Faire classe dans les bois, c’est tout bénéfice pour les enfants !

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Dans nos écoles fondamentales, les élèves semblent avoir de plus en plus de difficultés à rester statiques. Souci : les apprentissages se font encore souvent assis sur des chaises, face au tableau. « Un enfant âgé entre 6 et 11 ans passe en moyenne six heures sans bouger sur le banc de l’école, et deux heures de plus devant les écrans, alors qu’une activité de 90 minutes est absolument nécessaire à sa bonne santé », explique l’étude de l’UFAPEC. Il n’en faut pas plus pour poser la question de l’évolution de notre enseignement.

L’idée de faire « classe dehors » s’est déjà imposée au Danemark, en Suède, en Allemagne ou en Suisse. Céline Teret, donne des chiffres dans le magazine « Symbioses » : en Suède, les écoles basées dans la nature ont émergé dans les années 80 et représentent aujourd’hui environ 15 % des classes élémentaires. Elles sont subventionnées par l’État.

Plus que des classes vertes

En Belgique, les enfants ont déjà l’occasion d’être au contact avec la nature, grâce à des initiatives ponctuelles telles les classes vertes et de dépaysement. « Les classes du dehors » qui sont des sorties journalières, voire hebdomadaires ou régulières, et qui font partie intégrante du projet de l’école, font figure d’exception. « Pour certains enseignants, cela peut paraître un peu plus dangereux que de faire classe à l’intérieur », relève l’étude de l’UFAPEC.

« Dangereux » pour le prof qui n’est pas formé à cela (ce n’est pas enregistré dans tous les programmes de formation des futurs enseignants du fondamental) et qui va devoir composer avec une certaine incertitude. « Certains enseignants craignent que cela leur prenne plus de temps de préparation, que cela demande plus d’organisation (…) Ils ont aussi peur de ne pas être à la hauteur », note l’étude. « Cela demande aux écoles de dégager du temps et de mettre à disposition suffisamment de personnes pour encadrer et accompagner les enfants. Toutes les écoles n’ont pas la chance d’avoir des enseignants motivés ou formés. »

« Dangereux » pour certains parents qui pensent qu’en faisant classe dehors, on se salit, on revient parfois avec des tiques, on apprend moins bien et on prend du retard pour ses études.

Qu’à cela ne tienne, dans son mémorandum 2019, l’UFAPEC encourage les dynamiques pédagogiques variées : « Chaque élève apprend différemment et les apprentissages peuvent être abordés de manières très différentes. Aux pédagogues de penser, d’imaginer et de proposer, à côté des méthodes « classiques », des chemins d’apprentissage renouvelés ».

Le vrai défi

À l’heure où les enjeux environnementaux sont criants, conclut-elle, certaines écoles sont à l’affût des innovations qui permettront aux élèves d’être davantage au contact de la nature et de la respecter. « Ces classes du dehors ont des répercussions positives sur la santé physique, mentale des enfants et sur leurs apprentissages (…) Qu’ils soient pratiques, concrets, ludiques et amusants, cela devrait devenir un défi de tous les instants. »

DIDIER SWYSEN

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