Les petites fermes de nos villages ont parfois bien du mal à faire face aux grosses exploitations industrielles

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Deux frères à Sprimont: HEC, médecine et… jeunes agriculteurs

C’est dans une petite rue de campagne, sur les hauteurs de Sprimont, que se situe la ferme Bawepuce.

Étendue sur une cinquantaine d’hectares, l’exploitation familiale s’occupe de vaches laitières et viandeuses. Amaury et Lionel Masson, deux frères, y ont passé toute leur enfance.

Aujourd’hui, ils ont respectivement 25 et 23 ans et sont tous les deux à l’université.

Le plus âgé termine cette année son cursus à HEC, quant au plus jeune, il poursuit des études de médecine.

Des parcours bien éloignés de celui de « futur fermier » et pourtant… les deux frères ne comptent pas abandonner leurs racines.

Ensemble, ils ont décidé de donner un nouveau souffle à la ferme de leur papa, Jean-Pierre Masson.

« Pour l’instant, on commercialise dans les grandes surfaces.

Mais ce qu’on veut faire, c’est des paniers de produits de chez nous et les vendre en circuit-court », expliquent-ils. Le circuit-court mais pas seulement puisque le binôme lance également deux autres projets. « On veut redonner confiance aux gens en la bonne nourriture en proposant des produits de qualité », assure Lionel.

À échelle humaine

Les produits de la ferme familiale vont donc être proposés à la vente sous forme de paniers, à venir chercher sur place.

« Les gens viennent chercher les colis, ils peuvent parler avec nous, voir comment c’est produit ou faire un tour de l’exploitation. L’échange humain, c’est très important et on diminue les intermédiaires », commente Amaury.

Mais les deux frères ne se limitent pas à changer le mode de vente des produits.

Ils souhaitent également diversifier l’offre de la ferme. Pour cela, ils ont lancé – avec l’aide du VentureLab où ils sont incubés – une récolte de fonds afin de financer deux projets.

Un grand verger

Le premier consiste en l’achat de 60 nouveaux arbres fruitiers, principalement des pommiers. « On fait déjà du jus de pomme à partir de nos vieux pommiers. L’année dernière, on a presque récolté 800kg de pommes mais ça part vite », précise Lionel. Et Amaury d’enchaîner : « On veut revenir vers plus de goût en plantant des variétés anciennes.

Ce qui fait un bon jus, c’est le mélange des variétés ».

En 2017, les frères ont déjà planté 15 pommiers dans un pré, et en ont ajouté 20 au printemps dernier. Dans un futur proche, une petite centaine d’arbres fruitiers arborera l’exploitation. »

S’il n’y a plus aucun pesticide à la ferme depuis quatre ans, la viande de l’actuel troupeau de Blanc-Bleu-Belge ne possède pas le label bio. Pour cause : un nombre trop élevé de césariennes. Amaury et Lionel veulent, quant à eux, démarrer un troupeau de vaches de race parthenaise.

« Cela va nous permettre de nous diriger vers des produits bio’ car elles vêlent naturellement », expliquent-ils. Pour trois vaches afin de commencer le troupeau, il leur faut encore récolter 3.300 euros.

La petite famille s’est fixé jusqu’au 11 juillet pour changer le futur de la ferme.

Toutes les infos sur le cronwfunding étaient sur leur page Facebook : La ferme de Bawepuce.

Une longue liste de projets

Si les deux priorités pour le renouveau de la ferme de Bawepuce sont la création d’un nouveau troupeau et la plantation d’arbres fruitiers, les deux jeunes frères semblent avoir bien d’autres idées en réserve.

« Pour l’instant, on fait quelques tests et puis lorsqu’on maîtrisera, on pourra se lancer », explique le plus âgé, Amaury.

Lionel, qui a la main verte, exploite d’ailleurs un potager en permaculture. Quelques poules ont également fait leur arrivée à la ferme.

D’autres projets pourraient voir le jour à moyen ou long terme : la vente d’œufs frais et de légumes, des poulets en plein air et des cochons de prairie.

V.MI.

«Sauver les petits agriculteurs»

 

La ferme Bawepuce a vu le jour fin du 19e siècle, à l’initiative de la famille Masson. « On sera la cinquième génération à exploiter la ferme familiale », annoncent fièrement Amaury et Lionel.

Pourtant, ils ne l’envisagent pas - ou pas encore - comme leur activité principale. « C’est une passion, un hobby. Mais le projet est surtout en phase démarrage donc il faut voir comment il évolue ».

Pourtant, pas question pour eux d’abandonner la ferme de papa.

« En France, un agriculteur se suicide tous les deux jours.

Et ce à cause de l’endettement pour pouvoir s’étendre et rester concurrentiel. Nous on veut sortir de ce système et s’orienter vers le circuit-court, la rusticité, la qualité et le contact.

V.MI.

 

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