La propriété du 18e siècle, est proposée à 525.000 euros

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L’annonce de la vente de la maison appartenant à Raymonde Lamy, veuve de Freddy Terwagne, dans la rue Gaston Grégoire, a surpris beaucoup de monde à Amay. La doyenne de l’entité, décédée le 2 mai dernier à l’âge de 100 ans, tenait énormément à sa maison canoniale (relative aux chanoines, des dignitaires ecclésiastiques NDRL) et craignait qu’après sa mort, le bâtiment soit dénaturé par le nouvel acheteur. Elle avait trouvé l’apaisement lorsqu’un ami antiquaire s’était porté acquéreur et lui avait laissé la jouissance du bien jusqu’à sa mort. Un projet culturel avait été évoqué.

 

 

À présent, la propriété du 18e siècle est en vente pour la somme de 525.000 euros, via l’agence immobilière Allen Keapler. « J’ai acheté cette maison pour faire plaisir à Madame Lamy, qui était une amie intime de ma mère, j’ai toujours adoré cette bâtisse qui constitue un joyau à Amay. Mais cinq ans plus tard, je mène un autre projet de restauration important et la maison canoniale nécessitant d’importants travaux, je n’ai pas les moyens de financer ces deux chantiers de front », explique l’actuel propriétaire. Il affirme toutefois veiller à l’avenir du site: « Je ne vendrai pas à n’importe qui, car l’immeuble doit être respecté. L’idéal serait un collectionneur ou un amateur d’art... Mais la maison étant classée, cela devrait déjà la protéger. »

 

 

 

 

Il est vrai que la bâtisse, située à deux pas de la Collégiale, possède plus que du cachet : extérieurement, elle mérite déjà le coup d’œil mais, à l’intérieur, son aménagement est remarquable. Au-delà de l’espace de vie de 475 m², elle possède un majestueux escalier, des boiseries, des portes, des cheminées, des volets, des moulures, des peintures d’époque. En réalité, l’intérieur a peu évolué depuis le 18e siècle. Même le mobilier en est le témoin. La demeure possède 6 chambres, deux salles de bain, une véranda et cinq caves. Mais attention, les importants travaux de rénovation s’annoncent très coûteux.

 

 

 

 

Javaux: «Plus tôt, on aurait pu être intéressé par un achat»

Comme beaucoup d’autres, Jean-Michel Javaux a appris la mise en vente de l’ancienne maison canoniale sur internet. Bien que la valeur patrimoniale du bien soit sans conteste, la commune d’Amay ne souhaite pas se porter acquéreuse. « Si la vente s’était produite plus tôt, avant la Maison Hanoul où nous avons installé la Maison du tourisme, on aurait pu être intéressé. La commune est limitée en capacité d’emprunt et il ne faut pas oublier le budget aménagement intérieur et rénovation. Nous n’avons donc pas de projet mais resterons attentifs au devenir de la bâtisse. »

Le Roi Baudouin a salué sa dépouille

 

Freddy Terwagne.
Freddy Terwagne. - S.DT

Cette maison possède une fameuse histoire.

Sur les fondations de la bâtisse actuelle, avait été construite une habitation de chanoine (Godefroid Emont), avec un clos et un jardin, au milieu du... 15e siècle. La maison telle qu’on la connaît aujourd’hui date du 18e siècle. Le chanoine Ferdinand Gossuart va bâtir la première partie de la maison (l’aile sud) dans le premier tiers du 18e siècle. Son neveu, Godefroid Gossuart, va lui succéder mais son goût du luxe va lui être fatal: il meurt désargenté, ayant dépensé plus que ses moyens, notamment investis dans la maison canoniale. C’est à lui qu’on doit la rehausse du corps de bâtiment en 1740, la construction de l’aile nord et l’imposant portail qui porte d’ailleurs son blason (deux G entrelacés).

A sa mort, deux chanoines (Berryer et Lempereur) vont y vivre avant la fin de l’Ancien Régime.

En 1826, le site est acheté par la famille de Walcker. En 1880, la propriété passe aux mains du docteur Benjamin Wibin Senior qui la lègue à son fils (au même nom) qui y meurt en 1939. C’est à cette période que les parties essentielles de la maison sont classées par la commission des sites et monuments. La fille cadette du docteur Benjamin Wibin Junior occupe la propriété avec son mari André François (dont le père était bourgmestre d’Amay, Auguste François) jusqu’au décès accidentel d’Agnès. André François reste avec ses enfants jusqu’à sa mort en 1965.

Le bureau de Robert Collignon

Ses enfants revendent alors la maison à Raymonde Lamy, la seconde épouse de Freddy Terwagne. Raymonde Lamy, passionnée de belles choses, était antiquaire à Liège, Freddy Terwagne a quant à lui été avocat, député, bourgmestre d’Amay et ministre socialiste des Relations communautaires sous les gouvernements Eyskens-Merlot (1968-1969) puis Eyskens-Cools (1969-1971). Régionaliste, il a été l’un des artisans de la révision constitutionnelle belge de 1970, au cours de laquelle les Régions, dont la Région wallonne, sont inscrites dans la Constitution. A la mort prématurée de l’homme d’Etat à l’âge de 45 ans, la Roi Baudouin est venu saluer la dépouille de l’homme d’Etat dans sa maison amaytoise.

« André Cools a certainement eu des réunions avec Freddy Terwagne dans sa demeure à Amay. Robert Collignon, ancien bourgmestre d’Amay, y avait même son bureau d’avocat, tout un temps », complète Jean-Louis Matagne, conservateur du musée communal et passionné de patrimoine et d’histoire locale. Ce dernier espère lui aussi que la demeure canoniale sera respectée par le nouveau propriétaire.

Par A.G.

Source et photos clic ici 

 

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