L’agriculture digitale, on s’y met ?

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Publié peu avant la 85e édition de la Foire de Libramont, le dernier baromètre de maturité numérique de Digital Wallonia soulignait à quel point les acteurs wallons ont du mal à mener le virage numérique. « Le monde digital est souvent méconnu. En plus, il est extrêmement vaste et on peut facilement s’y perdre », analyse Xavier Bastin, Directeur du Microsoft Innovation Center. Il était sur la Foire pour le Digital Boostcamp Agriculture, un coaching pour agriculteurs.

Désormais à sa deuxième édition, le Digital Boostcamp offre 14 sessions (payantes) pour aider les agriculteurs à démêler, dans la masse d’innovations existantes, celles qui peuvent leur correspondre. Et les encourager à franchir le pas. « Beaucoup ont peur de se lancer, notamment à cause des coûts », explique Xavier Bastin. « Nous leur montrons qu’il existe toute une série d’outils gratuits qui peuvent les aider à construire la relation avec le client, qui veut de plus en plus d’être renseigné sur ce qu’il consomme ».

La cartographie a la cote

Au-delà de cette formation, l’innovation technologique prend des formes différentes au sein de la Foire.

La cartographie notamment a certainement la cote parmi les chercheurs et les start-up présentes. C’est le cas pour ReGIS, une application cofondée par Guillaume Janssens et Olivier Lagae. Elle permet aux agriculteurs de réunir sur une seule carte les données concernant leur terrain et ce, gratuitement ou pour un forfait de 30 euros par mois.

Belcam (Belgian Collaborative Agriculture Monitoring), une plateforme indépendante, collaborative et évolutive, se consacre également à la cartographie. Elle est développée par l’UCLouvain et le Centre wallon de Recherches agronomiques avec d’autres partenaires. L’application, lancée à la Foire, est le fruit de 4 ans de travail scientifique. 90 agriculteurs y ont collaboré. Elle permet, grâce aux satellites, de suivre l’évolution des parcelles de terrain et d’en tirer une série d’informations.

Les agriculteurs enthousiastes

Contrairement au préjugé qui veut que les agriculteurs soient « déconnectés », l’initiative ne reçoit que des échos positifs au sein de la Foire, comme l’explique Pierre Defourny, professeur à l’UCLouvain et membre de l’Earth and Life Institute.

De satellites et de cartes, il en est aussi question pour SpaceBel, une société wallonne de systèmes spatiaux qui souhaite attirer les communes wallonnes à investir dans le système d’observation et d’analyse des territoires.

Un potager autonome

Parmi les initiatives présentes sur le site, le public présent n’a pas non plus pu rater le potager wallon développé par les étudiants de 2e bachelier en électromécanique de l’Hena LLux pour AgroNova. Le prototype, conçu par une vingtaine d’étudiants, constitue le premier exemple de potager bio entièrement autonome. « En termes de rentabilité, il peut encore gagner en efficacité, ce qui est normal pour un prototype. Mais c’est un beau résultat », se réjouit Aurélien Scailteur, le coordinateur du Bachelier.

Comme ces projets, d’autres permettent d’allier technologie et agriculture. Et, à écouter l’enthousiasme des acteurs présents et les échos positifs des agriculteurs, le virage numérique est peut-être plus proche que prévu.

Par  LAVINIA ROTILI

Pilotez votre ferme

Parmi les projets repérés figurent ceux d’exposants belges, mais aussi français.

« Piloter Sa Ferme », par exemple est une application « d’aide à la décision », comme la définit l’un de ses cofondateurs, Sylvain Jessionesse.

Application payante

L’appli, payante, est un manager virtuel qui aide et guide l’agriculteur dans ses choix selon ses objectifs. Elle est l’un des exemples de la direction vers laquelle s’orientent les nouvelles technologies en matière d’agriculture connectée.

Lancée en 2015, elle compte 1.000 usagers en France.

Pour l’entreprise, la Belgique est le premier marché étranger.

L.R.

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