Alors que le nombre de tués a baissé sur les routes et dans les carrefours ces dix dernières années, il a augmenté dans les ronds-points

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Ronds-points : 21 accidents par semaine

Entre 2009 et 2018, le nombre d’accidents corporels a diminué de 19 % de manière générale. Le recul est de 21 % sur les routes, de 17 % dans les carrefours et de 7 % dans les ronds-points ! L’année dernière, il y a eu 1.088 sinistres corporels dans un giratoire, soit près de 21 par semaine

La tendance est similaire pour les blessés. La baisse n’est que de 10 % dans les ronds-points, contre 21 % ailleurs. Pis, l’Institut Vias observe une hausse de 40 % en dix ans du nombre de tués dans les giratoires alors que le nombre total de décès a diminué de 37 % dans le même temps. « En 2018, la part des tués dans les ronds-points était de 2,3 % par rapport à l’ensemble, contre 1 % en 2009 », note Benoît Godart de Vias.

Aujourd’hui, il y a davantage de ronds-points qu’hier. « Effectivement, et certains ont d’ailleurs remplacé des carrefours dangereux. Mais cela n’est pas la seule explication. Les accidents résultant d’une perte de contrôle du véhicule sont trois fois plus fréquents dans les ronds-points (28 %) que dans les autres types de carrefours », pointe le spécialiste de la sécurité routière. Des usagers essaient de freiner le moins possible en dehors des heures de pointe et parfois de les franchir quasiment en ligne droite si l’infrastructure le permet.

Autre élément interpellant, 30,6 % des victimes sont des cyclistes, alors que leur implication dans tous les types d’accidents n’est que de 20,8 %. À l’inverse, les personnes à bord d’une voiture ne représentent que 40,1 % des victimes dans les ronds-points (50,1 % dans l’ensemble des accidents). En clair, ce type d’infrastructure est nettement plus dangereux pour les adeptes du vélo.

« Et puis, il y a une mauvaise connaissance des règles de circulation », complète Benoît Godart. Une enquête de Vias a montré que 13 % des conducteurs ne savaient pas qu’en roulant sur la bande intérieure d’un rond-point il faut céder la priorité à ceux qui circulent sur la bande extérieure en le quittant. Les Wallons sont les moins au courant (15 %).

Une amende de 116 euros

« Un conducteur qui coupe tout pour sortir alors qu’il est sur la bande la plus à gauche commet une infraction du 2e degré, soit une amende de 116 euros », rappelle notre interlocuteur. Les infrastructures s’adaptent pour empêcher ce genre de comportement incivique. Des séparateurs sont installés entre les deux bandes d’un même rond-point pour éviter de se rabattre trop vite. Par ailleurs, 21 % des conducteurs ignorent qu’il faut céder le passage aux piétons en sortant du giratoire. « Cette méconnaissance des règles de priorité nuit clairement à la sécurité routière », estime le porte-parole de Vias.

Dernier conseil. Et là il ne s’agit pas du code de la route : Il faut éviter de trop coller dans un rond-point car certains conducteurs sortent au dernier moment car ils suivent leur GPS qui peut avoir un temps de retard.

YANNICK HALLET

Source 

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