Tous les enfants (et leurs parents) sont-ils égaux face à l’accueil extrascolaire ?

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Accueil extrascolaire: de 114 à 488€ par mois

L’accueil extrascolaire, aussi appelé Accueil Temps Libre (ATL), concerne le temps avant et après l’école (mais pas le temps de midi), le mercredi après-midi, voire le week-end et les congés scolaires (les centres de vacances). S’il n’est, bien sûr, pas rendu obligatoire pour tous les enfants, il se trouve défini officiellement dans un décret de 2003 et doit permettre à chaque enfant, quel que soit le statut social de ses parents, d’avoir accès à des services d’accueil de qualité.

Lutte contre la pauvreté

Un accueil qui se veut un vecteur de cohésion sociale, un levier réel pour lutter contre la pauvreté et pour une plus grande égalité des chances dès le plus jeune âge.

C’est là que l’Ufapec grimace. « Une étude menée dans plusieurs villes du Hainaut (La Louvière, Péruwelz, Thuin) montre que les opportunités d’accès à ces services sont très variables d’un endroit à l’autre », précise Bernard Hubien, le secrétaire général de l’association. « Sans parler du coût à charge des parents. »

Cela peut varier de 2,50 à 8,50 € par jour. Dans les communes étudiées, et en comptant deux enfants participant à toutes les activités, on arrivait à 114 € par mois à Thuin ou La Louvière, mais à 488 € à Péruwelz. Interpellant. « Toutes les familles ne peuvent se permettre d’accéder à cet accueil pour des questions financières », déplore Michaël Lontie, secrétaire général adjoint de l’Ufapec.

Confirmation de ce qu’affirmait, en février, un rapport de l’Observatoire de l’Enfance, de la Jeunesse et de l’Aide à la Jeunesse. Il faisait état de 234 communes inscrites dans le dispositif ATL. 146 avaient répondu à des enquêtes et une commune sur cinq (21 %) estimait que le coût de l’accueil extrascolaire était (plutôt) un obstacle à la participation des enfants. « Cette difficulté touche surtout les familles monoparentales ou nombreuses, incluant des familles recomposées. La plupart des communes soulignent des efforts en matière de réductione des coûts liées à ces contextes familiaux spécifiques, mais certaines déplorent que des tarifs « dégressifs » ne soient pas appliqués dans tous les lieux d’accueil. »

Des difficultés pointées surtout dans le Hainaut (16 communes sur 41 qui avaient répondu) et à Bruxelles (8 communes sur 12). »

L’étude de l’Ufapec montre que l’offre d’accueil extrascolaire est la moins étoffée dans les zones socio-économiques les moins favorisées. Elle pose donc des questions sur la répartition géographique d’une offre de qualité, mais aussi sur une information aux parents qui n’est pas toujours explicite ou l’encadrement du temps de midi (échappant toujours à cet accueil extrascolaire) qui n’est pas à la hauteur des besoins.

DIDIER SWYSEN

«Les besoins des enfants ignorés»

Les enfants qui souffrent de troubles d’apprentissage (dyslexie, dysorthographie…) voient parfois leurs besoins spécifiques ignorés dans certaines écoles et cela agace l’Ufapec. « Certaines écoles secondaires estiment être en droit d’interdire à des enfants de venir avec leur ordinateur en classe, alors qu’ils ont utilisé celui-ci en primaire », s’indigne M. Hubien. « Pourtant, un décret de décembre 2017 les y oblige. Ce droit aux aménagements serait-il ignoré ? »

Le secrétaire général évoque alors le cas d’Alice qui est dyslexique, dysorthographique, dysgraphique et présente un trouble de l’attention. Elle a été suivie et s’est mise à utiliser un ordinateur en classe, d’abord pour la lecture vocale en 4e primaire et ensuite pour l’écriture, en 5e. « En 6e, elle avait l’ordinateur pour tous les cours sauf pour les maths », reprend M. Hubien. « Elle a passé son CEB en version électronique et elle a obtenu une moyenne de plus de 70 %. Mais en 1re secondaire, sa confiance a été rapidement ébranlée : le corps enseignant a décidé unilatéralement qu’elle ne pourrait utiliser son ordinateur que pour trois cours, comme si ses troubles disparaissaient pour les autres. Et seule une des trois enseignantes concernées a été proactive, les autres éprouvant visiblement des difficultés avec l’informatique. Résultat : Alice a perdu toute confiance en elle, n’a plus osé utiliser son ordinateur et est tombée malade à répétition. Ses parents et le médecin ont redouté une phobie scolaire. Après cette année de cauchemar, ils l’ont changée d’école. » Entre autres revendications, l’Ufapec demande que le droit aux aménagements soit contrôlé et que la commission prévue dans le décret de 2017 soit enfin installée. « Elle doit statuer sur les recours des parents. Quand on en parle, on nous répond qu’il n’y a pas de plainte. Mais les parents ne savent pas comment procéder. Il ne se passe pas une semaine sans qu’un parent se plaigne chez nous… »

D.SW.

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