Racontez-nous! Avez-vous vécu la Libération de Liège en 1944?

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Parce que la prochaine fois qu’on s’en souviendra, ce sera pour le Centenaire en 2044. Et qu’il n’y aura sans doute plus de témoins vivants. La Meuse voudrait recueillir le témoignage des Liégeois âgés d’au moins 80 ans qui se souviennent de ces trois journées exceptionnelles.

Si vous l’avez vécue, si vous avez des souvenirs de l’arrivée des Américains dans l’arrondissement de Liège, prenez contact avec nous (voir ci-dessous).

Deux colonnes blindées

D’après les informations du professeur d’histoire de l’ULiège, Francis Balace, après s’être emparés de Namur, les blindés du VIIème corps d’armée américain ont remonté la Meuse vers Liège.

« Ils se sont ensuite séparés en deux groupes à Huy, explique-t-il. Une colonne est partie sur la rive gauche vers la Hesbaye et l’autre a poursuivi sa route vers Liège via la rive droite. »

On signale les premiers combats sporadiques dès le 4 septembre à Fraiture, à la sucrerie d’Alleur et autour de Bierset. Et ils se termineront le 9 septembre à 4h30, lorsque les 540 derniers Allemands, barricadés dans le fort de la Chartreuse, se rendront.

Les 6 et 7 septembre

Entre les deux, une série de faits dramatiques. « À l’aube du 6, le refuge de l’Armée secrète à Forêt-Trooz est liquidé par les Allemands : 46 résistants seront abattus. 23 autres exécutions sommaires auront lieu au pont-barrage de l’Île Monsin. »

Autre combat épique : celui du terril du Corbeau à Grâce-Hollogne où une batterie allemande était en activité au sommet : les combats durèrent toute la nuit.

Énorme drame aussi au carrefour de Fontainebleau l’après-midi du 7 : « les Allemands ont lancé un camion blindé bourré d’explosifs pour freiner les chars américains qui venaient de la rue Sainte-Marguerite, reprend le professeur. De nombreux Liégeois faisaient la file devant une boulangerie. » L’explosion est terrible : elle pulvérise huit maisons et cause la mort de 87 personnes.

Dans le même temps, les Allemands font sauter les passerelles provisoires sur la Meuse et évacuent la rive gauche par le pont de Wandre, non sans avoir incendié juste avant l’hôtel des Téléphones, rue de l’Université.

« Ils avaient essayé de faire de même à la gare des Guillemins, mais elle était déjà défendue en secret par des résistants. »

De même, des résistants et des anciens gendarmes avaient repris le Palais provincial, qui était le siège de la Kommandantur et l’ex-bourgmestre Maurice Bologne (PS) reprend du service à la Violette.

Les 8 et 9 septembre

La journée du 8, la colonne américaine qui avait contourné Seraing, arrive par la rive droite et écrase les derniers îlots de résistance : un bunker sur la Place d’Italie, rue Grétry, rue du Parc… « Tandis que les résistants nettoient Outremeuse et Bressoux. »

 

Les combats se terminent le 9 à 4h30 par la prise du fort de la Chartreuse. « Et c’est à ce moment qu’un commissaire de Seraing appelle Liège en disant qu’on les avait oubliés, rigole Francis Balace. En effet, les Américains n’avaient pas voulu passer dans les corons du bas de Seraing qui auraient pu cacher des snipers. Et ils étaient arrivés à Liège par la route du Condroz. »

Une fois les Allemands chassés, ce sont des scènes d’euphorie qui se succèdent. Les Liégeois sont tous dans la rue pour accueillir leurs libérateurs, les enfants montent sur les chars, les jeunes filles embrassent les GI’s.

Ces derniers distribuent baisers, chocolat, chewing-gum et cigarettes avec le sourire. D’après les témoignages de l’époque, ce fut la plus grande joie jamais vécue.

Si vous y étiez, racontez-nous aussi.

Par LUC GOCHEL

Écrivez ou téléphonez-nous vos souvenirs dès aujourd’hui

Si vous avez au moins 85 ans, que vous étiez présent dans l’arrondissement de Liège et que vous vous rappelez de ces trois journées extraordinaires des 6, 7 et 8 septembre 1944, racontez-nous vos souvenirs.

Vous pouvez les écrire en les envoyant à l’adresse postale : Journal La Meuse, boulevard de la Sauvenière, 38 à 4000 Liège avec la mention « Libération de Liège »

Vous pouvez aussi nous les envoyer par mail à l’adresse : luc.gochel@sudpresse.be

Ou bien, uniquement pour tous ceux qui éprouveraient des difficultés à écrire, en téléphonant au 04/220.08.70 dès ce mercredi, de 10 à 18 heures. Ainsi que les jeudi 11, vendredi 12 et samedi 13 juillet prochain aux mêmes heures.

Campement et défilé dans les rues de Liège

 

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L’affiche. - S.P.

Pour animer ce fameux week-end des 6, 7 et 8 septembre, l’asbl Drop Zone a décidé d’organiser un rassemblement de passionnés de la Seconde Guerre mondiale à Liège.

« Ils viendront de partout en Belgique, et même de Hollande, explique Renaud Labarbe, le président. On va pouvoir ainsi reconstituer un campement militaire dans le parc d’Avroy, avec tout le matériel de l’époque. Il y aura une quinzaine de tentes, un mini-hôpital de campagne, la présentation d’armes démilitarisées et des produits de la vie courante amenés par les soldats américains. »

Mais ce n’est pas tout ! Beaucoup amèneront également leurs véhicules d’époque, des jeeps surtout. Et un défilé sera organisé le samedi après-midi au départ de l’arsenal de Rocourt jusque dans les rues du centre-ville. « Il y aura même un char de la Défense mais avec des chenilles en caoutchouc pour ne pas abîmer les rues », reprend Renaud Labarbe.

Les festivités commenceront dès le vendredi 6 au soir car c’est dans l’après-midi que le camp sera monté dans le parc d’Avroy. Il sera accessible encore durant tout le week-end. « Nos membres dormiront en effet sur place dans les tentes. Et la journée, ils donneront toutes les explications voulues au public. »

Notez cette date dans vos agendas pour être présent à Liège ce week-end de septembre.

Par L.G.

source et photos clic ici 

 

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