L ’épuisement moral et physique ne touche pas que les travailleurs.

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Les étudiants ont le nez dans leurs syllabus. Depuis ce lundi ou d’ici quelques jours, ils repasseront certains de leurs examens. Travaux de groupe, dossiers, questionnaires à choix multiples, oraux, mémoires, rapports de stage… La tâche n’est pas simple et bon nombre d’entre eux sont soumis à un stress important. Ils donneront un maximum pour réussir, au risque d’être totalement épuisés, aussi bien physiquement que mentalement. Des examens et une fatigue extrême qui peuvent petit à petit conduire à un burn-out.

« Depuis une vingtaine d’années, les termes burn-out et épuisement professionnel sont bien connus. Plusieurs milieux de travail font de la prévention auprès de leurs employés et employées », détaille l’Université de Laval, pionnière dans le domaine. « L’étudiant ou l’étudiante n’est pas à l’abri de l’épuisement, qui n’est pourtant pas aussi facilement reconnu ni traité. Parce que jeune et généralement en forme, on assume qu’un étudiant ou une étudiante doit exceller et est capable de le faire à un niveau élevé et soutenu. On croit d’emblée que sa situation universitaire est plus facile que celle d’un travailleur ou d’une travailleuse parce qu’elle comporte moins de responsabilités personnelles et professionnelles. Cependant, même si leurs priorités sont différentes, leurs préoccupations n’en sont pas moins importantes. Tout étudiant et toute étudiante a des obligations scolaires, financières et sociales auxquelles il ou elle doit faire face ».

La prestigieuse revue « European Psychiatry » a publié le rapport de chercheurs qui ont analysé 24 études parues entre 2010 et 2017 sur le burn-out. On y apprend que, sur les 17.431 étudiants en médecine interrogés dans le monde, 8.060 ont souffert d’épuisement professionnel. Soit 44,2 % ! Un taux élevé qui, selon les scientifiques, peut être aisément transposé à tous les autres types d’études.

Des profils à risque

« Pour obtenir ces statistiques, ils se sont basés sur trois symptômes : la fatigue extrême liée au stress, une dépersonnalisation avec une attitude négative générale et une faible estime de soi/sensation de ne pas être légitime. Si encore peu d’études de ce genre le confirment, le burn-out étudiant semble augmenter année après année. La rentrée et les examens sont particulièrement propices au développement d’un burn-out. Durant toute la scolarité et encore plus durant ces périodes, le jeune fait face à des milliers d’interrogations sur : ses études, ses capacités à y arriver, le sens qu’il veut donner à sa vie, la peur de décevoir son entourage… », nous confie Élodie, une psychologue. « Certains profils sont plus à risque que d’autres. C’est par exemple le cas des étudiants perfectionnistes qui vont prendre en charge l’entièreté des travaux d’équipe par manque de confiance envers les autres. Les symptômes du burn-out étudiant étant assez similaires à ceux du burn-out professionnel, le traitement est identique. La seule manière de sortir le jeune de son mal-être est de l’emmener voir un médecin, d’être à son écoute et, tous ensemble, d’essayer de comprendre les raisons de cet épuisement ».

Les scientifiques à l’origine de l’étude mondiale rappellent que « le développement de détresse aussi précoce peut affecter la santé mentale » de nos students sur le long terme. Il est donc indispensable pour eux « d’améliorer la prévention et d’arrêter de stigmatiser le burn-out ».

ALISON VERLAET

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