Bug à l'état civil Impossible de naître ou de mourir en Belgique

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Depuis le 1er avril, il n’est quasiment plus possible de naître, de mourir ou de se marier en Belgique. Du moins administrativement. En cause, l’entrée en service de la Banque de données des Actes de l’État Civil (BAEC), un outil informatique reprenant tous les actes d’état civil du pays, qui connaît quelques soucis au démarrage. Ce qui n’est pas sans causer de sérieux problèmes dans les services des administrations communales…

« Tout a changé le 1er avril », raconte Sabine Roberty, l’échevine en charge de l’état civil à Seraing. « Jusque-là, on conservait tous les actes d’état civil dans les registres d’actes, une grande bibliothèque en version papier. Ça a toujours été comme ça, depuis la nuit des temps. Mais avec la BAEC, on n’écrit plus rien sur papier, on doit encoder. » Et ça ne fonctionne pas…

Résultat : les retards s’accumulent, tout comme la grogne des citoyens, qui rejaillit inévitablement sur les employés communaux.

« À Seraing, on en est à dix jours de retard, à coup de 60 actes par jour en moyenne », poursuit Mme Roberty. Or, on ne sait rien faire, le personnel se sent démuni, d’autant que les citoyens remettent ses compétences en cause, alors qu’il n’y peut rien… »

Simple problème administratif ? Loin de là. L’impossibilité d’encoder tous ces actes peut en effet avoir de sérieuses répercussions sur le quotidien des personnes concernées. « À Seraing, on enregistre en moyenne 1.400 naissances par an. Depuis dix jours, on a seulement réussi à en faire naître quelques-uns. Aujourd’hui, je suis contente, j’ai réussi à en signer un. Par contre, cette semaine, j’ai neuf mariages et je ne suis pas du tout certaine de pouvoir les signer. »

Les problèmes qui peuvent se poser sont légion. Peut-on organiser les funérailles de quelqu’un qui, administrativement, n’est pas « encore » décédé ? Une mutuelle va-t-elle prendre en charge les soins d’un nouveau-né souffrant qui n’est pas « encore » né ?

« À la base, ce système est magnifique », conclut Sabine Roberty, « parce que les actes d’état civil seront disponibles beaucoup plus facilement. Mais à condition qu’il fonctionne. Le problème, c’est qu’on nous l’a imposé alors que personne n’était prêt. »

Du côté du SPF Intérieur, on reconnaît quelques problèmes, mais « les communes ont toujours l’opportunité d’encoder les actes sur papier quand il y a un problème avec la version digitale. »

GEOFFREY WOLFF

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