Maria est la seule centenaire de la commune de Nandrin

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Un moment émouvant qu’elle a partagé avec sa famille, et en particulier sa petite-fille, Laurence (40). Malheureusement, Maria est atteinte de surdité depuis l’âge de deux mois. Elle a tout de même prononcé quelques mots lors d’un bref discours : « Je suis heureuse d’être ici avec tout le monde mais je ne pensais pas vivre aussi vieille ». 

En temps normal, Maria communique avec les gestes et l’écriture. C’est donc sa petite-fille qui nous parle en son nom aujourd’hui : « Elle a la chance d’avoir toujours été en bonne santé. Elle aime sortir et s’amuser. C’est peut-être ça le secret de sa longévité ».

Quand sa grand-mère atteint l’âge de 90 ans, Laurence doit prendre la douloureuse décision de la placer dans un home : « C’était un choix difficile car je sais qu’elle aurait aimé rester chez elle toute sa vie », explique Laurence, la voix tremblante. Elle raconte « J’ai perdu mon papa, son fils unique, en 2000 et ma maman il y a cinq ans. J’étais très proche de mes grands-parents donc je me suis beaucoup reposée sur eux quand ça n’allait pas. Ma grand-mère est la personne la plus chère à mon cœur et quand mon grand-père est décédé, elle a pris une place encore plus importante dans ma vie parce que je m’occupais tout le temps d’elle ». 

Laurence décrit sa grand-mère comme une femme forte et têtue : « Quand elle a quelque chose en tête, ça ne sert à rien d’essayer de la faire changer d’avis. Elle a son caractère. Mais en même temps, elle a une joie de vivre exceptionnelle ». Même si elle ne s’exprime pas bien, le visage de Maria en dit long. Les joues rougies, elle semble intimidée par toute l’attention qu’elle reçoit. Pourtant, selon les mots de sa petite-fille, elle mérite amplement cette célébration. Assises une à côté de l’autre, la mamy et la petite-fille n’ont pas besoin de s’entendre ou de se parler pour se comprendre. « A ce rythme-là, elle va vivre 100 ans de plus », sourit Laurence.

Une page de l’histoire

Entourées des autres résidents, Maria a célébré ce cap symbolique en musique et en cadeaux. La journée lui était entièrement dédiée. Le bourgmestre de Nandrin, Michel Lemmens, a d’ailleurs tenu à être là pour honorer la vie de la centenaire : « Maria est la troisième centenaire dont je fête l’anniversaire en sept ans. A chaque fois, c’est un moment spécial. On partage un moment intime et heureux de la vie de nos concitoyens. De plus, une personne centenaire a, en elle, toute une page de notre histoire collective. Quand Maria est née, par exemple, les femmes n’avaient pas le droit de vote. Il a fallu attendre une guerre de plus et quelques années avant qu’elles ne l’obtiennent ».

Le bourgmestre n’est pas arrivé les bras vides. Très émue, Maria a reçu la photo dédicacée du Roi et de la Reine. Elle a également eu un bouquet de fleurs de la part des autorités communales.

«Elle est choquée par la taille du céleri!»

Le monde a changé en 100 ans et Maria a pu témoigné de tous ces changements mieux qu’aucun historien. Née juste après la Première Guerre mondiale, Maria Vanhove a traversé la Seconde Guerre mondiale. Cependant, ce n’est pas la guerre ou les révolutions qui l’ont marquées, mais plutôt... les modes de consommation.

« Quand elle était petite, ses parents avaient un grand potager. Sa famille vivait donc essentiellement des fruits et légumes qu’elle récoltait avec ses parents. A l’époque, apparemment, les légumes étaient plus petits. Maintenant, tout est génétiquement modifié. Cela a toujours choqué ma grand-mère », rigole Laurence, sa petite-fille. « La spécialité culinaire de ma grand-mère, c’était le céleri farci. On en fait plus trop aujourd’hui parce que le céleri est beaucoup trop gros ! C’est elle qui m’a fait découvrir ce plat d’ailleurs. Comme le céleri était plus petit avant, c’était plus facile de le farcir. Quand ma grand-mère allait encore faire les courses elle-même, c’est ça qui la choquait le plus ! ».

 

PAR E.F

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