Moins d’un établissement Horeca mobile sur deux réussit le contrôle de l’Afsca

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Pas top, les contrôles des food trucks & co !

Une moyenne nationale de 45 % d’établissements horeca mobiles conformes, cela pose question. Il y a les bons élèves, en Brabant wallon, par exemple, où le taux de conformité atteint 73,8 %... Et les plus mauvais : 31,3 % en Hainaut, 36,5 % à Bruxelles, 38,5 % dans le Luxembourg, 40,7 % à Liège et 50 % à Namur. En Flandre, ça oscille entre 38,5 % (Brabant flamand) et 52,8 % (Anvers).

Les food trucks seraient-ils un nid à mauvaises surprises ? « Si ces statistiques reprennent les résultats pour l’infrastructure, l’installation et l’hygiène, la structure des bases de données de l’Afsca ne permet pas d’isoler les contrôles sur les food trucks », explique le ministre des Indépendants, Denis Ducarme (MR) qui fournit ces chiffres.

On l’a dit, une dégradation assez prononcée des résultats s’est marquée entre 2017 et 2018. « Elle s’explique surtout par l’augmentation de la pondération pour les questions liées aux infos aux consommateurs sur les allergènes », reprend le ministre. « Une exigence accrue en matière de respect de la législation. Il est important que lors du contrôle, il puisse être démontré que les infos requises sont disponibles et peuvent être communiquées. »

M. Ducarme le reconnaît : des efforts supplémentaires doivent encore être fournis par les opérateurs, « aussi pour ce qui touche à l’hygiène en général et à l’infrastructure ». Les enquêtes de l’Afsca ciblent les principales infractions graves constatées lors des inspections. Pour la période 2015-2018, voilà ce que cela donne :

Info insuffisante sur les allergènes aux clients : 29,9 % de cas non conformes (info orale). La Wallonie et Bruxelles font mieux, sauf les établissements en province de Namur (40 %).

Absence d’un dispositif pour se laver les mains, alimenté en eau courante avec du savon liquide : 19,1 % de cas non conformes (de 36 % dans les établissements mobiles luxembourgeois à 48,5 % en Brabant wallon).

Non-respect de la chaîne du froid (surgelés compris) : 15,6 % de cas non conformes en moyenne ; de 6,63 % de cas en Brabant wallon à 29,42 % à Bruxelles (c’est pire en Flandre).

Manque d’hygiène personnelle et de vêtements adéquats et propres : 13,4 % de cas non conformes ; de 17,3 % de cas à Bruxelles à 28,8 % en Hainaut (ici, c’est mieux en Flandre).

Décongélation dans des conditions inappropriées : 6,9 % de cas non conformes en moyenne ; de 3,7 % à Namur et en Brabant wallon à 9,6 % en province de Luxembourg.

Propreté insuffisante des surfaces en contact avec les denrées : 6 % de cas non conformes ; de 2,3 % à Liège à 10,6 % en Hainaut. 5,6 % à Bruxelles

Présence de denrées avariées ou dont la date de consommation est dépassée : les enquêteurs ont découvert ça dans 1,6 % des cas (1,6 % en Brabant wallon, 2 % en Hainaut, 2,2 % à Liège, 2,4 % à Bruxelles et à Namur, 3,6 % dans le Luxembourg).

«L’Afsca est un allié, pas un ennemi!» 

« L’Afsca est un allié, pas un ennemi ! » Fabrice Willot est le président de la Belgian Food Truck Association. Il connaît ces statistiques et il ne les conteste pas, même s’il regrette que l’Afsca ne soit pas capable de faire la distinction entre les food trucks, les camions ambulants ou même les stands présents sur des marchés de Noël. « Il y a des gens qui font cela deux ou trois fois par an, sur un marché de Noël par exemple. Je ne les critique pas, mais je dis qu’ils sont parfois mal informés (…) Je me souviens d’une étude américaine qui faisait ce genre de distinction et qui arrivait à la conclusion qu’au plus la cuisine est petite, au plus elle est propre. C’est logique : nous ne pouvons rien cacher aux clients, nous sommes donc obligés de tout nettoyer tout de suite. »

M. Willot admet que tous les propriétaires de food trucks ne sont pas parfaits. Pourtant, l’association qu’il préside ne ménage pas sa peine pour les informer. « C’est vrai qu’à propos des allergènes, il y a parfois un manque d’infos ; les propriétaires de food trucks ne savent pas toujours quoi indiquer », reprend-il. « Si vous engagez un stagiaire, il ne sait pas toujours donner l’information immédiatement, alors que c’est ce que demande la loi. »

La Belgian Food Truck Association rappelle régulièrement les règles à ses affiliés et les informe sur les nouvelles règles. « Nous imposons à nos membres de suivre la formation HACCP de l’Afsca (hygiène et autocontrôle). Il n’y a pas d’accès à la profession, c’est vrai, mais nous avons développé une sorte de passeport pour nos affiliés : nous leur demandons la preuve qu’ils possèdent les certificats requis : conformité gaz, contrôle électrique, tout ce qui est en lien avec les denrées alimentaires, la preuve des assurances, celle de la formation HACCP. S’ils ne peuvent produire ces preuves, ils n’ont plus accès à notre portail qui comporte 7.000 appels d’offres. Croyez-moi, c’est important quand on travaille dans notre secteur ! »

L’association a aussi mis sur pied une Food Truck Academy : « On y donne toutes les infos possibles et imaginables à ceux qui tentent l’aventure. C’est une formation utile, mais elle est assez onéreuse (225 €), il n’y en a donc que cinq ou six par an », conclut M. Willot.

PAR D.SW.

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