloé Gérard travaillait en soirée le lundi 26 août à la station-service Q8 de Nandrin, sur la route du Condroz. La journée se terminait plutôt bien pour la Hutoise et sa collègue.

« Nous étions en train de fumer une cigarette dehors, quelques minutes avant la fermeture lorsque 3 hommes, cagoulés et armés sont arrivés vers nous », nous explique-t-elle. Très vite, les trois auteurs ont réclamé l’argent. « Ils nous ont demandé de rentrer à l’intérieur, de ne pas bouger et de leur obéir. Au début, je n’ai pas compris qu’il s’agissait d’un braquage, je n’avais pas vu leurs armes. Je pensais que c’était une blague. Cela ne m’était jamais arrivé auparavant », poursuit Chloé Gérard.

Au fur et à mesure des minutes, le stress et l’adrénaline montent pour Chloé. « Je commençais à trembler quand j’ai compris de quoi il s’agissait. J’essayais de rester calme car je n’avais pas envie que l’on me fasse du mal. Donc nous nous sommes laissées faire avec ma collègue. Ils nous ont dit que si on obéissait, ils ne nous feraient pas de mal. Ils ont ensuite demandé que l’on ouvre le coffre où se trouve l’argent », ajoute la jeune femme. En quelques minutes, les malfrats ont emporté le butin. « Ils sont restés environ 4 minutes, cela a été très vite. Ils sont partis avec des fonds de caisse, 990 euros et 2 fardes de cigarettes. Heureusement, personne n’a finalement été blessé. Nous avons téléphoné à la police du Condroz et elle a pris notre déposition. Je suis ensuite rentrée chez moi, mais j’ai dormi seulement deux heures tellement je repensais à l’agression », poursuit Chloé Gérard, visiblement encore traumatisée par ce qu’elle a vécu.

« La gérante a rappelé le lendemain à 7 heures »

Ce mauvais épisode, Chloé n’est pas prête de l’oublier. « Lorsque le braquage a été terminé, j’ai tenté de contacter la gérante. Elle n’a jamais répondu, son téléphone était coupé. C’est seulement le lendemain vers 7 heures qu’elle a renvoyé un message en demandant que je l’appelle par rapport au braquage. J’ai été très déçue par cette attitude. Je m’attendais à du soutien de la part de ma supérieure. Je n’en ai pas eu. J’estime qu’une gérante doit aider son personnel dans une telle situation », affirme Chloé Gérard.

Mais l’histoire ne s’arrête là car quelques jours plus tard, Chloé décidé de démissionner car elle regrette le manque de soutien de la part du personnel. « Je n’ai jamais eu aucun problème avec la gérante auparavant. Je travaille dans la station depuis plus de 2 ans. Je m’y plaisais bien. J’y étais d’abord comme étudiante puis ensuite comme intérimaire. L’ambiance était bonne », continue la jeune femme qui a désormais retrouvé un nouveau boulot.

Au lendemain de l’agression, Chloé a posté un message sur Facebook où elle relate l’agression qu’elle a vécue. « Je voulais sensibiliser mes collègues de près de ou de loin. J’expliquais dans ce message ce qu’il m’était arrivé ; en indiquant qu’il serait utile d’utiliser les moyens de sécurité. Dès que la gérante l’a vu, elle m’a directement demandé de supprimer le message, que c’était une grave erreur de publier cela.Je voulais juste faire une bonne action », se désole Chloé. Contacté par nos soins, la gérante de la station-essence n’a fait d’autres commentaires que, « je ne tiens pas à m’exprimer ».

«On lui a dit qu’elle était fautive»

 

Suite au braquage, la maman de Chloé, Pascale Gérard est également interpellée du manque de soutien et de réactivité le jour même de l’agression. « Notre fille a dû nous appeler en France pour que l’on prévienne la co-gérante du braquage. Ce n’est pas normal. Chloé ne pouvait joindre personne. Elle n’a que 20 ans. Elle est encore jeune pour vivre ce genre de situation », explique Pascale Gérard.

Cette dernière est également révoltée par les menaces proférées à l’encontre de sa fille. « Elle a reçu une lettre d’avertissement en expliquant qu’elle était responsable du braquage car elle ne devait pas sortir fumer et que les assurances ne prendraient rien en charge. Que c’était de sa faute. L’entreprise a essayé de minimiser le braquage, comme si il ne s’était rien passé. Il n’y a pas eu de respect », regrette la maman.

 

 

 

 

Par Amélie Dubois 

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Commentaires

  • Bravo à toi Chloé d'avoir répondu aux questions, mais je pense que tu avais plus besoin de réconfort que de lecteurs...

  • Courage Chloé... On a dû se rencontrer car je suis client et je peut dire que vous faites toutes et tous de l'excellent travail. ..
    Cependant... Au vu de ce qui se passe tout les jours... Est il raisonnable pour une jeune fille de 20 ans de travailler dans une station service à minuit...

  • Courage à toi. Personnel très sympathique. Dommage cette fin brutale.

  • Pour revenir à la réflexion « Cependant... Au vu de ce qui se passe tous les jours... est-il raisonnable pour une jeune fille de 20 ans de travailler dans une station-service à minuit... » 20, 30, 40 ans, le problème n’est pas l’âge de l’employé mais la plage horaire d’ouverture du shop. De plus, il y a lieu de s’inquiéter quant à la protection physique et la sécurité du personnel.

    Donc, il faudrait plutôt se poser la question « est-il raisonnable d’ouvrir le shop jusque minuit ? À quel niveau se justifie pareille nécessité ? 22h n’est-il pas suffisant ? » Surtout quand on sait que la direction du shop réfléchit à une nouvelle plage horaire d’ouverture 24h/24. Pour qui ? Pour quoi ?

    Actuellement, ce shop est le seul dans toute la zone du Condroz qui ouvre ses portes jusque minuit. Ce dernier n’est pas situé en bordure d’autoroute mais bien dans un village à caractère rural. L’ouverture prolongée du shop à pareille heure tardive a malheureusement démontré les risques de tentation de braquage. À Nandrin, l’ouverture d’un shop, quel qu’en soit le profil ou sa situation, ne trouve aucune raison de rester ouvert après 22h.

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