Le pistolet radar arrive bientôt

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Lidar, NK7, radar tronçon, radar-poubelle,… La gamme des radars ne cesse de s’étendre. On parle à présent d’un nouveau venu : le pistolet radar, comme en France. Il n’attend plus que son homologation pour débarquer dans les commissariats. La zone de police Boraine l’attend de pied ferme, celle du Tournaisis s’y intéresse très fort...
« L’appareil est déjà budgété, on n’attend plus que son homologation pour en prendre possession », se réjouit Bertrand Caroy, le responsable du service circulation à la zone de police Boraine. « Ce sera vraiment un super outil qui nous permettra de réagir très vite à tout excès de vitesse signalé dans un quartier ou sur une route en travaux. Nous aurons notre radar-pistolet en permanence sur l’une de nos motos. À terme, les 14 policiers du service circulation seront formés pour l’utiliser. »

La « bête » tant attendue est un Trucam II. L’importateur belge Sirien confirme. « Nous attendons le feu vert des trois Régions et du Fédéral, mais le processus d’homologation est complexe », explique Michel Niezen, patron de Sirien. « Mais tout suit son cours et nous sommes optimistes. » Prudent, M. Niezen n’avance néanmoins pas de date pour le feu vert final, mais une autre source évoque (au conditionnel) le mois de septembre 2019.

« En permanence avec nous »
Mais quel est l’intérêt de ce nouveau radar. « Il est indispensable et essentiel », plaide l’inspecteur Caroy. « Il permettra de réagir de manière très rapide aux plaintes des riverains ou à tout excès de vitesse qui nous serait signalé. Par exemple, sur une portion en travaux où les automobilistes continueraient à rouler vite. Notre équipe de motards sera alertée par notre dispatching, on se rendra directement sur place et on activera notre pistolet radar. Les riverains constateront qu’il y a une réponse immédiate. »

Et le contrevenant le sentira passer aussi vite puisque l’amende sera immédiate. Le Trucam II, très maniable et sans fil, peut imprimer directement le p.-v. qui sort du pistolet et qu’on peut mettre sous le nez du contrevenant. Ou alors, il peut envoyer, avec la 4G, l’image sur la tablette d’un second policier, posté un peu plus loin et qui interceptera le véhicule. Face à cette preuve, le « Fangio » n’aura plus qu’à payer son erreur. L’équipe d’interception disposera d’un terminal Bancontact.

La police du Tournaisis s’y intéresse aussi très fort. « Nous aimerions l’acquérir pour 2020 », nous confie Pol-Olivier Delannois (PS), bourgmestre et président de la zone. « Il pourrait être d’une très grande utilité sur les routes qui relient la France et la commune de Brunehaut. Les automobilistes ont pour méchante habitude d’appuyer sur le champignon une fois en Belgique et inversement. Ce pistolet radar pourrait donc être très utile sur les petites routes secondaires. » On parle de 3.000 véhicules entrant de France sur Brunehaut chaque jour !

Avec ce radar pistolet laser, la police verbalisera plus vite que son ombre.

 

FRANÇOISE DE HALLEUX (ET M. R.)

La zone de police Boraine comprend les communes de Boussu, de Colfontaine, de Frameries, de Quaregnon et de Saint-Ghislain. La zone de police du Tournaisis comprend les communes d'Antoing, de Brunehaut, de Rumes et de Tournai.

Le radar-poubelle aussi fait des émules

L’autre radar qui a la cote en ce moment, c’est le radar-poubelle. Il s’agit en fait d’une option proposée par le fournisseur Securoad. Lorsque vous achetez le fameux NK7 (un radar digitalisé très performant qui mesure les excès de vitesse dans les deux sens), vous pouvez l’utiliser dans une voiture banalisée, sur un trépied ou… dans une poubelle.

Les zones de police Meuse-Hesbaye (Amay, Wanze et environs) et de Comines-Warneton l’utilisent déjà depuis quelques mois. Celle de Mons a reçu l’appareil il y a deux semaines et celle de Namur annonce sa première sortie pour le début de l’été tandis que la zone de police Boraine va la recevoir « d’un jour à l’autre ».

Cacher un radar dans une poubelle, n’est-ce pas le piège suprême pour l’automobiliste ? Tous répondent par la négative et assurent ne pas vouloir faire du chiffre avec ce type de radar.

« Je ne supporte d’ailleurs pas que l’on parle de radar-poubelle ! », s’exclame le commissaire-divisionnaire Sébastien Dauchy, chef de zone sur Comines-Warneton. « Ce radar est utilisé selon trois critères : le préventif (le radar préventif permet de dire où et quand ça roule vite) ; les accidents (quels sont les endroits où il y a le plus d’accidents) et les plaintes des riverains. Le but n’est pas de faire entrer de l’argent mais de faire diminuer les accidents. Nous ne piégeons pas les automobilistes. Dans 95 % des cas, nous annonçons d’ailleurs la date de sortie de notre radar. Et je peux vous dire aussi que si notre radar préventif (sur remorque) sort tous les jours, notre radar répressif, en configuration bac noir en plastique ou dans une voiture, ne sort que deux fois par mois. Pourquoi avoir choisi aussi l’option du bac noir ? Parce que notre voiture banalisée commence à être connue et puis aussi pour nous permettre d’être plus anonymes quelques minutes et de sanctionner. Cet appareil nous permet donc d’objectiver les plaintes des riverains et de sanctionner car sanctionner fait réfléchir… Pas longtemps. Mais voilà. Et je tiens à préciser que nous n’avons pas augmenté le nombre de contrôles depuis l’arrivée de notre nouveau radar. On tourne toujours autour de 1.100 à 1.200 véhicules verbalisés par an.

Il « flashe » plus que le Lidar
 

En province de Liège, la zone de police Meuse-Hesbaye (Amay, Verlaine, Wanze…) l’utilise depuis 6 mois. « Le taux de résultats positifs est de 3,18 %, quasi autant que le radar placé dans l’auto (3,20 %), mais un taux supérieur à celui du Lidar (1,5 %) et des radars fixes (moins de 1 %) », déclare Jean-Pierre Doneux, chef de zone. « Nous sommes très contents de l’outil, on l’utilise de plus de plus. Le mois passé, il est sorti trois fois. À Longpré et dans le « S » de Yernawe. Le but n’est pas de faire du chiffre mais d’objectiver les plaintes de riverains et de faire baisser le nombre d’accidents sur les routes les plus dangereuses ».

F. DE H. ET Y.H.

 
Même là où il y a des sacs-poubelles!

Jean-Yves Schul : « Des formations existent depuis des années en zone Gaume ». - Q.D.
Pas facile de repérer ces radars-poubelles. De loin, ils se confondent parfaitement avec les poubelles noires à puce que les riverains sortent chaque semaine sur le trottoir.

Amusant toutefois, certaines des zones de police qui utilisent cette option comprennent des communes qui sont toujours au… bon vieux sac-poubelle. Pour le « camouflage », c’est raté !

C’est le cas par exemple à Comines Warneton. Le chef de zone n’y voit aucun souci. « Les particuliers n’utilisent pas la poubelle conteneur mais bien les entreprises et certains indépendants », explique Sébastien Dauchy.

À Namur aussi, on a acheté le NK7 avec la fameuse option poubelle, alors que la ville est toujours au sac. Le bourgmestre Maxime Prévot (cdH) avait flashé sur un radar-poubelle… orange lors de la présentation par l’importateur, mais c’est finalement un modèle gris qui a été choisi. Plus discret.

En Gaume, la police doit bien connaître ses communes avant de sortir son radar-poubelle. « Virton, par exemple, n’a pas de poubelles à puce tandis qu’elles sont en vigueur à Rouvroy », nous dit le commissaire divisionnaire Jean-Yves Schul, chef de zone.

Mais, au fait, le policier préposé au radar-poubelle, va-t-il choisir le jour du ramassage pour la sortir ou, au contraire, va-t-il éviter ce jour de ramassage de peur que les éboueurs ne l’emportent ?

Jour de ramassage
Aucune zone ne répondra clairement à cette question. Toutes nous diront que, de toute manière, le dispositif reste en permanence sous la surveillance d’un policier, posté à quelques mètres. Un message adressé aussi aux candidats vandales.

F. DE H.

 

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