Attention de plus en plus de permis à usage limité

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Ce centre d’examen détermine si un automobiliste amoindri peut garder son permis

« Nous recevons des cas de plus en plus lourds au Cara »

En Wallonie, 666 conducteurs ont l’interdiction formelle de boire la moindre goutte d’alcool. C’est inscrit sur leur permis. Et il ne s’agit pas seulement de personnes ayant eu un problème avec la boisson

« L’idée est de trouver un bon équilibre entre le besoin de mobilité de la personne et les nécessités de la sécurité routière », résume Benoît Godart, porte-parole de l’Institut Vias.

En Wallonie, 414 conducteurs ne peuvent circuler au volant de leur voiture que dans un rayon de quelques kilomètres autour de leur domicile.

Ils sont 65 dans le même cas à Bruxelles, selon les chiffres établis par le SPF Mobilité. Cette restriction est indiquée explicitement sur leur permis de conduire qu’il soit papier ou au format d’une carte bancaire.

La décision a été prise après une visite au Cara, un centre qui dépend de l’Institut Vias et qui évalue les aptitudes à la conduite d’une personne dont les capacités sont diminuées par une maladie ou une pathologie. « L’ampleur du rayon peut varier selon le lieu d’habitation de la personne. Elle sera plus importante si on habite dans un lieu reculé à la campagne plutôt qu’en périphérie d’une ville.

L’objectif est de pouvoir se rendre en voiture au magasin le plus proche ou chez le médecin », précise Mark Tant, directeur du Cara. Les conducteurs dans ce cas de figure souffrent en général de problèmes de vue, voire d’attention.

Les déficiences visuelles sont la principale cause des permis de conduire adapté ou à usage restreint. Toujours selon les statistiques du SPF Mobilité 6.679 automobilistes wallons ne peuvent pas prendre le volant sans avoir chaussé leurs lunettes et 318 sans avoir mis leurs lentilles tandis que 6.067 avaient les choix entre l’un ou l’autre de ces dispositifs correctifs.

Ainsi la diplopie – le fait de percevoir deux images simultanées d’un objet unique – nécessite des verres équipés de prismes, ce qui est incompatible avec des lentilles. Toutes ces personnes ne sont forcément passées par le Cara.

« L’ophtalmologue peut aussi estimer que son patient doit faire adapter son permis à cause de sa mauvaise vue. Pour d’autres pathologies, la décision peut venir du médecin de famille », indique Mark Tant.

Pour ce qui est de l’interdiction de boire de l’alcool, un juge peut mandater un médecin pour analyser une telle solution. « Mais il n’y a pas que cette circonstance. Une personne qui prend des médicaments, par exemple dans le cadre d’un traitement psychiatrique, peut aussi ne plus être autorisée à boire de l’alcool, pour éviter les interactions », note le spécialiste du Cara.

Les personnes qui éprouvent des problèmes avec leurs membres inférieurs, voire supérieurs, peuvent se voir signifier l’obligation d’avoir une boîte de vitesses automatique plutôt que manuelle.

Cette alternative est aussi recommandée pour les conducteurs qui éprouvent des problèmes d’attention. Ils peuvent mieux se concentrer sur la circulation s’ils ne doivent plus embrayer ou débrayer.

En parallèle de l’automatique, il existe des dispositifs adaptés de contrôle de la transmission. Mais ils ne concernent que quelques conducteurs.

De même, le fait de ne pas pouvoir rouler avec une remorque, de ne pas dépasser telle vitesse ou ne pas pouvoir transporter un passager sont des dispositions qui existent sur le plan légal, mais sont très peu employées.

« Nous ne préconisons pas d’obliger quelqu’un à rouler à 50 sur des routes où la vitesse est limitée à 90 km/h. C’est dangereux sur le plan de la sécurité routière.

Par contre, nous pouvons estimer qu’une personne ne peut plus monter sur l’autoroute car cela demande trop de vigilance », explique Mark Tant.

ON PEUT COMBINER

Il n’est pas rare que l’une ou l’autre adaptation soit combinée avec une restriction, comme le fait de devoir porter des lunettes et ne pouvoir circuler qu’à la lumière du jour.

« Avec le vieillissement de la population, nous avons de plus en plus de personnes qui passent par le Cara, avec des maladies ou des pathologies de plus en plus lourdes. Résultat, le taux d’adaptation ou de restriction a augmenté par rapport à l’ensemble des examens », conclut Benoît Godart, de l’Institut Vias. -

Et si je ne respecte pas la restriction ? Une solide amende à la clé, voire la prison

« Le fait de ne pas respecter la restriction ou l’adaptation stipulée sur le permis a des conséquences en cas de contrôle routier. C’est comme si on roulait sans permis », prévient Benoît Godart de l’Institut Vias.

L’amende oscille entre 1.600 et 16.000 euros, avec une possible peine de prison. Dans ces conditions, on pourrait être tenté de ne pas suivre la consigne de son ophtalmo de faire adapter son permis.

Et là, on s’expose à de sérieux ennuis en cas d’accident.

Si la justice a des doutes sur vos facultés visuelles, elle peut mandater un expert pour vous examiner et ensuite vous demander des comptes. L’assureur peut aussi se retourner contre vous après avoir indemnisé les victimes. - Y.H

Par YANNICK HALLET

 

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Commentaires

  • Excellent article pour éviter des gens d avoir des accidents

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